AccueilACTUALITESFaits divers / JusticeVeau dépecé à Poule-les-Écharmeaux : "Il faut des compétences en boucherie pour faire ça"

Veau dépecé à Poule-les-Écharmeaux : "Il faut des compétences en boucherie pour faire ça"

Éleveur sur le lieu-dit Le Suchet, Julien Sapin a retrouvé les restes de l'un de ses veaux à une quinzaine de kilomètres de son élevage, à Cours. Pour lui, la piste du vol ne fait aucun doute.
Julien Sapin avec l'un de ses veaux au col des Aillets, de la même race que la femelle dépecée.
©Simon Alves - Julien Sapin avec l'un de ses veaux au col des Aillets, de la même race que la femelle dépecée.

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Tout a démarré le mardi 23 août, par une publication sur la page Facebook de la Ferme du Suchet. "Urgent ! Besoin d'aide ! Une de nos bêtes a disparu !", alerte le post en question, qui lance un appel à témoin pour tenter de retrouver un veau de l'exploitation qui a disparu entre le mercredi 17 août au soir et le jeudi 18 au matin. "Vers 19 h 30, j'avais quatre veaux dans le pré et le lendemain matin, il m'en manquait un, relate Julien Sapin, l'éleveur concerné. On s'est mis à la chercher en faisant des tours de 4x4. On a essayé d'écouter voir si on entendait des meuglements mais on n'entendait rien." Le pré où les bêtes étaient laissées se situe au col des Aillets, à 800 m environ de l'exploitation.

Plutôt de nature à s'échapper, cette femelle de 4 mois aurait pu simplement se sauver. Mais au bout d'une semaine, ne trouvant toujours rien, l'inquiétude s'est faite grandissante pour l'agriculteur et sa famille qui ont lancé l'appel à témoin. C'est le lendemain, mercredi 23 août, que le veau a été retrouvé à une quinzaine de kilomètres d'ici, sur le territoire de la commune de Cours.

Ou tout du moins ce qu'il en restait. En contrebas d'un chemin dans les bois, entre les lieux-dits Grappe Loup et les Mouillés, des bûcherons ont fait la découverte de la dépouille de l'animal. Ils ont alors prévenu un agriculteur à proximité, pensant qu'il s'agissait de l'une de ses bêtes. Ce dernier a alors appelé le service d'identification dans la mesure où la médaille du veau était encore fixé à une oreille, ce qui a permis de confirmer qu'il s'agissait bien de l'animal de Julien Sapin.

La tête, une patte et la peau décomposée

Sur place, l'éleveur constate alors les dégâts. "Il ne restait plus grand-chose, témoigne-t-il. On voit une patte à peu près intacte, la tête à moitié mangée, l'oreille avec la médaille et de la peau décomposée." À la table de la cuisine de la ferme, Julien Sapin sort son téléphone pour montrer les photos des restes.

Pour l'éleveur, aucun doute, le veau a été enlevé et tué pour sa viande. Impossible que l'animal se soit échappé de lui-même pour être dévoré par un animal plus loin. Une piste éventuelle pour les gendarmes, contactés par Le Patriote vendredi 26 août. "Même s'ils franchissent les clôtures, ils ne s'éloignent jamais trop du pré. C'est impossible qu'elle ait fait cette distance", argumente-t-il. Au vu de la découpe, il en est sûr, ce ne sont pas des amateurs qui ont œuvré. "Il faut avoir des compétences de boucherie pour tuer et découper un veau de la sorte", assure l'éleveur.

Alors qu'il a déposé plainte auprès de la gendarmerie mardi 30 août et qu'une enquête de voisinage sera réalisée, Julien Sapin a ses propres hypothèses. Pour lui, l'animal a pu très bien s'échapper de lui-même en passant sous la clôture avant d'être emmené par des personnes mal intentionnées. Un phénomène qu'il observe régulièrement en période de sécheresse, les bêtes cherchant de l'herbe ailleurs. Ou ils ont réussi à l'attirer en raison de la docilité du veau. Pour le prouver, Julien Sapin invite à se rendre dans un champ où l'un des veaux n'hésite pas à venir se frotter, même à des étrangers. "Dans un Berlingo, c'est possible de le charger", juge-t-il.

Pour l'éleveur, c'est un coup dur. Cela fait un an et demi seulement qu'il a repris l'exploitation familiale, de 150 bêtes, à la retraite de son père. Il représente la sixième génération. "Avec la sécheresse en plus, ce n'est pas très motivant", admet-il, un peu désemparé. C'est aussi un manque à gagner pour une bête qu'il aurait pu vendre d'ici quelques années. Il envisage notamment de sécuriser ses clôtures pour empêcher que les bêtes ne sortent. Bien que rare, ce type d'acte criminel existe. Le 30 mars, à Pierre-de-Bresse, en Saône-et-Loire, deux individus ont été arrêtés pour avoir abattu au fusil et dépecé un veau. À Strasbourg, le 7 décembre 2021, un homme de 35 ans a été condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir dépecé un veau vivant dans son garage.

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