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Villefranche : l'Agglo ne tourne plus le dos à Lyon

La communauté d'agglomération rejoindra en janvier 2016 le pôle métropolitain.

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Cette décision marque un rapprochement officiel avec Lyon. Ce pôle se présente comme un rassemblement d'intercommunalités désireuses de réfléchir ensemble à l'avenir de toute l'aire urbaine, au-delà des limites administratives de l'ex-Grand Lyon (pour plus de détails, voir encadré). Le réalisme du territoire en somme.

Il suffit d'observer l'affluence quotidienne dans les gares du Beaujolais Val de Saône et le flot incessant de véhicules aux diffuseurs d'autoroute pour apprécier les liens très étroits unissant déjà la région et la métropole lyonnaise. Certains chiffres attestent de l'accélération de l'attraction vers l'ancienne capitale des Gaules. "Près de quatre habitants sur cinq font partie de l’aire urbaine de Lyon, qui s’est largement étendue depuis les années 2000. Aujourd’hui, près de 164 000 habitants du Beaujolais, soit 78 % de la population, en font partie. L’influence de la métropole lyonnaise a gagné 61 communes depuis 1999", indique l'INSEE dans une enquête diffusée la semaine dernière concernant le Beaujolais. "De plus en plus d’actifs sortent pour travailler au sein de la métropole lyonnaise", ajoute l'organisme.

Villefranche chef de file

Entre 2006 et 2011, près de 5?000 nouveaux actifs se sont installés dans la région selon l'INSEE, alors que seulement un millier d'emplois supplémentaires ont été créés. Les mouvements domicile-travail vers Lyon continuent donc de s'accentuer. Dans les faits, le choix de l'Agglo Villefranche Beaujolais ne changera donc pas forcément grand chose. Mais sur le plan politique, cette décision signe la fin d'une époque. Longtemps entretenue par les tenants d'un Beaujolais farouchement indépendant, l'illusion ne pouvait sans doute plus durer. La décision de rejoindre le pôle métropolitain ne constitue d'ailleurs en aucun cas une surprise. Elle faisait notamment partie des propositions avancées par Bernard Perrut lors de la campagne des municipales à Villefranche début 2014. Le député-maire "Les Républicains" a souvent cité l'élargissement de l'agglomération comme un préalable au renforcement des relations avec Lyon. "Avant, nous n'étions pas assez forts pour discuter", résume-t-il souvent en une formule.

Un échiquier trop vaste pour les petites communes ?

Quelques jours après son élection à la tête de l'Agglo au printemps 2014, Daniel Faurite citait lui aussi la nécessité de travailler davantage avec la métropole lyonnaise. Preuve de la volonté du nouveau président, la décision a été prise alors même qu'elle n'a pas fait l'objet d'un réel débat au sein du conseil communautaire. Tout juste les élus de l'Agglo ont-ils eu droit il y a quelques semaines à une présentation effectuée à l'hôtel de ville de Villefranche par le maire de Vienne et président de ViennAgglo Thierry Kovacs.

Dans le sillage de Villefranche, c'est une partie non négligeable du Beaujolais qui se trouvera d'ici à quelques mois reliée plus étroitement à Lyon, de Ville-sur-Jarnioux à Saint-Georges-de-Reneins en passant par Rivolet. Parmi les vingt et une communes de l'Agglo, beaucoup n'ont pas eu l'habitude de travailler à une échelle autre que celle très locale des anciennes communautés de communes. Quelle place pourra être réservée aux maires et élus des villages et petites villes sur ce très vaste échiquier ? Toutes les communes sont-elles ravies de ce rapprochement avec la métropole lyonnaise ? Ce ne sont que quelques-unes des questions essentielles qui restent posées.

Julien Verchère

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