AccueilACTUALITESCultureSylvie Faroud, Féliciné : "Nous voulions travailler avec Idéal Cinéma"

Sylvie Faroud, Féliciné : "Nous voulions travailler avec Idéal Cinéma"

Suite au vote des élus de la CCSB contre l'attribution de la délégation de service public du cinéma Le Singuliers de Belleville à Féliciné, sa dirigeante a souhaité répondre aux propos de certains élus relatés dans nos colonnes.
Sylvie Faroud, Féliciné : "Nous voulions travailler avec Idéal Cinéma"
©DR - Sylvie Faroud, dirigeante de Féliciné, s'exprime sur le vote des élus de la CCSB contre l'attribution de la délégation de service public du cinéma Le Singuliers de Belleville à son entreprise.

ACTUALITESCulture Publié le ,

Le 21 juillet dernier, en conseil communautaire, les élus de la Communauté de communes Saône Beaujolais (CCSB) votaient contre l'attribution de la délégation de service public du cinéma Le Singuliers de Belleville à Féliciné, entreprise iséroise. Une façon de privilégier l'association locale Idéal Cinéma, en gestion depuis une trentaine d'années. Sylvie Faroud, dirigeante de Féliciné, a souhaité répondre aux interventions de certains élus : entretien.

Pourquoi avez-vous voulu réagir à la suite des articles parus dans nos colonnes ?

J'ai trouvé que certaines informations étaient à la limite du diffamatoire. On gère quand même quelques cinémas aux alentours et je ne veux pas que ça porte préjudice à notre société. Quand j'ai vu les propos de M. Mazille (NDLR : conseiller communautaire) qui dit que nous jouons sur la corde judiciaire pour parvenir à nos fins, je suis atterrée. Je ne vois pas de quoi il peut s'agit.

On n'a jamais mis en justice une mairie ou une communauté de communes. Sans parler des argumentaires évoqués nous reprochant d'être une entreprise privée de Villefontaine. Les PME comme nous, en France, représentent la majorité des employeurs. Je ne comprends pas qu'on nous reproche cela. On est d'autant plus professionnels pour gérer nos cinémas.

Cet élu ne s'est pas renseigné sur notre travail. Nous avons des sites hyper animés et nous travaillons avec des associations locales. On vient de Villefontaine, mais ce n'est qu'à 50 minutes de Belleville. C'est du protectionnisme. Chacun a le droit de dire ce qu'il veut, mais il est anormal qu'on se permette des arguments infondés qui peuvent porter préjudice à une société. Nous ne gérons que des cinémas d'une à quatre salles dans lesquels on fait survivre une programmation arts et essais.

Êtes-vous déçue que Féliciné n'ait pas été retenu ?

Oui, malgré notre meilleure candidature. On avait un beau projet pour développer des animations dans ce cinéma. Nous avons reçu un courrier de la communauté de communes pour nous expliquer la décision et ce qu'elle comptait faire après.

C’est-à-dire ?

Elle devrait proposer une gestion en régie publique (lire ci-dessous). Ce que je comprends car elle n'a pas le choix derrière dans la mesure où les élus n'ont pas voté pour le candidat choisi. Chacun est libre de voter en son âme et conscience et je ne le conteste pas, même s'il y a sûrement eu du lobbying pour que ce ne soit pas voté. En revanche, je ne veux pas laisser dire des choses fausses. On est une entreprise privée, mais aussi de vrais passionnés de cinéma.

Ces insinuations sur des problèmes judiciaires, vous les rejetez ?

Je ne sais pas d'où ça sort ! C'est gratuit. Nous n'avons jamais eu de problèmes de la sortie. On gère neuf cinémas. Je sais que les mairies et les communautés de communes où l'on exerce ont été contactées par la CCSB. Elles n'ont eu que des retours positifs. Les collectivités sont contentes de nous. Certaines en sont déjà à leur troisième ou quatrième renouvellement de délégation de service public avec nous. Ce n'est pas pour rien.

Pourquoi le cinéma Le Singuliers de Belleville vous intéressait-il ?

C'est un bon projet. On le connaissait déjà à l'époque où il a été construit (NDLR : en 2015). Mais on n'avait pas répondu car nous sommes aussi une petite société et que nous avons repris des cinémas petit à petit. Notre objectif, c'était de développer la société et d'embaucher beaucoup de jeunes, notamment dans la communication et les réseaux sociaux où nous sommes un peu en retard parfois.

On voudrait pérenniser ces emplois dans ce cinéma de Belleville qui est beau. Je pensais également qu'on pourrait travailler avec les associations en proposant un festival. On le fait avec d'autres comme Ciné Passion de Meyzieu, qui est moteur dans l'organisation du Festival du cinéma européen, ou encore Clap à Tarare. Je pensais qu'on pouvait s'entendre avec Idéal Cinéma et amener quelque chose de plus à Belleville. Nous sommes dans une optique plutôt régionale. On aurait pu établir une dynamique avec Châtillon sur Chalaronne et des animations conjointes.

Comment comptiez-vous travailler plus précisément avec Idéal Cinéma ?

On voulait leur proposer de participer à une grosse partie de la programmation ou encore avoir des tarifs spécifiques pour les adhérents. On leur donne généralement carte blanche. Les associations peuvent nous proposer tout et n'importe quoi, on est à l'écoute et on peut partir sur plein de projets. On est d'ailleurs là pour proposer tous les cinémas.

Nous n'avons jamais censuré quoi que ce soit. Notre but n'a jamais été d'évincer l'association. On souhaitait apporter notre savoir-faire dans la gestion, surtout dans cette situation difficile où les coûts explosent. Il faut de la méthode pour les absorber et nous savons le faire. Dans ce type de situation, on saura peut-être mieux rebondir car on vit pour ça et de ça. Sinon, l'entreprise coule. On aurait voulu faire bénéficier de cette expérience à Belleville.

À propos de Féliciné

Candidat malheureux à la reprise de la délégation de service public (DSP) du cinéma Le Singuliers à Belleville, Féliciné avait su séduire la commission de DSP de la CCSB.

Créé en 2006 à Villefontaine, en Isère, le gestionnaire de cinémas de proximité a tissé sa toile dans la région en visant plusieurs complexes d'une à quatre salles. Ainsi, Le Fellini à Villefontaine, L'Étoile à Châtillon-sur-Chalaronne, Ciné-Meyzieu à Meyzieu ou encore Jacques-Perrin à Tarare font partie des neuf cinémas gérés par Féliciné aujourd'hui.

La société compte 25 salariés. Elle vante notamment une programmation "riche et diversifiée à destination du grand public, des enfants et du public Art & essai". Ses cinémas sont classés Art et Essai et ont obtenu le label Jeune public. D'autres ont également obtenu le label Recherche et découverte. Féliciné organise également des soirées débat, des ateliers jeune public ou encore des soirées et semaines à thèmes.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 11 août 2022

Journal du11 août 2022

Journal du 04 août 2022

Journal du04 août 2022

Journal du 28 juillet 2022

Journal du28 juillet 2022

Journal du 20 juillet 2022

Journal du20 juillet 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?