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Villefranche-sur-Saône : jugée pour avoir frappé sa fille avec un rouleau à pâtisserie

L'affaire a été jugée au tribunal judiciaire de Villefranche, vendredi 26 août. La mère, qui souhaitait punir l'adolescente, a été condamnée.
Villefranche-sur-Saône : jugée pour avoir frappé sa fille avec un rouleau à pâtisserie
©Simon Alves

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"L'infirmière scolaire qui l'a examinée dit n'avoir jamais vu de choses pareilles en 25 ans." Ces propos, ce sont celles de l'administratrice ad hoc de l'association Enfance et partage, venue parler au tribunal pour défendre les intérêts d'A.T., 16 ans, et évoquant les blessures reçues par cette dernière. Une adolescente qui, le 10 avril dernier, a subi le courroux de sa propre mère. C'est le 11 avril que la jeune fille a rencontré l'infirmière de son lycée professionnel de Villefranche en raison d'un mal de tête. Une douleur qu'elle attribue à une altercation qu'elle a eu, la veille, avec sa mère. "Elle indique qu'elle a été tapée avec un rouleau à pâtisserie", a relaté Marine Menesson-Rerolle, présidente du tribunal.

Sur le corps de l'adolescente, de nombreuses ecchymoses de couleur rouge et violet en de nombreux endroits. L'infirmière a alors prévenu la directrice qui a décidé d'emmener A.T. à l'hôpital pour l'éloigner de son foyer. Examinée par un légiste, ce dernier a fixé une incapacité totale de travail de cinq jours et constaté les blessures, dont une contusion au cuir chevelu de 8 mm de long avec une bosse, mais aussi des ecchymoses aux jambes. Les photos, brandies par la juge, ont laissé entrevoir, même de loin, des marques particulièrement prononcées.

"J'ai perdu mes moyens"

Les policiers sont venus interpeller sa mère, Madame K., avant de trouver pendant la perquisition le rouleau à pâtisserie en question, mais également un téléphone portable qui serait à l'origine de la dispute. A.T. en était en effet privée depuis plus d'un an. Elle s'en était fait prêter un, ce qui a irrité sa mère quand elle l'a découvert. Une ordonnance de placement provisoire a été prononcée le 11 avril, puis renouvelée pendant six mois par le juge des enfants qui a autorisé des visites médiatisées.

À la barre, l'accusée, qui comparaissait libre et s'est fait accompagner d'une interprète, a reconnu être "consciente" de son erreur et "regretter énormément". Selon elle, les coups sont partis parce qu'elle avait déjà averti sa fille par le passé qu'elle ne devait pas échanger avec des hommes plus vieux qu'elle sur les réseaux sociaux. Des hommes qui lui envoyaient des "photos dégueulasses" selon elle. Une pratique qu'elle aurait donc réitéré le jour des faits. "J'ai perdu mes moyens, je n'ai pas su quoi faire et je l'ai frappée", a-t-elle indiqué, ajoutant qu'elle "aime sa fille" avec laquelle elle "s'entend bien".

Prison avec sursis et obligation de soins

A.T. ne souhaitant pas s'exprimer, c'est donc Enfance et partage qui a pris la parole pour elle. "Je n'ai jamais vu moi non plus une violence telle sur une enfant, a précisé l'administratrice de l'association. Elle aime profondément sa mère et souhaite rentrer chez elle. Mais de notre point de vue, il y a besoin d'un travail important que seule la protection de l'enfance peut apporter pour que mère et fille puissent s'entendre sans violence." L'avocate de l'adolescente a elle prit la parole pour rappeler qu'A.T., d'abord encline à s'éloigner un temps de sa mère, s'était ravisée après une visite de ses tantes. "On est devenus hostiles pour elle", a-t-elle souligné. Elle a également mis en avant l'argument que si c'était le mari de Madame K. – don elle est séparée aujourd'hui – qui comparaissait, il "serait allé en prison avant". L'avocate a aussi réclamé 5 000 € au titre du préjudice moral.

La procureure, de son côté, a évoqué des "faits graves", mais n'a pas souhaité maintenir d'interdiction de contact entre la mère et la fille. "Le juge des enfants est le mieux à même d'encadrer et gérer ces relations", a avancé Mélanie Bouissou. Elle a tout de même requis dix-huit mois de prison assortis en totalité d'un sursis simple et qu'un travail soit fait avec éducateurs et psychologues pour gérer cette relation. Pour l'avocat de la défense, maître Kamel Aissaoui, il n'y a pas de maltraitance. "D'un point de vue criminologique, c'est une succession de faits violents, a-t-il plaidé. Il y a une violence volontaire qu'elle avoue. Mais La peine requise me semble démesurée. Les 5 000 € de dommages et intérêts sans référentiel." La cour a rendu son verdict : douze mois de prison avec sursis, obligation de soins avec des psychologues pour travailler sur la colère, de répondre aux convocations du juge d'application des peines et de verser 1 500 € à la victime. À l'issue du jugement, mère et fille se sont prises dans les bras, comme à leur arrivée dans la salle d'audience.

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