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Villefranche : "Juin 1940, combats et massacres en Lyonnais" de Julien Fargettas, présenté au Cuvier

le - - La chronique "Livres"

Villefranche : "Juin 1940, combats et massacres en Lyonnais" de Julien Fargettas, présenté au Cuvier
Laurence CHOPART - L'auteur (au centre) entouré de l'équipe du Poutan et Allain Renoux.

Dans cet ouvrage publié aux Editions du Poutan, l'auteur revient entre autres sur les combats de Chasselay, objets de ses premières recherches. Il est venu le présenter jeudi dernier dans les nouveaux locaux de l'éditeur.

Juin 1940. Le 10, sur la Somme et l'Aisne, les dernières lignes de défense française ont cédé, le gouvernement a fui Paris et, le 17, Pétain a demandé à l'armée de cesser le combat... "Les 19 et 20 juin pourtant, le 25e régiment de tirailleurs sénégalais reçoit l'ordre de "résister sans esprit de recul même débordé" pour tenter d'endiguer le déferlement des troupes allemandes sur les nationales 6 et 7, au nord de Lyon", écrit Jacques Branciard, directeur des Editions du Poutan.

80 ans plus tard, Julien Fargettas, ancien officier de l'armée de terre, spécialiste des soldats noirs auxquels il a notamment consacré sa thèse de doctorat, revient sur les combats de Chasselay.

"J'avais déjà fait un travail universitaire sur la question, il y a 25 ans lorsque j'étais étudiant. J'ai fait une thèse sur les tirailleurs sénégalais, nous a-t-il confié. J'ai saisi l'occasion du 80e anniversaire pour me remettre au travail sur le sujet, car il y avait notamment deux aspects que je n'avais pas abordés dans mon précédent travail universitaire. En effet, on sait maintenant quelle unité allemande a commis ce crime de guerre. Nous avons pu mettre la main sur les photos prises par un soldat allemand. Il a en effet photographié le massacre de 48 tirailleurs."

"DANS LES ARCHIVES DU MINISTERE DES ARMEES ON TROUVE LES CORRESPONDANCES A DESTINATION DES FAMILLES"

Le second aspect que je n'avais pas creusé à l'époque, c'est tout ce qui se passe après et notamment des liens avec les familles que ce soit avec celles de soldats africains exécutés ou de soldats français, puisqu'il y a des soldats français qui sont tués au combat ou exécutés, nous a confié Julien Fargettas. Dans les archives du Ministère des armées, on trouve toutes les correspondances à destination de ces familles, comment, elles ont été informées, comment certaines ne l'ont jamais été et toutes les difficultés qu'elles ont pu avoir à l'époque pour avoir des informations. Il y a eu beaucoup de dysfonctionnement. On trouve des documents d'archives qui remontent aux années 70 ou 80.

Pour Julien Fargettas, il était important de revenir sur ce pan de l'Histoire. "Lorsque j'avais fait mes premiers travaux, je m'étais surtout intéressé aux soldats allemands, en essayant de comprendre pourquoi ils avaient pu commettre ces crimes ; grâce à tous les dossiers que j'ai pu ouvrir, je me suis davantage intéressé aux victimes. C'était vraiment mon objectif, les faire connaître, faire savoir comment ils étaient morts, au combat ou exécutés et que leur famille puisse prendre connaissance de ce qui leur ait arrivé."

"IL S'INTERROGE SUR LES MANQUES DU LEGITIME HOMMAGE QUI DOIT ETRE RENDU A CES HOMMES"

"Avec rigueur et clarté, Julien Fargettas nous donne les éléments permettant de comprendre le pourquoi de cet engagement et de ces décennies de présence africaine en Lyonnais, souligne Jacques Branciard. Non sans émotion, il nous fait ensuite le récit des combats et des terribles massacres qui s'ensuivirent. Il s'interroge enfin sur les mémoires de cette tragédie et les manques du légitime hommage qui doit être rendu à ces hommes."

Ce livre a été réalisé avec la contribution de Baptiste Garin, "Chasselay anatomie d'un massacre",
 basée sur la découverte en 2019 de huit photographies allemandes qui documentent
chacune des étapes de ce crime de guerre.

Laurence CHOPART

Cette publication sera accompagnée d'une exposition au Cuvier de Villefranche, "Chasselay 1940 : anatomie d'un crime de guerre" organisée par l'association Des Livres et des histoires du 17 au 24 juin au Cuvier, 57 boulevard Gambetta à Villefranche. Ouverture de 10 h à 19 h.

Julien Fargettas

Docteur en histoire de l'IEP d'Aix-en-Provence, ancien officier de l'armée de Terre, Julien Fargettas est directeur de l'ONACVG (Office national des anciens combattants et victimes de guerre) pour le département de la Loire. Auteur d'un premier ouvrage couvrant la période de la Seconde Guerre mondiale, "Les Tirailleurs sénégalais- Les soldats noirs entre légende et réalité-1939-1945" (Taillandier, 2012), il a par la suite orienté ses recherches sur le temps de la décolonisation, ce qui a donné lieu à une nouvelle publication : "La fin de la "Force Noire"- Les soldats africains et la décolonisation française" (Les Indes Savantes, 2019).




Laurence CHOPART
Journaliste

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