AccueilLOISIRSCinémaRencontres du cinéma francophone à Villefranche : quand les réalisateurs parlent de leur film…

Rencontres du cinéma francophone à Villefranche : quand les réalisateurs parlent de leur film…

Simon Panay a échangé avec les lycéens à propos de "Si tu es un homme" Olivier Peyon réalisateur de "Arrête avec tes mensonges" a expliqué la genèse de son film, idem pour Dinara Droukarova et Marlène Serour a présenté son travail de casting.
"Arrête avec tes mensonges": Jérémy Gillet, acteur, Olivier Peyon , réalisateur, Julien de Saint Jean, acteur.
© L.C/ - "Arrête avec tes mensonges": Jérémy Gillet, acteur, Olivier Peyon , réalisateur, Julien de Saint Jean, acteur.

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La soirée de clôture du festival s'est déroulée dimanche 13 novembre.Retour des Rencontres avec les réalisateurs.

DINARA DROUKAROVA: "Le livre de Catherine Poulain m'a bouleversé"

La réalisatrice du film "Grand Marin" a obtenu le prix du jury de spectateurs des Rencontres du cinéma francophone 2022. C'est son premier long métrage en tant que réalisatrice. Il sortira en salles le 11 janvier.

"Le livre de Catherine Poulain "Grand marin" m'a bouleversé. Il a même changé ma vie puisque j'en ai fait un film", nous a confié Dinara Droukarova. Derrière cette histoire de biographie de Catherine Poulain où elle raconte ses années de pêche en Alaska, la réalisatrice a vu "une sorte de métaphore d'un être qui veut tout quitter, partir au bout du monde et connaître ses forces et ses limites".

Ce film est inspiré du livre de Catherine Poulain, "mais je pense que je suis restée fidèle à l'esprit de son récit. J'ai pris l'essentiel de ce livre et j'en ai fait mon histoire". Dans le livre, comme dans le film, on ne sait pas pourquoi Lili quitte tout : "Cela m'a permis de me projeter dans ce personnage, justifie la réalisatrice. J'ai trouvé que c'était plus fort de ne pas tout expliquer. Ainsi on laisse libre l'imagination des spectateurs. C'est comme une sorte de poème haïku : il n'y a pas de début, pas vraiment une fin mais se dégage une émotion de voir cet instant de la vie d'un être sans son passé, ni son futur".

"C'EST LE THEME DE LA LIBERTE QUE J'ABORDE A MA FAÇON"

Sur le bateau, Lili aura au départ, des difficultés à se faire accepter par ses collègues hommes. "Le monde de la pêche est rude et les femmes ne sont pas toujours les bienvenues, souligne Dinara Droukarova : "Avant de partir en tournage j'ai fait des stages. Je suis sortie en mer en Islande, au Canada, en Belgique, en France, j'ai remarqué que les hommes préfèrent rester entre eux. Mais petit à petit Lili dans cette histoire parvient à faire sa place par son travail, son engagement. Elle s'est imposée en douceur".

"Je ne veux plus être sur la terre ferme, je préfère me noyer", dit Lili. Pour la réalisatrice, elle préfère avancer, ne pas rentrer dans ce qu'on lui propose. C'est le thème de la liberté que j'aborde à ma façon".

Synopsis : Lili, 35 ans, décide de tout quitter pour partir pêcher dans le Grand Nord. Dansce monde d’hommes, elle va faire face à la peur, à l’épuisement physique, au déchaînement de la nature. Elle va surtout devoir faire face à elle-même et conquérir une liberté sans égal…

© L.C. Dinara Droukarova.

"SI TU ES UN HOMME" : LES LYCEENS ONT POSE BEAUCOUP DE QUESTIONS

"Si tu es un homme", le film documentaire du réalisateur Simon Panay diffusé mardi 8 novembre à des lycéens de seconde, première et terminale a suscité grand nombre de questions toutes plus pertinentes les unes que les autres sur les conditions dans lesquelles ce film a été tourné. Cela se passe en Afrique de l’Ouest et témoigne des conditions de vie des enfants, au travail dès leur plus jeune âge dans les mines d’or. Un film poignant tant est immense le dénuement dans lequel vivent ces enfants. Le choix déjà du Burkina-Faso comme lieu de tournage : un coup de coeur pour ce métier et ce pays émanant de la rencontre du jeune cinéaste avec un réalisateur burkinabé ; un métier qui se veut instructif et non intrusif. "Le but de cette démarche est de collecter et de restituer des informations et non de les dénoncer", explique Simon Panay. Quant au choix du personnage : "J’ai été très impressionné par la présence de ce garçon et son influence auprès des plus grands malgré son très jeune âge". Les prises de vue ont duré 2 ans, un travail de longue haleine pour cibler les scènes essentielles, partagé avec sa compagne.

