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Villefranche : ces oiseaux qui vous gâchent la vie

En ce début de période estivale, Villefranche est très prisée par des touristes dont elle se serait bien passée.

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Les étourneaux sont en effet de retour : pour se le confirmer, il suffit de regarder trottoirs et véhicules à proximité de leurs lieux de séjour favoris en Calade : la place Roger-Rousset, la place des Arts, la place des Marais, le parking du marché et la place Joannès-Sabot. C'est d'ailleurs sur cette dernière qu'ils ont élu domicile cette année, ou dont ils ont tout au moins fait leur première escale en ville. On ne les voit jamais en journée, qu'ils préfèrent passer à la campagne pour se nourrir ; mais sitôt le soir venu, les nuées d'étourneaux sillonnent le ciel à la recherche d'un endroit où plonger tels des kamikazes, pas pour nicher ou se reproduire mais seulement pour passer la nuit, faisant de la ville un hôtel à ciel ouvert pour oiseaux migrateurs. Leur préférence : des groupes d'arbres leur offrant ombrage et sentiment de sécurité, comme les platanes, et pouvant accueillir des milliers d'individus, l'étourneau étant un oiseau grégaire (vivant en groupe). Et des platanes, Villefranche n'en manque pas. "Toutes les villes sont touchées, explique Bruno Simonnet, responsable des espaces verts, nous n'avons pas le droit de les tuer car ce ne sont pas des nuisibles, donc nous les chassons avec du bruit."
Ceux qui ont une bonne mémoire se souviennent peut-être, il y a plus de vingt ans, d'avoir vu passer dans les rues, le soir, des employés de la ville harnachés d'un magnétophone dans le dos, haut parleur en mains, diffusant des cris d'oiseau pour les effrayer. "C'était la méthode du cri du geai, poursuit Bruno Simonnet, mais elle n'était plus efficace, les étourneaux s'étaient habitués." Le geai, sentinelle de la forêt, alerte ses congénères de l'approche d'un danger. A croire que les étourneaux n'étaient pas si crédules. D'autres méthodes, parfois plus insolites, sont utilisées par certains. "Je me souviens qu'il y a quelques années Blédina avait fait appel à un fauconnier pour se débarrasser des pigeons très gênants sur son site, mais ça n'avait pas très bien marché et un faucon avait disparu."
Il y a une vingtaine d'années, la ville de Villefranche a donc penché vers la méthode dite "Gramet", qui consiste à tirer en alternance des fusées bruyantes dont le but est d'effrayer les oiseaux, les obligeant à revoir leurs plans pour la nuit et à la passer ailleurs. "Un ingénieur avait à l'époque passé une semaine avec nous pour nous former", se souvient Bruno Simonnet. Les étourneaux, dérangés dans leurs habitudes, élisent alors domicile dans d'autres arbres, parfois sur le territoire de la commune. C'est pourquoi la ville applique la méthode dans plusieurs endroits simultanément. Le 15 juillet au soir, alors qu'une équipe veille place Joannès-Sabot, deux autres équipes se trouvent place des Arts et à l'école Dumontet afin d'éviter que les oiseaux n'aient une solution de repli en Calade. "Une année, on les a chassés et ils sont allés s'installer à Jassans. Jassans les a aussi effrayés et ils sont revenus chez nous."

Des riverains pas toujours compréhensifs

Ce sont toujours les habitants qui avertissent les services municipaux du retour en ville de ces hôtes indésirables. "Cette année, ce sont les riverains de la place Sabot qui nous ont prévenus, commente Bruno Simonnet, nous avons alors averti la population pour pouvoir agir dès cette semaine." Même prévenus, les Caladois ne sont pas toujours compréhensifs. "On se fait insulter, poursuit Bruno Simonnet, parfois menacer. Il y a quelques années, un homme est descendu de son domicile et a commencé à bousculer les agents. On a prévenu le commissariat et la police nous a accompagnés sur le terrain." Et pourtant, l'action des agents municipaux est indispensable et n'est pas contestée quand il s'agit d'éviter que sa voiture, garée sur le domaine public, soit maculée de déjections acides. "Le bruit est gênant en été, explique Daniel Banck, adjoint au maire en charge de l'espace urbain, car les services interviennent très tôt le matin ou tard le soir en raison de la longueur des journées ; à d'autres périodes de l'année, notre action n'est même pas remarquée car elle a lieu plus tard le matin et plus tôt le soir, à des horaires où les habitants ne s'en aperçoivent même pas, pris dans le flot de la vie quotidienne." Car, non contents de nous polluer la vie en juillet, les étourneaux, avant de reprendre le chemin de l'Afrique où ils passent l'hiver, nous rendent une dernière visite en septembre, profitant du raisin beaujolais pour reprendre des forces, colorant leurs "petits cadeaux" lâchés du ciel d'une belle couleur pourpre. "Ce sont vraiment les étourneaux qui décident de nos interventions, admet Bruno Simonnet, c'est aussi pourquoi l'arrêté municipal nous permet d'agir jusqu'à fin novembre."

Etourneaux, corbeaux...même combat

Si Villefranche est une étape pour les étourneaux, c'est aussi le lieu de villégiature d'autres volatiles, peut-être moins sales mais largement plus bruyants : les corbeaux. Si une colonie a niché avenue de la Plage, près des établissements Plattard, et ne dérange donc que peu d'habitants, d'autres ont choisi de s'installer dans des quartiers plus fréquentés comme la rue Jean-Baptiste-Martini, la route de Riottier, la place du Promenoir ou l'avenue du Beaujolais. "La méthode est l'élagage des arbres, conclut Bruno Simonnet, en taille douce : on supprime les fourches dans les branchages, les empêchant ainsi d'installer leurs nids, que l'on peut aussi démonter. En une journée ils peuvent les refaire mais s'ils sont à nouveau démontés, ils vont s'établir ailleurs."
Si chaque action permet de gagner une bataille contre ces volatiles gênants, la guerre n'est jamais vraiment remportée, les oiseaux continuant à s'arrêter en Calade. Villefranche est décidément une ville accueillante...

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