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Villefranche : les lycéens de Louis-Armand se penchent sur le civisme

Si l'équipe encadrante du lycée Louis-Armand est à l'écoute de ses élèves à travers les outils qu'elle a déjà mis en place comme le conseil de la vie lycéenne, l'évolution des programmes à la rentrée - notamment l'introduction d'un cours de moral civique – l'a amené à vouloir les consulter.

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Les attentats terroristes qui ont frappé le territoire au début du mois ne sont pas non plus étrangers à cette réflexion. "Les événements récents ont créé une résonnance, confirme Bernard Vieilledent, proviseur de l'établissement, on a donc choisi d'instaurer un moment de réflexion pour que les élèves puissent échanger les uns avec les autres sur les questions de citoyenneté et d'éducation civique."

Mais Louis-Armand ne s'est pas lancé tête baissée dans ce débat. La formation proposée aux délégués de classe de toutes les sections du lycée le 20 janvier s'est basée sur le travail de chercheurs, statisticiens, philosophes, et fourni par le rectorat. Chaque délégué a ainsi reçu une liste d'affirmations dont les thèmes couvraient des sujets comme la laïcité, la différence culturelle, le vivre ensemble, la notion de patrie, la liberté, l'exercice du pouvoir et des droits… Autant de questions qui seront abordées par le futur enseignement moral et civique. Les élèves avaient pour mission de les classer individuellement par ordre d'importance : les affirmations essentielles, très importantes, mais aussi celles auxquelles ils n'adhèrent pas ou peu et celles qu'ils rejettent. Rassemblés par niveau (terminale, première, seconde, enseignement professionnel), ils ont ensuite discuté entre eux afin d'en ressortir une réflexion globale pour un rendu devant les autres niveaux. Un premier apprentissage du débat démocratique.

La restitution s'est déroulée dans la salle polyvalente du lycée et a réuni les 110 délégués de classe. Tous ont souligné la richesse des débats, toujours dans une ambiance de respect, pour parvenir à un consensus. Chaque niveau a désigné un rapporteur qui a pu exposer la méthode de travail, la diversité des échanges qu'ils ont eu en travail de groupe et présenté les conclusions. Si des différences apparaissent entre les différents niveaux, quasiment tous ont reconnu comme essentiels le respect de chacun dans les différences de cultures mais aussi l'importance de la politesse et du savoir-vivre dans la société. Pour les élèves de première, ce sont les bases du vivre ensemble. Les élèves de terminale ont soulevé un sujet qui a été repris tout au long de la restitution : l'esprit de compétition, qui faisait partie des affirmations proposées aux élèves. Si tous ont reconnu le caractère compétitif des études, de la société, ils ont tous rejeté l'affirmation, la jugeant néfaste à la vie sociale. "On l'apprend à l'école avec les notes, dans notre famille, dans notre expérience de la vie", rappelait une élève.

Les discussions laissaient transparaître la sensibilité des élèves face aux événements qui ont frappé la France, notamment lorsque les notions de liberté, de patrie, de cultures étaient abordées. Mais certains ont également rapporté le travail avec leur vie au lycée. "On parle de respect, expliquait Marlène, élève en bac pro métiers de la mode, mais on ne l'a pas toujours ici. Par exemple, les élèves en sections professionnelles sont souvent dénigrés par les élèves du général qui se moquent de nous, notre enseignement n'est pas mis en valeur." Une élève en terminale générale a soutenu cet avis, quand d'autres l'ont timidement débattu. Ce qui est évident, c'est que cette formation a appelé les élèves à une réflexion sur le vivre ensemble, non seulement en dehors mais aussi à l'intérieur du lycée.

Pour Clément et Logan, la matinée a permis à des élèves qui ne discutent pas forcément ensemble d'échanger sur des sujets importants, de pouvoir partager des opinions et, même si un consensus n'était pas toujours possible, de pouvoir discuter dans le respect des différences de chacun. "On parle entre nous, explique Cécile, mais on le fait entre amis, jamais comme ça, avec les autres." Pour Marlène et Caroline, il manque des moments et espaces d'échange. Tous ont admis une chose : en tant que citoyens bientôt appelés à s'exprimer dans les urnes, ils ne sont pas suffisamment informés. "On va avoir 18 ans, note Caroline, on nous apprend le fonctionnement des institutions mais pas à quoi elles servent concrètement." Après cette formation, les élèves attendent maintenant la possibilité de pouvoir travailler sur les questions de civisme avec leurs camarades. Après avoir fait le bilan de l'opération, l'administration du lycée devrait en discuter avec l'équipe éducative pour dégager des créneaux dans les classes.

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