AccueilVILLEFRANCHEProjets locaux, logement, sécurité, présidentielle : Thomas Ravier fait le point

Projets locaux, logement, sécurité, présidentielle : Thomas Ravier fait le point

En marge de notre interview sur le projet du Promenoir, le maire caladois a aussi évoqué pour le Patriote Beaujolais les sujets qui animent l'actualité, à Villefranche, comme au niveau national. Entretien.
Projets locaux, logement, sécurité, présidentielle : Thomas Ravier fait le point

VILLEFRANCHE Publié le ,

Pouvez-vous faire le point sur les projets en cours Villefranche et qui animeront l'année à venir ?

L'écoquartier avance. On est sur une ouverture prochaine du parking en silo de 300 places. Il y aura l'ouverture de la future Maison du Rhône, qui sera la plus grosse du département. On va pouvoir entamer les chantiers de création du parc, qui sera le plus gros poumon vert de Villefranche avec 0,8 ha. On a un très beau projet avec l'école Jean Macé qui va être exemplaire en matière de transition écologique puisqu'il s'agit d'un bâtiment en pisé. Il s'agit d'un projet de 5 M€. Ce sera le plus grand bâtiment public en pisé de France. Je présenterai bientôt le projet de végétalisation des cours d'école pour les cinq années qui viennent. On a de grandes actions dans tous les domaines. Dans le domaine culturel, on vient de finir le théâtre et le musée. La Bourse du travail sera un très beau lieu réhabilité de Villefranche. On va s'attaquer au Rex pour en faire un lieu de culture. Dans le sport on a des chantiers importants comme le stade de foot de Béligny. On va en avoir sur le stade Armand Chouffet également. Je veux aussi que l'on s'attèle à la piste d'athlétisme de Villefranche. On aura besoin d'un gymnase supplémentaire à Villefranche parce qu'on a une augmentation démographique dans nos établissements scolaires et une vie associative extrêmement riche. On a pas mal de pain sur la planche.

Quelle politique du logement comptez-vous porter en 2022 à Villefranche ?

Moi j'ai toujours dit qu'il fallait réguler la quantité de logements qui viennent. Je pense que le bon nombre qu'il faut est entre 200 et 250 logements annuels. D'abord il y a de plus en plus de Français chaque année et également un phénomène de décohabitation. On a besoin de construire. C'est une mesure pour le pouvoir d'achat aussi. Si on n'a pas un peu d'offre qui se crée, on aura une explosion des prix qui fera que ce sera très difficile pour les gens de se loger ou d'accéder à la propriété. Après c'est aussi le rôle des villes-centre de construire pour lutter contre l'étalement urbain. Si on veut protéger le foncier, ça ne se raisonne pas à l'échelle d'une commune, mais d'un territoire. Je veux qu'on privilégie les démolitions-reconstructions. Je ne veux pas qu'on aille occuper de l'espace supplémentaire. Ensuite il faut qu'on soit capable de recréer de beaux espaces publics de proximité où les gens trouvent des lieux qualitatifs, avec des aires de jeux pour les enfants.

Le fait que Villefranche ait été reconnue comme ville moyenne la plus attractive de France doit rajouter un peu de pression à votre tâche…

J'aborde les choses de façon très pragmatique. Il n'y a jamais de médaille sans revers. Déjà il faut se rendre compte d'une chose c'est que beaucoup de villes moyennes déclinent en France, alors que nous avons plutôt une ville moyenne très attractive. Déjà parce que beaucoup de gens veulent venir y habiter. C'est quand même un indicateur important. Ça amène aussi des contraintes puisqu'il faut adapte nos équipements publics sur les espaces publics. Mais c'est d'abord une chance. On a aussi une grosse attractivité sur le volet économique. Ça crée aussi quelques problèmes de circulation, mais il faut d'abord regarder le verre à moitié plein. Dans les villes moyennes, beaucoup se battraient pour gagner quelques habitants par an. Ça n'empêche pas qu'il faut être très pragmatique et ne pas faire cela n'importe comment, à n'importe quel coût et avec n'importe quel sacrifice. Il faut qu'on accompagne vraiment d'un suivi qualitatif et qu'on apporte de l'amélioration sur le cadre de vie et la qualité de vie.

Vous parlez des problèmes de circulation. En parallèle, la mode des déplacements doux prend de l'ampleur. Est-ce qu'une ville moyenne comme Villefranche pourrait s'y adapter pour désengorger ses voies ?

C'est très difficile. La vraie complexité est de concilier des antagonismes et de partager l'espace public. J'ai toujours dit que je ne croyais pas à une ville entièrement en modes doux et en modes piétons. Je ne crois pas qu'on en ait la taille, la force ou la configuration. C'est une ancienne ville de remparts, avec des rues étroites, si vous y mettez des modes doux, cela voudra dire que vous ne pourrez plus y passer en voiture. Et si vous ne pouvez plus y passer en voiture, vous avez toujours autant de voitures mais avec moins de kilomètres de voieries. C’est-à-dire que vous embolisez la ville. C'est là où il faut vraiment regarder tous les tenants et les aboutissants et sortir des débats de posture et de clivage. A chaque fois que l'on refait une rue, que l'on recrée des axes et que l'on rénove on essaye de penser à des espaces pour le vélo, le piéton et la voiture. Ce n'est pas toujours d'une grande simplicité.

