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Vignoble : le Beaujolais attend la relève

En Beaujolais, les indicateurs de crise sont nombreux : baisse du nombre d'exploitations, plusieurs centaines de demandes via le guichet unique pour des reports d'exonérations de charges et des demandes d'aides pour les investissements, sans compter des viticulteurs bénéficiaires du RSA.

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Le nombre d'installations viticoles aidées particulièrement remarquées dans la zone des crus est peu élevé : il est passé de quinze en 2011 à onze en 2012. Ce chiffre s'inscrit dans un contexte régional agricole où l'on compte une installation pour deux départs.
A la lecture de ces données, se pose la question de la relève et les jeunes sont les premiers visés. Force est de constater que le tableau n'est pas si noir. Même s'ils ne sont pas nombreux à s'installer ou prendre la relève, la motivation est là. Une observation qui émane notamment des lycées agricoles. Les témoignages que nous avons recueillis en sont aussi la preuve. Il faut dire aussi que de nombreux paramètres peuvent être favorables aux jeunes installés : la reprise d'une exploitation gérée préalablement par les parents s'avère moins coûteuse, la diversification des productions (rouge, rosé, blanc, effervescents) peuvent être un atout. Les jeunes agriculteurs en général savent mieux répondre aux critères de "vivabilité", notamment pour leur vie de famille?: entraide, conjoint(e) travaillant à l'extérieur avec un statut de salarié. Enfin les "nouveaux installés" ont un niveau de formation qui est plus élevé*.
Pour Gilles Paris, vice-président de l’Inter Beaujolais, "les jeunes doivent prendre du plaisir dans ce qu’ils veulent faire. Je suis content que des jeunes motivés s’installent. Après il est normal que des subventions leur soient accordées dès le début mais il ne faut pas en vivre non plus. Ça ne sert à rien. Il faut avoir des exploitations qui donnent envie aux jeunes de les reprendre. Les parents ont donc aussi un rôle à jouer".
Pour François Roth, directeur de l'Union viticole du Beaujolais, la reprise des exploitations demeure, malgré tout, une préoccupation. "Il faut que le métier de vigneron retrouve son attractivité à différents niveaux, délivre-t-il. Un des objectifs du plan stratégique élaboré par l'UVB et les ODG est de retrouver un niveau de rémunération optimum, développer l'aspect commercial et d'aller vers une bonne qualité de vie : se libérer du temps pour soi."
Dans la zone des crus, la reprise familiale traditionnelle ne pose pas trop de problèmes. En beaujolais, beaujolais-villages c'est déjà plus difficile. Pour François Roth, il est primordial de restructurer le vignoble (plantations plus larges, mécanisation), développer les ventes et retravailler les contrats avec le négoce. Toutes ces actions pourraient de nouveau encourager à l'installation et la reprise d'exploitations. "C'est bien aussi que les enfants d'exploitants voient comment cela se passe dans d'autres vignobles. Ils font leur propre expérience et reviennent en Beaujolais avec des idées."

Laurence Chopart


* Selon une étude relatée par les Jeunes Agriculteurs en 2010 (30?% des jeunes agriculteurs ont un BTS, 2-3?% ont un diplôme d'ingénieur, ce chiffre a doublé en dix ans).

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