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Vendanges : 2013, un millésime décisif pour l'avenir du Beaujolais

le - - Viticulture

Vendanges : 2013, un millésime décisif pour l'avenir du Beaujolais
(D.R.)

Fin août 2012, Robert Verger tirait publiquement la sonnette d'alarme.

Le vigneron de Saint-Lager, président de CER France Rhône (Réseau associatif de conseil et d'expertise), craignait que la minuscule récolte 2012 ne fasse disparaître des centaines d'exploitations. "Nous avons écrit à cent quatre-vingt-neuf viticulteurs pour les inviter à prendre contact auprès du tribunal de commerce afin de se mettre en cessation de paiement, annonçait Robert Verger, président du CER France Rhône. Etant leur conseiller, nous étions obligés de les avertir du risque qu’ils prennent à continuer leur activité", déclarait-il à l'époque. "Etant donné la faible récolte qui s’annonce et les coûts de production, nous extrapolons, d’après leur comptabilité, que cinq cents viticulteurs pourraient se retrouver en cessation de paiement à la fin de l’année", analysait-il alors. Pas moins d'un quart de la profession en Beaujolais.
Un peu plus d'un an plus tard, Robert Verger ne regrette pas d'avoir joué les lanceurs d'alerte, même si ce scénario du pire ne s'est pas produit. "Nous avons traité une dizaine de dossiers via CER, on peut estimer qu'environ autant ne sont pas passés par nos services, estime le vigneron de Saint-Lager. Une vingtaine d'exploitations n'auraient donc pas surmonté les difficultés l'an dernier."

Un vignoble toujours fragile

Selon lui, deux phénomènes ont permis de limiter l'impact d'un volume de récolte inférieur de 40 % à la normale. "Première bonne surprise, nous nous sommes aperçus qu'il y avait beaucoup plus de surfaces de vignes assurées que ce que l'on estimait, environ 60 % du Beaujolais. Deuxième bonne nouvelle, les prix ont augmenté sensiblement sur le millésime 2012, tandis que les déstockages des 2010 et 2011 se sont effectués à des prix corrects."
Mais la situation économique du vignoble demeure fragile. Et le millésime 2013 sera celui de tous les défis pour le Beaujolais. "Il n'y a pas eu d'hécatombe, mais le vignoble n'est pas sorti conforté de 2012, au contraire. Pour 2013, on a besoin d'une récolte normale et de prix à la hauteur", souligne M. Verger, qui pointe du doigt un coût de production plus élevé que la moyenne (traitements phytosanitaires du printemps, nombreux rognages…). Si le rendement moyen devrait approcher les 45 hl/ha, certains secteurs en seront loin, à l'image de Blacé ou de La Chapelle-de-Guinchay, touchés par de violents orages. "On a gagné un an mais le vrai défi économique est devant nous", poursuit le président de CER France Rhône.

Que va faire le négoce ?

Conserver les prix de vente aux négociants, voilà la clé de l'équation dans une région où ce circuit commercial demeure essentiel, la vente directe peinant toujours à décoller. En 2012, le prix moyen de l'hectolitre de beaujolais nouveau avait par exemple bondi de 140 euros à 220 euros. Le négoce local comme bourguignon acceptera-t-il de payer aussi cher cette année, dans un contexte de pénurie moindre ? Et le mouvement à la hausse se concrétisera-t-il pour les vins de garde?? Autant d'enjeux pour ce millésime vraiment "décisif" pour l'avenir du Beaujolais. Même si le mot est un peu galvaudé dans une région presque habituée à marcher sur un fil. "La balle est dans le camp des négociants", résume Robert Verger. "Auront-ils le courage de se lancer dans des contractualisations sur du long terme avec les vignerons, sur cinq à dix ans ?", interroge-t-il.
Le contexte global incite plutôt à l'optimisme. Ainsi, la date tardive des vendanges devrait permettre d'éviter l'écroulement progressif (et habituel) des cours du beaujolais nouveau. Pour les négociants, jouer avec la montre et les nerfs des producteurs pour acheter à plus bas coût sera impossible en 2013.   
Par ailleurs, le panorama français et international permet au Beaujolais de jouer une belle carte sur le millésime 2013. Dans l'Hexagone, des régions comme la Bourgogne, le Bordelais ou encore le Val de Loire ont beaucoup souffert des aléas climatiques. La production française sera l'une des plus faibles des dix dernières. A l'échelle de la planète, l'année n'est pas non plus à la surproduction, seules l'Espagne et l'Italie annonçant des rendements importants. Alors oui, il existe des raisons d'espérer.

Julien Verchère




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