Sur le volet sécurité, Villefranche s'était distinguée par son taux d'élucidation des crimes deux fois supérieur à la moyenne nationale. Une réussite imputée à la vidéo. Comptez-vous amplifier le dispositif ?

Déjà ce sont les forces de sécurité qui se sont illustrées pour atteindre ces chiffres. Pour ce qui est des caméras, on en est actuellement à 290 appareils. Notre engagement de campagne était de monter à 360. On sera un peu au-dessus. Je pense au-dessus des 400 d'ici douze à dix-huit mois.

L'élucidation est une chose, mais qu'en est-il du pouvoir du dissuasion du dispositif qui est souvent remis en question ?

Sur ce sujet, je suis toujours très factuel. C'est une vraie demande de nos concitoyens. Je ne fais jamais une réunion de quartier sans qu'on me demande des caméras alors qu'il y a quinze ans, tout le monde en avait peur. Là où je suis également très pragmatique, c'est que, quand je discute avec les forces de l'ordre et les différentes autorités chargées de la sécurité publique – qui n'est pas une de nos compétences, je le rappelle – on me dit que le maillage de vidéoprotection est extrêmement performant et permet non seulement de prévenir, mais aussi d'élucider. C'est un atout considérable sur la sécurité publique. Mais je reste aussi conscient du chemin qu'il nous reste à parcourir et de la nécessité de présence humaine. C'est pour cela que on est d'ailleurs en cours de recrutement de quatre policiers municipaux supplémentaires. C'est un élément important, il ne fait pas tout, mais il y a un vrai consensus entre les habitants qui la réclament et les autorités qui en ont besoin. Pour donner un ordre d'idée, on sera à presque 400 caméras d'ici dix-huit mois alors que sur Lyon, il y en a 377. On a mis beaucoup d'efforts et essayé de faire beaucoup de prévention. On a démultiplié les opérations de rappel à l'ordre, de travaux d'intérêts général ou sur le harcèlement scolaire. Il n'y a pas de solution miracle, mais la mobilisation de tout le monde. J'ai l'impression qu'on progresse, même si je reste très prudent sur ce sujet. Je sais que les attentes sont très fortes et qu'il peut y avoir une différence de ressenti entre les résultats réels et ce que ressentent les gens.

En tant que vice-président de l'Agglo, quel est votre regard de l'ensemble des projets qui vont fleurir dans les mois à venir ?

Je n'ai pas parlé tout à l'heure du renouvellement de Belleroche qui est aussi important. Il y a également Beau parc à Arnas. Ce sont des sujets sur l'agglomération dont je n'ai pas la charge. Comme je le disais tout à l'heure, on a une grande demande d'attractivité économique, on a besoin de créer des espaces pour cela. On peut dire aussi que l'Agglo a décidé de s'emparer d'autres sujets, comme la création de zones, sur le territoire, de plus petite taille pour accueillir des entreprises et créer des emplois. Je salue ce que fait l'Agglo avec beaucoup de volontarisme. Dans le cas de Belleroche, c'est un projet très important, qui va durer des années et qui est très complexe à mener. Mais c'est un projet d'envergure nationale. Il y a quasiment 5 000 habitants à Belleroche, avec une partie importante sur Villefranche. On va mettre le paquet sur les questions scolaires, de protection et de qualité de vie.

Un nouveau collège verra le jour aux portes de Villefranche d'ici 2025, à un emplacement inédit, choisi par le Département et qui fait polémique chez les parents d'élèves du collège Utrillo. Quel est votre regard sur cet équipement en votre qualité de conseiller départemental ?

Je ne veux pas m'exprimer sur des choses qui ne relèvent pas de mes attributions. Le président (NDLR : Christophe Guilloteau) viendra s'exprimer prochainement pour justifier ce choix auprès des contestataires. Moi ce que je peux en dire c'est qu'on a besoin d'un nouveau collège. J'avais pensé effectivement que Villefranche n'était pas le meilleur endroit, parce que si l'on veut faire de la mixité sociale, on a besoin de mixer une partie d'élèves de Villefranche avec d'autres, plus périurbains. On a besoin de dédensifier puisque nous sommes en sureffectif dans nos collèges.

Vous avez été réélu cette année comme conseiller départemental en qualité de vice-président en charge des solidarités, de l'autonomie et de la santé. On voit que le secteur manifeste sa détresse depuis quelques mois. Quelle est votre analyse de la situation ?

