AccueilVILLEFRANCHEA la uneQualité de l'eau : une étude ravive les craintes

Qualité de l'eau : une étude ravive les craintes

La qualité de l'eau du robinet constitue un sujet sensible, en particulier à Villefranche, et plus généralement dans l'ensemble du Beaujolais Val de Saône.

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Le débat public a émergé dès les années 1970, avec la dégradation progressive de la qualité de l'eau pompée le plus souvent aux abords immédiats de la Saône.
Situé sur la commune d'Arnas, le captage de Beauregard fait partie des cinq cent sept points de pompage inscrits par l'Etat sur une liste noire de la pollution de l'eau en France. Il alimente 66?000 usagers à Villefranche et dans les communes alentours (Gleizé, Limas, Liergues, Jarnioux, Denicé, Lacenas…). Ailleurs en Beaujolais Val de Saône, la situation semble moins alarmante, mais les effets conjugués des pollutions industrielles venus des villes situées plus au nord (Chalon-sur-Saône, Mâcon…), la présence de grandes voies de circulation ou encore de l'agriculture intensive (maraîchage, viticulture) favorisent la présence de nombreux polluants. Pesticides, solvants chlorés, hydrocarbures, un cocktail dangereux selon Bruno Ducluzaux, hydrogéologue et fondateur de l'association Rhône Beaujolais des usagers de l'eau (Arbue).
Depuis plusieurs années, les membres de ce collectif dénoncent les dangers supposés pour la santé d'une consommation à long terme de l'eau du robinet dans la région. Ils ont produit récemment une "évaluation des risques sur la santé de l'eau de Villefranche". Trois pages synthétisant une étude menée grâce à des informations officielles recueillies auprès des administrations compétentes. Un document dont la lecture fait parfois froid dans le dos et qu'il convient de prendre avec les précautions d'usage, cette étude n'ayant pas de caractère scientifique ou officielle. Bruno Ducluzaux décrit sommairement la méthode de travail : "En 2013, l'Arbue a reçu de la part de l'Agence régionale de santé 57 564 analyses sous format Excel exploitables. Nous avons pu calculer les moyennes 2000-2012 des polluants par type d'eau (brute, traitée et au robinet) et ensuite réaliser l'évaluation quantitative du risque sanitaire sur cette durée de douze ans". L'association écarte immédiatement tout risque à court terme?: "Pour tous les polluants, et même en prenant la concentration maximale mesurée dans le réseau d'eau potable, le risque immédiat de boire l'eau du robinet est nul".
Le discours est tout autre quand on évoque les risques sur la santé à long terme et les risques de cancer à toxicité sans seuil (ces polluants dont la seule présence, même à très faible dose, est dangereuse). "En étudiant les données moyennes sur douze ans pour dix polluants, nous sommes arrivés à la conclusion que pour une personne qui, pendant plusieurs dizaines d'années, boirait l'eau du robinet, mais aussi prendrait une douche quotidienne et consommerait des légumes produits ici, le risque de cancer et d'autres maladies était fortement accru par rapport à la norme", lâche M. Ducluzaux. "Nous prouvons à partir des analyses ARS 2000-2012 que l'eau de Villefranche n'est pas potable et qu'elle est particulièrement dangereuse pour les enfants et les bébés. Les affirmations des responsables sur l'absence de risques sur la santé sont fausses", persiste le président de l'Arbue. Face à ce nouveau pavé dans la mare, quelles réponses les pouvoirs publics apporteront-ils, au moment où un plan d'action est sur le point d'être lancé sur les captages de Beauregard ? C'est tout l'enjeu d'un débat loin d'être clos.

Julien Verchère

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