AccueilACTUALITESFaits divers / JusticeUn élu de la région jugé à Villefranche pour diffamation

Un élu de la région jugé à Villefranche pour diffamation

Accusé de diffamation, Jean-Luc Roche, conseiller municipal de l'opposition à Tarare, se présentait mardi à l'audience du tribunal de Villefranche.
Un élu de la région jugé à Villefranche pour diffamation
Béatrice VINCENT-MARTRAY - Jean-Luc Roche s'est défendu à la barre du tribunal mardi dernier.

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Jean-Luc Roche, lors du conseil municipal de décembre 2014 à Tarare, aurait tenu des propos diffamatoires à l'encontred'AlainServan, adjoint au maire, et aurait récidivé dans un quotidien régional en février 2015. "Je ne reconnais pas la diffamation. Je suis conseiller de l'opposition et il faut dans ce cadre que j'analyse les dossiers. Je trouvais anormal qu'un architecte soit aussi adjoint à l'urbanisme !" C'est en effet pour un dossier concernant un projet immobilier que l'élu dit s'être "rendu compte de faits troublants. J'avais des éléments qui me laissaient penser que des choses n'étaient pas nettes. Il y avait conflit d'intérêt".

"MES QUESTIONS SONT RESTÉES SANS RÉPONSE"

Lors de ce fameux conseil municipal, M. Roche aurait parlé de "boucle mafieuse". "Pensez-vous avoir porté atteinte à l'intégrité et à l'honneur de M. Servan ?", questionne la présidente Aurore Jullien-Vernotte. "Non, c'est mon rôle d'élu, je représente les citoyens. Quinze jours avant j'avais pris la précaution de prendre rendez-vous avec le maire. Mes questions sont restées sans réponse. Idem avec le directeur de cabinet quelques jours plus tard", argumente l'homme.

"IL VOULAIT ATTEINDRE LA MAJORITÉ MUNICIPALE"

Pour l'avocat de la partie civile, "la liberté d'expression est primordiale, mais cette liberté est susceptible d'abus quand on porte atteinte à l'intégrité et l'honneur de la personne. M. Roche n'avait d'autre objectif que de porter atteinte à M. Servan, dans le but d'atteindre la majorité municipale".

Il demande 1 euro de dommages et intérêts, simplement pour laver l'honneur de M. Servan, et la publication du jugement dans deux quotidiens régionaux.
Le représentant du ministère public juge regrettable "que le prévenu n'ait pas avancé d'un iota dans ses explications" et qu'il "referait la même chose si c'était à refaire. Je ne pense pas qu'il soit de bonne foi !"

"PAS DE COUP POLITIQUE"

Lors de sa plaidoirie, l'avocat relève que le procès-verbal du conseil municipal n'est pas une transcription complète. "Les seuls éléments d'appréciation sont deux ou trois phrases qui ont été tirées de leur contexte. Ce propos, "boucle mafieuse", est dans les notes de M. Roche et pas dans le compte-rendu du procès-verbal !", arguant que ce sont des notes et qu'on n'est pas sûr qu'il l'ait dit…

Selon lui, son client est habité par l'intérêt général. "Le maire aurait pu retourner la situation, tel un judoka sur le tatami", grâce à deux courriers reçus qui auraient pu apporter des réponses à M. Roche. "C'était un piège, on l'a laissé prendre la parole et commettre une faute. On savait qu'il y aurait dépôt de plainte !"
Sa conviction est que cette affaire a été utilisée dans le cadre d'un règlement de compte politique : "Les propos tenus l'ont été de manière calme et posée et M. Roche a été de la plus parfaite bonne foi. Il n'a pas voulu faire de coup politique". Au vu de ses éléments, l'avocat demande la relaxe pure et simple.
Le jugement a été mis en délibéré au 12 juillet prochain.

Jacqueline FABRE

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