AccueilVILLEFRANCHEÇa bouge dans l'aggloUne antenne 5G inutile à Limas ?

Une antenne 5G inutile à Limas ?

Des habitants du Peloux se mobilisent depuis plusieurs semaines face au projet d’installation d’une antenne relais par Bouygues.
Le panneau du permis de construire de l'antenne relais de Bouygues Télécom.
© Simon Alves - Le panneau du permis de construire de l'antenne relais de Bouygues Télécom.

VILLEFRANCHEÇa bouge dans l'agglo Publié le ,

"Le maire était depuis longtemps. Il aurait pu nous faire savoir que l'antenne allait s'installer." Sylvain Bailly est amer. C'est en se promenant dans les environs du Peloux, à Limas, que cet habitant du secteur a découvert, courant février, ce panneau orange et blanc implanté sur une parcelle agricole, à l'angle de la rue Claude Béroujon et du chemin du Gros Terreau. La nature des travaux annoncés ? "Création d'un relais radiotéléphonique" pour Cellnex France. Autrement dit, une antenne 5G destinée à Bouygues Télécom, d'une hauteur de 18 m.

Opposition au projet d'installation

De quoi braquer Sylvain Bailly, mais également son fils, Fabrice, qui travaille dans l'immobilier et a dépose une demande de recours grâcieux en mairie pour s'opposer au projet selon différents motifs. "La 5G, à l'origine, ça a été développé pour offrir le haut débit dans des zones où la fibre n'est pas accessible, explique-t-il. Mais le bas de Limas, comme le haut, y sont éligibles. Il n'y a donc pas d'utilité." Il note également, après plusieurs tests, que la zone est déjà couverte par la 5G au travers d'autres antennes. L'autre "paradoxe" pointé par Fabrice Bailly, c'est la nature de la zone concernée. Essentiellement agricole et peu habitée, elle est majoritairement inconstructible, écartant toute possibilité de croissance de la population pouvant justifier l'implantation.

Ils plaident la mutualisation

"Aujourd'hui, vous avez aussi énormément d'antennes 4G dans le secteur, poursuit-il. Il existe un principe de mutualisation des antennes pour que les opérateurs utilisent en priorité les antennes existantes pour y monter des installations et non pas en créer d'autres." Fabrice Bailly s'appuie notamment sur l'article D.98-6-1 du code des postes et des communications électroniques qui prévoit que l'opérateur doive faire en sorte, dans la mesure du possible, de partager les sites radioélectriques avec les autres utilisateurs de ces sites et de privilégier toute solution de partage avec un site ou un pylône existant.

Emplacement sur des terrains très peu chers

Bouygues Télécom, par exemple, possède une antenne 5G depuis le 8 décembre 2021 située au niveau du péage autoroutier de Limas. Problème, là où le Limassien stipule dans sa demande de recours grâcieux une "obligation", l'article n'évoque qu'une incitation, sans caractère contraignant pour l'opérateur. Ce qui n'empêche pas Fabrice Bailly de dénoncer la stratégie de l'opérateur. "C'est purement commercial et financier puisqu'ils implantent des relais sur des terrains très peu chers pour avoir leur antenne sur place", explique-t-il. "On n'est pas nombreux au Peloux et ils en profitent car on ne peut pas se défendre", renchérit son père, Sylvain.

Le non respect et manque d'information sur le rayonnement des ondes

Dans son recours, l'habitant du Peloux critique également le non-respect de certaines obligations d'affichage du permis de construire (adresse absente, pas de mention de la 5G), les risques sanitaires supposés des ondes électromagnétiques ou encore le non-respect de l'emprise au sol. Décidés à poursuivre leur action, les deux Limassiens assurent que d'autres recours ont été déposés par des habitants du secteur.

Contraint, le maire s'y était pourtant opposé

C'est l'une des grandes problématiques que pointent du doigt les élus vis-à-vis des implantations d'antennes relais depuis de nombreuses années : ils ne peuvent pas s'y opposer. Encore plus quand une décision de justice les contraint. Michel Thien avait signé, le 26 janvier 2021, un arrêté d'opposition à la déclaration préalable déposée par la SAS Cellnex. Face à ce refus, Bouygues Télécom avait déposé un recours gracieux en mars 2021, sans suite favorable de la mairie. Bouygues et Cellnex ont alors délivré un recours contentieux avec requête devant le tribunal administratif de Lyon le 28 juin dernier. L'instance a rendu une ordonnance le 16 septembre pour enjoindre le maire de revenir sur sa décision. Michel Thien a par conséquent dû délivrer un avis stipulant sa "non-opposition" au projet.

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