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Vie nocturne : comment lutter contre les dérives ?

Les nuisances sont régulières aux abords des établissements de nuit.

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Habitants et gérants appellent à la responsabilité des clients.

"Le dynamisme et le développement de la vie nocturne sur le territoire caladois peuvent générer des troubles (nuisances sonores diverses, comportements excessifs sur l'espace public, dégradations...) qu'il convient de réguler." C'est en ces termes que le rapport du conseil municipal du 30 mars dernier décrivait le problème.

Tapages, dégradations, violences : la vie nocturne connaît son lot de dérives sur la voie publique. Et si les établissements (bars, boîtes de nuit) sont au cœur de la problématique, ce ne sont pourtant pas eux qui sont pointés du doigt par les riverains, les plus affectés par les nuisances. Les deux parties s'entendent même sur un point : la difficulté à gérer une clientèle alcoolisée sortie de l'établissement.

Célébrations et cris auxquels s'ajoutent bagarres et dégradations : les habitants de l'immeuble faisant face à la boîte de nuit du Komplex K (rue Antoine-Arnaud) font état de nombreuses atteintes à la tranquillité publique, les week-ends particulièrement. L'un des habitants a notamment publié des vidéos sur internet montrant divers incidents survenus dans la rue entre l'immeuble et la discothèque.

Occasionnellement, les riverains de l'établissement disent retrouver une rue et un palier d'immeuble jonché de déchets ou transformé en sanitaires. Le tout après une nuit agitée, parfois pimentée par des sonneries – volontaires ou non – aux interphones.

Ainsi la gêne occasionnée par la diffusion de musique par les établissements est reléguée en second plan. De plus, ce problème peut se régler facilement par le respect des normes et la communication. C'est cette dernière solution que le gérant du bar Le Liberty's, Didier Escalier, a adoptée pour régler le dernier problème de ce genre en date, il y a sept ans. Alors qu'un des riverains se plaignait du volume de la musique de son établissement, ils ont pu se rencontrer pour évaluer ensemble le niveau sonore à ne pas dépasser.

Mais la communication est difficile lorsqu'il s'agit de raisonner des individus alcoolisés. Si les habitants se plaignent des nombreuses nuisances causées par ces personnes, les gérants d'établissements sont en première ligne face à eux. Didier Escalier décrit le cas typique de refus de vente d'alcool à une personne manifestement ivre et dont la réaction peut dégénérer, entraînant du bruit (secondaire face à la violence qui l'accompagne).

Des problèmes qu'il rencontre le matin, à la sortie des boîtes de nuit. En conséquence, il a décidé d'ouvrir son établissement plus tard dans la matinée, tout comme la boulangerie à côté, pour une fermeture à 1?h du matin.

Kevin Devesa, gérant du Comptoir Viking, dirige un établissement qui est ouvert plus tard dans la nuit (3?h du matin). Il décrit pourtant n'avoir que peu de problèmes de ce genre, grâce "à de la chance" et une porte électrique qui permet de ne pas laisser entrer des personnes qui – dès l'extérieur – paraissent en état d'ivresse manifeste.

Communication entre gérants, institutions et riverains, intervention diplomate de la police ou des vigiles sur la voie publique, projet de "charte de la vie nocturne" proposée par le conseil municipal, chacun y va de sa solution, souvent dure à mettre en place ou à l'efficacité relative. L'éducation citoyenne a elle aussi un rôle essentiel à jouer contre ce qui demeure être un problème sociétal.

Loïs Richard

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