AccueilACTUALITESUne crise énergétique qui secoue de nombreuses autres professions

Une crise énergétique qui secoue de nombreuses autres professions

Les menuisiers, les brasseurs, les bouchers et bien d'autres corps de métiers sont eux aussi en souffrance, fortement impactés par la crise énergétique qui traverse le pays.
La brasserie Terre de bières, basée à Villefranche, prévoit une augmentation de minimum 80 000 € de ses charges.
©Zoé Besle - La brasserie Terre de bières, basée à Villefranche, prévoit une augmentation de minimum 80 000 € de ses charges.

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Dans un communiqué datant du 5 janvier, la branche Auvergne-Rhône-Alpes de l'Union des entreprises de proximité (U2P) rappelait que les boulangers étaient loin d'être les seuls concernés par la crise énergétique.

Elle citait notamment l'exemple de deux menuisiers basés dans la Drôme, d'une entreprise de mécanique en Haute-Loire et d'une chocolaterie ligérienne : entre 2022 et 2023, toutes leurs factures d'électricité ont augmenté de plus du double au quadruple.

L'U2P indique se mobiliser auprès des pouvoirs publics "pour des solutions adaptées aux petites entreprises, comme l'ouverture du bouclier tarifaire aux entreprises de moins de 20 salariés quel que soit leur contrat et leur consommation d’énergie".

Si actuellement la chambre des métiers et de l'artisanat (CMA) et de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) contactent tous les boulangers de la du Rhône, (lire encadré ci-dessus) dans l'optique de définir leur besoin et ensuite débloquer des aides, ils ne sont pas les seuls à connaitre d'importantes difficultés. "Des retours que nous avons pour l'instant, on estime qu'environ 30 % des boulangers sont vraiment "dans le dur", souligne Christophe Bernollin, président de la CMA Lyon-Rhône. Ils ont des organisations professionnelles assez fortes et sont très touchés donc on en entend beaucoup parler, mais je dirais que tous les métiers de bouches sont concernés, ainsi que certaines entreprises de petites industries parmi nos ressortissants".

©Zoé Besle Christophe Bernollin, président de la CMA Lyon-Rhône.

Le cas de la brasserie Terre de bières

Vendredi 13 janvier, le président de la CMA Lyon-Rhône se rendra chez Terre de bières, en compagnie du sous-préfet Jean-Jacques Boyer. Fondée en 2008, la production de brasserie artisanale avoisine les 2000 hl.

"La bière, c'est un peu du pain liquide : notre process est assez proche de celui de boulangers puisque qu'on utilise des céréales, de l'eau et pas mal d'électricité et de gaz pour les cuissons, à la différence qu'on consomme souvent plus qu'eux de par notre taille et les quantités produites", souligne Florent Langloy, gérant de l'entreprise.

Il a fait le calcul : entre les matières premières, l'électricité, l'emballage et le gaz, il fait face à une augmentation de 59 % au global de ses dépenses en ce début d'année 2023, sans compter d'autres postes comme le CO2 ou l'essence utilisée pour les livraisons. "On réalise un chiffre d'affaires de 600 000 €, sur lequel on arrive à générer entre 35 et 40 000 € de bénéfices : cette augmentation sur ces quatre postes représente 80 000 € de charges supplémentaires".

Pour l'instant, Terre de bières n'a pas encore répercuté cette hausse sur ses prix : la brasserie va essayer de réduire au maximum ses dépenses énergétiques et booster sa communication en cette période de crise "On a de moins en moins de marge, il va donc falloir vendre plus pour essayer de gagner pareil", résume Florent Langloy. Si pour l'instant la CMA se concentre sur pour l'instant sur les boulangers, Christophe Bernollin assure que la chambre " va faire son travail et se rapprocher de tous les artisans qui vont être dans cette situation".

Auvergne-Rhône-Alpes : les chambres consulaires mobilisées face à la crise énergétique

Dans un communiqué datant du 12 janvier, la préfecture rappelle les différents dispositifs de soutien de l'État et enjoint les TPE/PME à se rapprocher des chambres de commerce et d'industrie (CCI) et des chambres des métiers et de l'artisanat (CMA) qui leur correspondent.

Outre le bouclier tarifaire, qui permet à certaines TPE de contenir à 4 % la hausse des prix de l’électricité (15 % à partir du 1er février 2023), l'État a annoncé un prix de l'électricité limité à 280 € par MWh en moyenne en 2023 pour les TPE qui ne bénéficient pas du tarif de vente réglementé.

De son côté, l'amortisseur électricité, actif depuis le 1er janvier de cette année, est censé protéger les entreprises ayant signé des contrats d’énergie plus élevés, avec un plafond d’aide unitaire renforcé, défini par un indicateur présent sur les factures et devis appliqués par les fournisseurs d’énergie.

"Ainsi, par exemple, avec un tarif unitaire de l’énergie de 350 euros/MWh (0,35 euros/kWh), l’amortisseur électricité permet de prendre en charge environ 20 % de la facture totale d’électricité", souligne la préfecture. Enfin, les entreprises grandes consommatrices d'énergie peuvent bénéficier du guichet d’aide au paiement des factures de gaz et d’électricité, une subvention versée notamment pour éviter les arrêts de productions essentielles.

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