Le Département cofinance et copilote ce qui a trait au médico-social dans le domaine du handicap et des personnes âgées. Là aussi c'est un sujet complexe en raison du Ségur de la santé qui pose de vrais problèmes sur un certain nombre de structures. C'est une vraie difficulté. On a sollicité l'Etat pour essayer de relancer un dialogue sur cette question parce que, finalement, en revalorisant d'un côté – et chacun pense ce qu'il veut du curseur de revalorisation – ça crée un problème vis-à-vis des autres personnes qui travaillent dans ces établissements et qui n'ont pas cette revalorisation. On constate un exode de personnels dans ces structures. C'était déjà un secteur qui était tendu en termes de recrutements de personnels et sur des questions juridiques.

Nous abordons une année qui sera marquée par une élection présidentielle. En tant que maire d'une ville moyenne, qu'attendez-vous des débats et du (de la) futur(e) président(e) de la République ?

Ce que j'attends fermement c'est un débat où chacun peut défendre son opinion dans un climat qui soit apaisé, qu'on retrouve le sens de la contradiction, du respect de l'argument contraire et qu'on ait une campagne démocratique, partagée et saine. Ensuite les Français choisiront, c'est leur rôle et c'est très bien comme ça. En tant que maire, ça a toujours un enjeu important, en fonction des gens qui sont élus, cela peut avoir des modifications sur les relations entre l'Etat et les collectivités locales. On a vu pendant la crise que c'est nous qui nous retrouvons au contact des gens. Ça fait des décennies qu'on nous parle de décentralisation et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle pas complètement aboutie. Je regarderai donc avec attention ce que disent les candidats à ce sujet.

Ce dialogue entre l'Etat et les collectivités est-il suffisant à l'heure actuelle ?

J'ai de bonnes relations avec les sous-préfets qui se sont succédé ici. On a toujours réussi à travailler au niveau local. Après on a un mot décentralisation qui est en permanence dans toutes les bouches, mais qui dans la réalité n'est pas abouti et opérationnel. Je pense que c'est un enjeu important dans les années à venir de clarifier le rôle des collectivités locales. On fait souvent un peu les pompiers de service sur des domaines où nous avons peu de leviers. Vu qu'on est au bout de la chaîne, on est souvent le seul interlocuteur des habitants.

Sur quels types de sujets vous retrouvez-vous, par défaut, en première ligne ?

Regardez pendant la crise du Covid. Les gens interpellent leur maire. C'est normal, c'est notre rôle de proximité. Mais 50 % du temps on nous interroge sur des sujets sur lesquels on n'a aucun pouvoir d'action, et parfois même aucune information ! Comment on conçoit le rôle régalien de l'Etat d'un côté et le rôle de décentralisation à travers les collectivités locales au niveau territorial ? C'est une chose qu'on n'a jamais complètement tranché dans notre pays. C'est une sensation mais je crois qu'elle est partagée par beaucoup de maires.

Un mot de sport et de football pour finir : si jamais le Football club Villefranche Beaujolais finit par monter en Ligue 2 à l'issue de la saison, la Ville sera-t-elle en capacité d'accompagner cette réussite sportive à travers la mise aux normes du stade ?

Sur notre volonté, il n'y a pas d'ambiguïté. On est une ville moyenne, de taille moyenne et l'enjeu, c'est d'être attractifs, dynamiques, d'avoir une identité et de rayonner. Pour ça, les politiques culturelles et le sport sont des leviers. Dès cette année, nous avons voté en conseil municipal la mise aux normes de l'éclairage public à Armand Chouffet. On travaille depuis des mois sur l'organisation spatiale du complexe sportif. Il y a plusieurs grands enjeux : l'éclairage, la gestion des flux séparés, à savoir les visiteurs, domiciles, officiels, presse et joueurs, mais aussi la sécurité à travers la vidéoprotection et la création d'un PC sécurité. Il y a un certain nombre de contraintes sur site, à la fois spatiales et d'inondabilité à cause du Nizerand qui coule juste à côté. On a une rencontre fin janvier avec la Fédération et la Ligue pour leur proposer à nouveau un plan d'aménagement basé sur les précédentes rencontres qu'on a eues. On a déjà consulté pour l'éclairage et la vidéoprotection. Cette dernière ne servira pas qu'au foot mais aussi à l'ensemble du complexe. Les gens qui viennent y courir ou se promener en bénéficient également. La question la plus complexe que l'on doit traiter avec les instances du football français, c'est celle de la gestion des flux. Les gens pensent toujours que c'est une question de capacité d'accueil, mais pas du tout. Il n'y a aucune norme sur la quantité de public à accueillir. La question est de savoir si le plan qu'on leur proposera correspond. Et surtout, s'il est validé, si nous avons le temps de tout mettre en place pour les délais si jamais l'équipe montait. Encore une fois notre rôle est de travaille en parallèle. Il ne faut jamais présager des choses. Je souhaite de toutes mes forces que le club monte en Ligue 2. Ce serait une grande chance pour la ville, comme je souhaite que d'autres clubs locaux puissent progresser. Mais il reste plus d'une demi-saison. Je ne voudrais pas leur porter malchance en tirant des plans sur la comète. Mais on y travaille activement en lien étroit avec le club et avec les instances du football.

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