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Vendanges : la situation encore plus difficile que prévu

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Vendanges : la situation encore plus difficile que prévu
(© Franck Chapolard)

A mesure que la fin de la récolte approche, la viticulture beaujolaise constate l'étendue des dégâts.

Si la qualité de la vendange est globalement satisfaisante, la quantité semble encore inférieure aux estimations.
C'est le constat qu'ont pu effectuer les élus qui se sont déplacés vendredi à la rencontre des vignerons dans le sud du Beaujolais. Une délégation conduite par Charles Bréchard, conseiller général du canton du Bois-d'Oingt.
A la cave de Saint-Vérand, les visages perplexes de Frédéric Bourget et Sébastien Vivier-Merle en disent longs sur les questionnements actuels d'une profession déboussolée. "La vendange n'est pas lourde et le volume inférieur à celui espéré ; même si notre secteur fait partie des moins touchés par les incidents climatiques. Conséquence, cela va augmenter les charges fixes de la cave." Sur le plan commercial, les deux responsables locaux n'imaginent pas une envolée des cours susceptible de couvrir la perte occasionnée. "Les distributeurs ont déjà fait leur prix, alors…"
La situation n'est pas sombre partout dans le vignoble. A Dareizé par exemple, Bruno Debourg n'est pas trop inquiet : "On a échappé à pas mal de calamités à l'exception du mildiou, la hausse du prix de vente escomptée devrait rattraper la perte en volume. On va faire une belle année", assure ce viticulteur exploitant 20 hectares en beaujolais, qui vend 40 % de ses vins en direct.
A Oingt, c'est l'année de tous les contrastes pour Pascal Guillard. "Dans certaines parcelles, je vais atteindre 50 hl/ha, seulement 10 hl/ha ailleurs…" Il faut dire que l'homme et son épouse exploitent 23 hectares de vignes dans onze communes différentes !
Un arrêt à la cave coopérative de Theizé, membre d'Œdoria, permet d'imaginer les conséquences de la situation actuelle. "Je suis agréablement surpris par la qualité. Par contre, niveau quantité, c'est encore pire que ce que nous pensions, le rendement en jus est catastrophique. Je ne sais même pas si nous allons atteindre les 25 hl/ha pour l'ensemble de la cave", grimace Philippe Thillardon, président d'Œdoria, évoquant une récolte globale naviguant autour de 400 000 hectolitres. Un total qui laisse même craindre un manque de beaujolais nouveau !

Julien Verchère




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