AccueilBEAUJOLAISBeaujolais vertSécheresse?: la détresse des agriculteurs

Sécheresse?: la détresse des agriculteurs

Des champs complètement grillés, des feuilles prématurément jaunies, le Beaujolais Val de Saône fait face depuis plusieurs semaines à une sécheresse exceptionnelle.

BEAUJOLAISBeaujolais vert Publié le ,

Rares sont les secteurs à avoir vu tomber plus de quelques gouttes de pluie, même si la semaine en cours apporte un certain répit. Des averses orageuses sont encore attendues d'ici à samedi. Mais les précipitations des prochaines heures ne régleront pas le problème de fond, d'autant plus que le retour d'un temps chaud et sec est prévu pour la semaine prochaine.

Fortement touchés par la sécheresse, les agriculteurs en appellent donc à la solidarité, des prairies du Beaujolais vert (sic) aux cultures du Val de Saône. Interpellé par les représentants professionnels locaux, le Département du Rhône s'est saisi de la question et déclenchera des mesures d'aide d'urgence (voir ci-dessous). Christophe Guilloteau l'a annoncé jeudi dernier lors d'une visite à Amplepuis, sur les terres de la ferme Gonin. Le président UMP du Département était notamment accompagné de Colette Darphin, vice-présidente en charge de l'agriculture, et d'Antoine Duperray, conseiller délégué à la "ressource en eau, forêts et préservation des milieux naturels". Sur ses terres, le centriste Michel Mercier s'était très logiquement joint à la délégation.

Prairies mangées par le soleil

Les exploitants présents, en majorité des éleveurs bovins, n'ont pas caché leur désarroi. "Depuis plus d'un mois, rien n'est tombé du ciel, à peine 3?mm il y a dix jours. Quant aux températures extrêmement élevées, c'est du jamais vu", relevait un agriculteur de Meaux-la-Montagne, évoquant des pointes à 35°C dans un secteur traditionnellement épargné par les grosses chaleurs. "Résultat, les dégâts ont été énormes en peu de jours. Je n'avais jamais vu la campagne brûler aussi rapidement, avec des prairies mangées par le soleil. On ne sait même par s'il ne faudra pas replanter certains prés ! Et aucun secteur n'est épargné. Même des secteurs comme Ranchal ou Thel, habituellement bien verts même en été, sont jaunis", analysait le quinquagénaire, évoquant les conséquences déjà bien réelles pour les exploitations. "Cette sécheresse va nous coûter très cher. Il faut déjà alimenter les troupeaux à l'extérieur, ce qui est exceptionnel à cette période. On tape déjà dans les stocks de fourrage. Le prix des denrées va exploser", assurait l'agriculteur. Le prix de la tonne de paille serait ainsi déjà passé de 90 à 110 euros la tonne.

Quand les factures arriveront…

La question de l'accès à l'eau se pose également de façon critique. "On surveille cette question de près, même si toutes les exploitations ne sont pas égales face à cette question. Mais beaucoup sont déjà contraints d'avoir recours à l'adduction d'eau potable, les réserves de surface étant épuisées, les rivières au plus bas et les possibilités de pompage réduites. Quand les factures vont tomber, avec parfois plusieurs dizaines d'euros de consommation par jour et par exploitation, comment va-t-on faire pour payer ?", interrogeait encore le paysan de Meaux-la-Montagne au moment où Christophe Guilloteau quittait les lieux. "Il y a urgence à nous aider?! Car il n'y a plus de trésorerie dans les exploitations." Comme si les agriculteurs visualisaient nettement le mur vers lequel ils foncent tout droit, l'accélérateur enfoncé et le volant bloqué.

Julien Verchère

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