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Rugby : CSV-RCBB, derby attendu

Les clichés ont la vie rude.

SPORTSRugby Publié le ,

Lundi dernier, au siège du Patriote Beaujolais, on accueillait deux beaux gaillards qui d’habitude sont des rivaux qui, par principe, s’évitent. Mais au rugby, les adversaires partagent bien plus que des "bourre-pif" : une même vision de leur sport. Colin Borel est 3e ligne aile à Belleville depuis toujours. Sa génération 1984 a vécu une entente avec Villefranche en Reichel il y a quelques années. A 28 ans, il est devenu capitaine bellevillois en cours de saison. Par ancienneté. Tout comme le Caladois Franck Kaninka, 39 ans, passé par Béziers, Nice, Arras et Mâcon avec Jean-Pierre Husson comme entraîneur. Partageant le capitanat avec Rémi Mahuet, ce 3e ligne devenu 2e?ligne avec l’âge car "les jeunes courent un peu plus vite", vit la dernière saison de sa carrière au CSV. A fond. Comme toujours. Morceaux choisis d’une heure passée auprès de deux capitaines de cœur.

Le poids du derby

Colin Borel : "Par rapport à notre saison, ce derby n’est pas le bienvenu. On n’est pas très bien en ce moment. On a un nombre de blessés considérable. On vient de perdre deux points sur tapis vert. Pour autant, on ne va pas sortir nos mouchoirs et pleurer toute la nuit. On va se retrousser les manches. Il ne faut pas se leurrer, les points manquants on ne viendra pas les chercher ici. Aujourd’hui, on est relégables. La bête est blessée mais elle n’est pas morte !".
Franck Kaninka : "On connaît Jean-Pierre (Husson) et Belleville : c’est du cœur et encore du cœur. Ce match est très important pour eux. Le maintien, ils peuvent l’assurer chez nous. Si on peut appuyer là où ça fait mal, pourquoi pas. C’est sur ce type de match que l’on peut se jauger. On a déjà perdu à la maison donc notre joker est grillé. Nous ne sommes plus leaders. A nous de ne plus perdre de points. On travaille sereinement mais le mal du CSV, c’est qu’il peut rechuter".

La semaine du derby

C.B. : "Forcément, on y pense un peu plus. Les entraînements sont plus suivis. Il y a deux fois plus de monde. J’espère que samedi, nos jeunes vont oublier le baloche !"
F.K. : "Depuis plus de quinze jours nous n’avons pas joué. On est à fond sur ce derby. Cette coupure nous a fait du bien. On a pris conscience, par rapport à la saison dernière, que l’on pouvait réaliser quelque chose de beau. Ce serait dommage de gâcher notre saison en étant dilettante. Si on se repose sur nos lauriers, on est morts !"

Valeurs communes

C.B. : "A Belleville, c’est l’amitié qui prime. On joue avec les mêmes potes depuis plus de vingt ans. On reste le village d’Astérix. Ces valeurs n’ont pas changé. On s’est appuyé là-dessus. Les entraîneurs, les dirigeants : le renouvellement se fait à ce niveau".
F.K. : "Toutes les années, on crée quelque chose et parfois ça ne tient pas. Cette fois, je sens plutôt l’inverse, dans la durée. Avec les victoires, on reste un peu plus longtemps le soir, c’est sûr ! Le boulot mis en place cet été commence à porter ses fruits. Le départ d’Alain Schneider, un des entraîneurs, aurait pu perturber le groupe. Ce n'est pas le cas".

Etre capitaine

C.B. : "Dans les mots, je ne suis pas plus leader qu’un autre. Je ne prépare rien. En général ça vient du cœur. Je suis un capitaine assez discret. Avant d’entrer sur la pelouse, on est dans la répétition des choses. Il n’y a pas de cri particulier du genre hip hip hourra (rire) !"
F.K. : "Avec Rémi Mahuet on est les plus anciens. Par rapport aux plus jeunes, le regard est différent. Cinq minutes avant d’entrer sur la pelouse, c’est le cœur qui parle. Quand tu t’entraînes toute la semaine, le dimanche, sur le terrain, tu as envie de te régaler, de te dépasser. Cette année, tout le monde tire dans le même sens. On se regarde et ça suffit".

Et si on changeait de maillot ?

C.B. : "Je ne partirais pas pour un autre club que Belleville. Je suis du Beaujolais, de Chiroubles, j’ai 28 ans et je ne suis pas un grand joueur. Je ne suis pas anti-caladois, loin de là".
F. K. : "Moi à Belleville ? C’est trop tard. Je finirai à Villefranche !"

Regards croisés

F.K. : "Colin, c’est un mental. Il ne lâche rien. Ce que je n’apprécie pas chez lui ? Rien. Il ne m’a pas encore mis de fourchette !" (rire)
C.B. : "Franck, on connaît sa réputation. Dans le moindre regroupement, il sera là pour nous faire déjouer".
F.K. : "C’est vrai !" (rire)
C.B. : "Plus sérieusement, j’ai un grand respect pour lui, c’est une figure du rugby régional".

Jean-Pierre Husson, le trait d'union

C.B. : "Pour le groupe, il amène l'aspect tactique. C’est le premier entraîneur qui filme nos matches. Je n’avais jamais vécu ça. Je dis aux jeunes d’en profiter. Moi, à 28 ans, il m’en apprend toutes les semaines".
F.K. : "C’est un passionné. Il vit pour ça".
C.B. : "Il est à 200?% et laisse la parole aux Bellevillois dans le vestiaire. Mais les rares fois où il parle, il parvient à toucher les gens avec peu de mots. C’est un rugbyman qui a beaucoup donné".
F. K. : "Que ce soit sur le terrain au niveau des entraîneurs, il ne faut pas passer à côté de certaines personnes qui peuvent beaucoup t’apporter. Les jeunes, si tu ne leur dis pas, c’est comme les gamins, ils ne s’en rendent pas compte".
C.B. : "Tu as raison, Franck. A Belleville, on sait ce que l’on a aujourd’hui mais demain…"

Ralph Neplaz
Correspondant local de presse

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