AccueilVILLEFRANCHEA la uneGRAND ANGLE // Villefranche-Kandi : un pont entre le Beaujolais et l'Afrique

GRAND ANGLE // Villefranche-Kandi : un pont entre le Beaujolais et l'Afrique

La capitale du Beaujolais a initié dans les années 2000 une coopération décentralisée avec cette ville du nord du Bénin.

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C'est un peu le hasard qui est à l'origine des belles relations qui unissent Villefranche à Kandi. Une ville située au nord du Bénin, petit pays d'Afrique occidentale. "Jean-Jacques Pignard, alors maire de Villefranche, a rencontré en 2002 le consul honoraire du Bénin, M. Gazagnes", raconte Claude Bonnard, actuel président de l'association Villefranche-Kandi.

"Ce dernier lui a parlé de cette ville béninoise. Le maire a proposé l'idée à son équipe qui était réticente. C'est l'adjointe Monique Andréa, ancienne élue, qui a soutenu le projet. Ainsi est née cette coopération décentralisée."

A Kandi, la coopération décentralisée avec Villefranche représente un gage de développement pour le futur

UN MAIRE... ET UN ROI

Les deux villes se mettent d'accord sur des projets à conduire sur place au Bénin, pouvant prétendre à des aides européennes. La municipalité béninoise n'a pas grand chose de commun avec Villefranche : sa surface équivaut à celle du département du Rhône.

En dehors de la ville-centre (un peu plus de 30 000 âmes), elle comprend une quarantaine de petits villages, pour une population totale de 120 000 habitants.

Le climat chaud est encore asséché par l'harmattan, vent du désert pénible à supporter même pour les autochtones. Si Kandi élit un maire, elle s'agenouille devant un roi qui n'a certes pas de pouvoir politique mais dispose d'une autorité symbolique et morale.

Kandi se compose de dizaines de petits villages, parfois très éloignés de la ville-centre


LE TRAVAIL DE TITAN D'UNE ASSOCIATION

Si la langue française permet aux ethnies de communiquer entre elles, les dialectes locaux sont très prégnants. Les relations entre France et Bénin sont toujours nourries, largement animées par une association née en 2002 elle aussi et tout simplement baptisée Villefranche-Kandi. 

En dehors du voyage biennal effectué par les membres de l'association, ces derniers organisent également de nombreuses actions, comme des collectes de fournitures scolaires, livres… Le collège de Limas s'est par exemple grandement impliqué. Les pompiers du SDMIS ont quant à eux procédé au don de véhicules vers le Bénin. L'hôpital Nord-Ouest et la ville de Villefranche font également partie des donateurs.

SCOLARISER LES FILLES

L'association Villefranche-Kandi est engagée pour la scolarisation des filles

L'association participe également au financement de la scolarisation de fillettes. Elle parraine également des collégiens et collégiennes à hauteur de 30 euros par an et par élève. "La somme est symbolique chez nous, commente Claude Bonnard, là-bas c'est énorme et prend en compte la tenue ainsi qu'une partie des fournitures scolaires." Une centaine de fillettes du primaire et une quarantaine de collégiens ont ainsi été parrainés.

"C'est une goutte d'eau, mais mieux vaut une goutte d'eau que rien."

Et cette goutte d'eau a incité un étudiant, toujours soutenu par sa marraine, à devenir professeur et à rester enseigner à Kandi ; une sorte de retour d'ascenseur pour le soutien caladois.


UN ENJEU DU QUOTIDIEN : L'ACCES A L'EAU

Les liens entre Villefranche et Kandi ont permis d'équiper des puits en pompes, notamment près de Kassakou

L'eau fait également partie des préoccupations des habitants qui doivent parfois faire plusieurs kilomètres pour en trouver. Des puits ont été forés par l'association Aquassistance. Leur équipement en pompes est projeté par la ville et le soutien de l'association Villefranche-Kandi, cette dernière ayant déjà financé par le passé la création d'un puits à proximité du collège de Kassakou.

Les autres sources de financement de l'association sont les actions menées tout au long de l'année, mais la plus importante est la quinzaine du Bénin, tous les ans en mars. L'occasion de découvrir une autre culture et, dans le même temps, de participer à cet échange riche et qui sert aux populations du jumelage.


UNE SOLIDARITE QUI CONTINUE DE S'ETENDRE 

Des liens sont également nés avec l'association Solidarité hospitalière. Elle a été créée en par Sandra Barraco et deux autre médecins, Didier Peillon et Thomas Millot en 2009. Solidarité hospitalière a entrepris de soigner la cataracte sur place. Elle en profite pour former du personnel qui sera chargé du suivi des soins et pour emporter du matériel médical.

L'opticien Olivier Janaud récupère également des lunettes qu'il adapte aux problèmes de vue des habitants de Kandi (lire son témoignage ci-dessous). Autour la ville africaine, la solidarité a dépassé au fil des années toutes les espérances. Un grand mouvement collectif qui ne demande qu'à continuer à grandir.

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