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Violences faites aux femmes : les étudiantes se confient

À l'heure où la parole se libère, Lara et Manon ont tenu à livrer leur point de vue sur ce sujet sensible.
Violences faites aux femmes : les étudiantes se confient
Manon Chabert

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Lara Charbonnel (24 ans) et sa copine Manon Chabert, de quatre ans sa cadette, sont toutes deux étudiantes en première année de BTS NDRC (Négociation et digitalisation de la relation client) à la business school du campus Martelet, à Villefranche.

Suite à la semaine de lutte contre les violences faites aux femmes, du 23 au 29 novembre, les deux jeunes femmes ont souhaité réagir sur ce sujet qui leur tient à cœur, de plus en plus médiatisé au fil des ans. Parce que les violences sont plus nombreuses ? Parce que les médias et les institutions communiquent davantage ? "Selon moi, cela peut-être un peu des deux", estime Manon.

Les violences que l'on vit, les violences que l'on tait

"Soyons réalistes, poursuit l'étudiante, en tant que femme, nous avons déjà toutes été victimes de violences, qu'elles soient physiques ou verbales, même si nous n'en parlons pas forcément. Cela commence par des remarques sur notre physique, notre façon de nous habiller. Puis des hommes qui nous suivent dans la rue, qui ne nous lâchent pas tant qu'ils n'ont pas notre numéro de téléphone..."

Et cela peut aller loin, beaucoup plus loin. "Il y a aussi les violences que certaines vivent au sein de leur propre famille. Et puis, il y a celles qu'on ne raconte pas. Parce qu'on a peur du regard des gens, parce qu'on s'en veut à soi-même. Alors que, dans ces histoires, ce n'est jamais la faute de la femme, quoi qu'il se passe."


"Seule dans la rue, en journée comme en soirée, en ville comme en campagne, j'ai toujours peur d'un regard, d'un sifflement, d'insultes..."

Lara, 24 ans


Réfléchir constamment à la tenue que l'on porte

Lara a déjà subi des violences à titre personnel. Aussi se révolte-t-elle de voir ce qui peut être fait à une femme, tant physiquement que moralement. "Toute personne a forcément une femme dans sa vie, que ce soit une mère, une sœur, une amie, un amour. De ce fait, je n'arrive pas à concevoir comment une violence quelconque puisse être infligée à une femme. Rappelons aussi qu'il n'y a pas que des hommes qui violentent les femmes. L'inverse arrive également."

Avant de pointer les désagréments quotidiens de son "statut" de femme. "Personnellement, j'ai un gros caractère et je n'ai pas pour habitude de me laisser faire. Pourtant, seule dans la rue, en journée comme en soirée, en ville comme en campagne, j'ai toujours peur d'un regard, d'un sifflement, d'insultes... Tous ces désagréments qui font que tu passes plus de temps à réfléchir à ta tenue - trop courte, trop moulante, trop décolletée - plutôt que de profiter de ta journée."

"Les hommes ne se rendent pas compte de ce que nous vivons"

En soirées entre amis, le sujet peut être assez sensible. Jusqu'à provoquer certains dérapages "inqualifiables" selon Manon et Lara : "On entend parfois que c'est normal vu comment la fille s'habille, ou encore qu'elle n'avait pas à se comporter comme ça. Ce genre de propos qui ne devrait même pas sortir de la bouche de quelqu'un. Quelle que soit la tenue de la personne, sa façon de marcher, de parler, cela ne devrait pas engendrer de tels comportements."

Être une femme, ce n'est pas toujours de tout repos, confessent les jeunes filles. "Pour nous, c'est un peu comme si le danger était toujours présent". Alors elles essaient de faire en sorte d'éviter les situations à risque. "Nous trouvons que c'est injuste. Les hommes n'ont pas à se poser ces questions quand ils sortent. Et le pire, c'est que nous avons vraiment le sentiment que les hommes ne se rendent pas forcément compte de ce que nous vivons, des peurs que l'on peut avoir par rapport à ça. Nous sommes censés être égaux, alors pourquoi ne pas l'être sur tous les niveaux ? Le respect de l'autre, l'acceptation des différences quelles qu'elles soient, l'humanité tout simplement !"

Lara Charbonnel (à gauche) et Manon Chabert

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