I.M.S.

© JHR Films Simon Panay réalisateur de "Si tu es un homme".

"ARRETE AVEC TES MENSONGES" : L'EXCELLENT FILM D'OLIVIER PEYON

Un scénario bien ficelé, des acteurs qui excellent dans leur rôle, avec notamment le brillantissime Guillaume de Tonquédec, un film, rythmé avec des flash-back, des dialogues intelligents et des scènes bouleversantes : l'adaptation du livre de Philippe Besson par le réalisateur Olivier Peyon "Arrête avec tes mensonges" présenté en avant-première mardi, est une réussite. "Ce que je trouvais très original dans le roman de Philippe Besson c'est la rencontre de l'écrivain et du fils de son premier amour. C'est cela que j'avais eu envie de développer et de raconter. Ensemble, ils vont rassembler les puzzles de cette histoire : Ils tous les deux souffert, l'un de la disparition de son premier amour, et l'autre des silences de son père. "Les deux vont essayer de comprendre ce qui s'est passé, poursuit Olivier Peyon. La fin du roman comme celle du film, tout du moins j'espère en ce qui concerne le film, révèle une situation apaisée. Je trouvais ça beau.Les scènes d'amour dans les flash-back sont à la fois osées et pudiques, on me le dit souvent. "Elles sont fortes, on croit vraiment à cet amour, commente le réalisateur. Selon Olivier Peyon ces scènes, elles ne sont jamais gratuites : "Elle servent à raconter la naissance de cet amour".

PRESENTE A LOS ANGELES, LE FILM A ETE BIEN RECU

Philippe Besson a vu deux fois le film : "J'ai de la chance, car il l'adore", rapporte Olivier Peyon. Il lui arrive même de présenter le film !

"Arrête avec tes mensonges a été présenté à Los Angelès lors d'un festival. "Il a été bien reçu", confie le réalisateur, qui le lendemain de sa venue à Villefranche, partait le présenter à Montréal. Ce film sortira le 22 février 2023.

Synopsis : Stéphane Belcourt, écrivain célèbre, retourne dans la région où il a grandi après trente ans d’absence. Le choc est d’autant plus grand quand il croise un jeune homme, sosie de son premier amour de 17 ans, qui se révèle être le fils de celui-ci…

L.C

© Michel Crotto/ "Arrête avec tes mensonges".

"LES PIRES" : UN SACRE TRAVAIL DE CASTING

Ce film a obtenu le prix du jury des Lycéens.

Le coup d'envoi des Rencontres a été donné lundi 7 novembre au cinéma Les 400 coups avec "Les Pires" de Lise Akoka et Romane Gueret. Après la projection, la directrice du casting, Marlène Serour, a expliqué aux spectateurs les différentes étapes du travail de casting en précisant que pour ce film 700 enfants et adolescents ont été auditionnés. "Nous avons commencé le casting un an avant le tournage. Pour trouver les personnes, afin interpréter les rôles décrits dans le scénario, nous avions défini au préalable avec la réalisatrice, la méthodologie à déployer pour mettre en place ce casting dans le nord de la France. Il s'agissait d'un travail colossal. Pour Marlène Serour, il faut être inventif dans le processus : avoir les bons contacts, organiser un repérage avec des éducateurs qui travaillent dans tel quartier. En effet, Les castings ont été réalisés dans des centres sociaux culturels, les maisons de quartiers, les foyers pour enfants, les établissements scolaires…"La première étape a été de contacter toutes ces structures. Puis, il a fallu identifier très vite la personnalité des adolescents qui pourraient avoir un rôle dans le film et s'ils seront capables de l'assumer jusqu'au bout. Après un après premier rendez-vous, les vidéos des essais ont été montrées aux réalisatrices, puis les choix se sont affinés". Elles ont fait jouer aux jeunes sélectionnés des scènes du film dont le synopsis est le suivant :

Un tournage va avoir lieu cité Picasso, à Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France. Lors du casting, quatre ados sont choisis pour jouer dans le film. Dans le quartier, tout le monde s’étonne : pourquoi n’avoir pris que « les pires » ?

"Un des points de départ des "Pires" a été la volonté de s'interroger sur l'origine de la fascination assez récurrente qu'a le cinéma pour les enfants des quartiers que nous filmons" (Lise Akoka, Romane Gueret)

L.C.

© Marlène Serour, directrice de casting pour "Les Pires" de Lise Akoka et Romane Gueret.

Suite des entretiens dans une prochaine édition.

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