AccueilACTUALITESRéouverture des boîtes de nuit : "Je ne sais pas si ça sera rentable pour nous"

Réouverture des boîtes de nuit : "Je ne sais pas si ça sera rentable pour nous"

Après 16 mois de fermeture, les boîtes de nuit rouvrent ce vendredi 9 juillet. Explications avec Thierry Llamas, patron d'un établissement à Chassieu et représentant du Syndicat des discothèques et des lieux de loisirs en Auvergne–Rhône-Alpes.
Réouverture des boîtes de nuit :
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Pendant 16 mois, vous avez été privé d'activité. Quel est aujourd'hui l'état d'esprit du secteur à quelques jours de la réouverture ?

"Il est forcément bon. On voit enfin le bout du tunnel. Tout le monde a envie de s'amuser, faire la fête et renouer avec les soirées sur le dance floor. Mais, en parallèle de cet engouement, on est aussi face à un casse-tête, celui des restrictions imposées."

Dès le 9 juillet, quelles vont être les restrictions ?

"Pour les boîtes de nuit en intérieur, on aura une jauge de 75 %. Et un pass sanitaire sera demandé, à chaque fois, à l'entrée. Mais heureusement, le port du masque n'a pas été imposé."

"On craint que la fréquentation ne soit pas au rendez-vous"

Ces mesures sont-elles acceptées par la profession ?

"La majorité des clubs souhaitait rouvrir, même avec ces contraintes. Reste à savoir si, financièrement, ça sera rentable. On craint que la fréquentation ne soit pas forcément au rendez-vous. Le pass sanitaire pourrait représenter un frein pour certains. C'est aussi pour ça que beaucoup de clubs ont fait le choix d'attendre pour rouvrir."

Thierry Llamas, représentant du Syndicat des discothèques et des lieux de loisirs en Auvergne–Rhône-Alpes

Ils seront nombreux à ne pas reprendre le 9 juillet ?

"Environ 60 %, sans compter les établissements d'extérieur, qui sont, eux, moins soumis aux contraintes. Et je peux comprendre ceux qui ne souhaitent pas rouvrir. Personnellement, j'ai mis un point d'honneur à le faire pour donner le La, aller de l'avant. Mais je ne sais pas si ça vaut vraiment le coup. Est-ce que la clientèle sera au rendez-vous ? Est-ce que je vais devoir embaucher de nouveaux agents de sécurité pour contrôler les pass sanitaires et surveiller les flux ? Il est très possible que, économiquement, ça soit très compliqué."

Le secteur sera-t-il toujours soutenu par l'Etat ?

"Les aides financières vont être modulées en fonction d'un certain nombre de critères. Mais aujourd'hui, tout ça reste assez flou. On va donc être intransigeant et veiller au maintien du soutien tant qu'on n'aura pas la possibilité d'ouvrir normalement. On a bien vu que beaucoup de restaurants ne font que 50 % de leurs chiffres d'affaires aujourd'hui. On peut craindre que pour nous, ça soit encore moins."

"On fait tout pour rspecter les règles"

Justement, quand pourrez-vous rouvrir sans contraintes ?

"On ne sait pas. Là aussi, c'est flou. Désormais, ce qu'on demande, c'est un traitement égalitaire entre tous les établissements : bars, restaurants et clubs discothèques. Comme l'été dernier, ils sont encore nombreux à mettre de la musique pour danser sans aucune contrainte. Ça n'est pas juste. Si on se retrouve avec des clusters dans quelques semaines, il ne faudra pas nous montrer du doigt. On ne veut pas être les boucs-émissaire alors que l'on fait tout pour respecter les règles."

"A un moment donné, l'Etat a oublié que fermer des établissements pendant 16 mois, ça pouvait avoir des conséquences"

On a souvent décrit les discothèques comme les grandes oubliées du déconfinement. Comment vous, professionnels, avez vécu cela ?

"Très mal. Effectivement, on a eu l'impression d'être les laissés pour compte. Le secteur a été très respectueux, presque trop. On n'a rien dit. Mais à un moment donné, l'Etat a oublié que fermer des établissements pendant 16 mois, ça pouvait avoir des conséquences. Un exemple concret pour illustrer tout ça. Certains de nos salariés ont fait le choix de partir, de changer de métier. On a dû payer leur solde tout compte. Ça représentait des sommes faramineuses pour lesquelles on n'a pas été aidé. Pour beaucoup, c'est quand même un sentiment d'injustice incroyable."

Des établissements ont même dû fermer leurs portes. Ils sont nombreux en Auvergne–Rhône-Alpes ?

"Sans donner de chiffre précis, on peut parler de 30 % de clubs qui ne rouvriront pas du tout. C'est dramatique."

Propos recueillis par Tony Fonteneau

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