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Rameur indoor : Sandrine Joannier réalise la meilleure performance mondiale de l'année au 100 Km

La Caladoise Sandrine Joannier a réalisé cet exploit en rameur indoor sans s'en rendre compte en mars dernier. Une récompense pour cette compétitrice chez qui le sport est synonyme de survie.
Rameur indoor : Sandrine Joannier réalise la meilleure performance mondiale de l'année au 100 Km
Simon Alves

SPORTS Publié le ,

"Le sport, c'est ma résurrection". En faisant la démarche elle-même de contacter la rédaction du Patriote, Sandrine Joannier, 45 ans, caladoise et sportive amateure, avoue avoir dû prendre sur elle.

De nature réservée, il lui aura fallu trois mois pour faire part de sa performance remarquable du 13 mars dernier : réaliser le 100 km rameur indoor avec un chrono de 7h58'10.

Une marque effectuée à la salle de sport l'Orange bleue de Villefranche-sur-Saône et qui représente la meilleure de l'année au niveau mondial encore à l'heure actuelle selon la Fédération française d'aviron qu'elle a contactée. "J'avais réalisé mon premier 100 km de rameur indoor en 8h35 l'an dernier après un défi de mon coach (voir encadré), raconte-t-elle. Ça avait été un cauchemar sur le plan physique mais je n'avais pas lâché dans la tête. Comme je recherche toujours la perfection, j'ai décidé de le refaire avec pour objectif d'atteindre les 8 heures."

Le sport pour survivre et un record en rameur indoor

Compétitrice, Sandrine Joannier s'accroche à l'effort physique comme à une bouée de sauvetage. Après différentes épreuves dans sa vie, elle a sombré dans la dépression. "Ça a failli me coûter la vie," avoue-t-elle.

C'est la rencontre avec son coach, Richard Valencin (voir encadré), qui lui a permis de retrouver une forme de motivation en se mettant au CrossFit. Après une opération du dos en 2018 et la recherche d'activités moins traumatisantes pour le corps, elle s'est relancée avec le rameur. En mars 2019, elle effectue son premier marathon qu'elle parcourt en 3h18'59.

"Un résultat plus que correct" pour une première, selon elle, sachant que le record du monde de la discipline est à 2h48. "Ce jour, j'ai compris que je pouvais faire mieux", poursuit-elle. Cela ne s'est pas démenti car son quatrième marathon, en décembre dernier, a été bouclé en 3h05'48. "J'étais devant des femmes qui font de l'aviron indoor", assure-t-elle.

Meilleure performance mondiale : "Le jour J, c'était magique"

D'où cette seconde tentative il y a trois mois sur la distance de 200 km. Avec son coach, la sportive a "resserré la vis" et "revu l'approvisionnement en eau et en apports nutritionnels".

Une préparation qui a payé. "Le jour J, c'était magique, se souvient-elle. Tout a bien fonctionné du début à la fin. J'ai fait des pauses toutes les deux heures pour éviter les crampes. J'en ai eu mais j'ai serré les dents. Le cerveau s'est mis en "off" sur les dernières heures et j'étais comme sur un nuage. Le corps a déroulé."

Jusqu'à obtenir cette meilleure performance mondiale, avec près d'une demi-heure d'avance sur la deuxième. Son chrono a forcément attiré l'œil, et pas n'importe lequel. "Morgane Toullec, une Française qui détient le record du monde de rameur indoor en 7h0'49 a pris contact avec moi, avoue-t-elle. Elle m'a proposé d'aller chercher son record (rires). Elle m'a demandé aussi de faire un tandem avec elle pour battre le record du monde d'aviron indoor qui est de 6 h 50."

Si aujourd'hui, Sandrine estime ne pas pouvoir la suivre, elle n'écarte pas l'idée de le faire plus tard. "J'ai envie de me challenger", affirme-t-elle. Elle espère passer sous les 3 heures au marathon et améliorer ses marques sur 500, 1 000, 2 000 et 10 000 mètres. Au rang des défis fous qu'elle désire relever, elle vise notamment l'ascension du mont Blanc en septembre. La sportive souhaite également passer un message : "Même si la vie ne nous fait pas de cadeau et qu'on peut sombrer dans la dépression, il y a toujours un moyen de s'en sortir".

Richard Valencin : "Quand on lui donne un objectif, elle ne le lâche pas"

Sa performance, Sandrine Joannier la doit à elle-même, mais également à son coach, Richard Valencin. L'ancien champion du monde junior de Powerlifting, adepte du CrossFit, l'a rencontrée en 2015 après un essai dans sa salle de sport à Villefranche. "J'ai vite senti qu'elle avait des besoins un peu différents des autres, raconte-t-il. Elle avait besoin de soutien et de programmes plus individuels."
Partie intégrante des disciplines couvertes par le cross-fit, le rameur s'est imposé dès 2018. Si Richard Valencin assure n'avoir jamais poussé dans la performance Sandrine, il a saisi l'opportunité en voyant qu'elle s'approchait des meilleurs performeurs. "Elle avait perpétuellement besoin de se prouver quelque chose, donc on est allé plus loin dans les entraînements, sans savoir qu'on atteignait le niveau national, ajoute-t-il. La persévérance, la résilience et sa capacité à endurer font partie de ses qualités. Quand on lui donne un objectif, elle ne le lâche pas."
Sur l'objectif de gravir le mont Blanc évoqué, Richard Valencin souhaiterait trouver des sponsors. "C'est encore à définir, mais elle y réfléchit", annonce-t-il.
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