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Villefranche/Coronavirus : les salariés de l'IME des Grillons s'inquiètent

En ce début de semaine, ils ont dû venir sur leur lieu de travail malgré l'absence des pensionnaires.
Villefranche/Coronavirus : les salariés de l'IME des Grillons s'inquiètent
En juillet dernier, les salariés de l'IME des Grillons réclamaient déjà plus de dialogue avec la direction.

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Depuis ce mardi, 12h, de nombreux salariés se retrouvent confinés chez eux. Au chômage partiel ou en télétravail, ils doivent faire avec les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus qui chaque jour fait plus de victimes en France.

Mais à l'IME des Grillons, à Villefranche, certains salariés dénoncent une dérive inverse. "Malgré la fermeture des établissements scolaires depuis lundi, l'ARS a demandé à ce que l'IME, école spécialisée accueillant des enfants en situation de handicap, reste ouvert. Lundi, il l'était toujours malgré les nouvelles directives prises durant le week-end. Pourtant, les familles avaient, pour beaucoup et par précaution, pris leurs responsabilités." Conséquences, seulement cinq enfants étaient présents pour une vingtaine de professionnels. "Mais pas de chômage technique ni partiel concernant les travailleurs médico-sociaux..."

Une situation "subie" par les salariés

Mardi, après des nouvelles mesures de confinement, trois enfants pour dix professionnels étaient encore présents à l'IME. "Le directeur a même annoncé que les locaux de l'IME seraient fermés demain (NDLR : mercredi) aux enfants... mais pas aux professionnels. Que fait un éducateur en IME sans enfant sur place, qu'il ne pourrait faire chez lui ? A midi, nous sommes dix à manger dans la même pièce (au mépris des consignes visant à limiter les regroupements) dans l'espoir d'une meilleure gestion et d'une prise de décision cohérente avec la crise sanitaire en cours. Nous avons été informés par notre chef de service que malgré l'absence des enfants demain, nous sommes amenés à revenir sur nos lieux de travail... Comment est-ce possible ?"

Pour les salariés de l'IME, ces décisions restent incompréhensibles. "Nous subissions, salariés, une crise psychologique terrible entre nos valeurs humaines qui voudraient respecter les mesures gouvernementales et limiter les contacts et les consignes institutionnelles qui vont à l'encontre de cette préoccupation (...). Nous souhaitons que cette torture cesse et que nos directions prennent enfin leurs responsabilités et mettent en place les mesures qui s'imposent."

"Assurer une continuité de l'activité"

Pourtant, selon la direction, ces mesures sont essentielles au bon fonctionnement de l'IME et plus globalement de l'Agivr, l'association qui gère la structure. "Nos autorités de tutelle que sont l'Agence régionale de santé et le département du Rhône nous demandent de faire notre maximum pour assurer une continuité de l'activité puisqu'accueillant des personnes fragiles", explique Andrée Leprêtre, présidente de l'Agivr.

"L'association a pris très tôt les décisions qui s'imposaient au fur et à mesure des informations qui nous arrivaient. Le télétravail, quand il était possible, a été organisé et accepté pour tous les salariés. Les salariés "fragiles" qui se sont fait connaître ont été mis en arrêt de travail. L'association a informé les familles qu'elles pouvaient garder leur proche avec eux à la condition suivante : si les familles prennent leur proche, elles ne pourront pas nous le ramener avant la fin de la crise sanitaire ; à l'inverse les familles qui nous laissent leur proche que nous accueillons en internat ne pourront pas venir leur rendre visite ni les prendre chez eux un week-end."

"Nous avons constaté dès lundi que beaucoup plus de familles avait fait le choix de garder leur proche, c'est ce qui explique le peu de présence d'enfants à l'IME notamment mais également dans nos accueils de jour et à l'ESAT (...). Dès mardi, les décisions ont été prises pour assurer la continuité de l'activité avec les professionnels disponibles (...). Certains de nos établissements (plateforme, CAMSP, IME, Accueil de jour, ESAT) n'accueillent plus d'enfants ni d'adultes en situation de handicap mais nous assurons une permanence téléphonique (...)."

Des masques et du gel pour les salariés

La présidente de l'Agivr demande pour le moment aux salariés "d'assurer l'accompagnement des résidents présents dans nos structures dont certains n'ont plus de famille et d'autres sont d'une extrême fragilité, demandant une grande attention et des soins mais également de soutenir les familles qui ont leur proche à domicile pour plusieurs semaines."

Un soucis demeure néanmoins : l'approvisionnement en matériel de prévention. "Depuis lundi, nous avons des masques et des solutions hydro-alcooliques en quantités suffisantes. Demain, le défi, sera de tenir dans la durée avec des professionnels et des familles qui vont fatiguer. L'association est à leurs côtés et nous sommes en train de nous organiser pour mobiliser des familles et des bénévoles pour venir en soutien."

T.F.

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