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Prison de Villefranche : nouveau blocage des surveillants

Les agents de la maison d'arrêt ont à nouveau bloqué l'accès à l'établissement ce matin.
Prison de Villefranche : nouveau blocage des surveillants
Tony FONTENEAU - Dès 6h, des barrages de pneus ont été positionnés devant l'entrée de la maison d'arrêt.

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Le mouvement dure mais la colère reste. Depuis plusieurs jours, les surveillants de prison de l'Hexagone se mobilisent face à la violence quotidienne à laquelle ils font face. Le point de départ ? L'agression de trois d'entre eux à Vendin-le-Veuil, poignardés par un détenu djihadiste.

A Villefranche, plusieurs dizaines d'agents ont bloqué l'accès à la maison d'arrêt dès 6 h du matin, comme ils l'avaient déjà fait ce lundi. "Mais cette fois-ci, ça s'est moins bien passé, explique le secrétaire local du syndicat Ufap. Les pompiers (NDLR : présents pour éteindre le feu mis aux barricades de pneus) ont trouvé le moyen d'arroser un collègue."

"Et le directeur a menacé de sanctionner ceux qui souhaitaient continuer le mouvement. Forcément, ça crée un climat de tension. On a l'impression qu'il y a des directives afin de mettre la pression sur les agents, avec un appel nominatif." La direction, contactée, n'a pour le moment par répondu à nos demandes.

Les surveillants caladois, "également victimes de violence", dénoncent toujours leurs conditions de travail. "Nous voulons plus de moyens humains, matériels et coercitifs pour répondre à la violence de certains détenus, explique Matthieu Pérez, délégué régional du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS). La législation ne permet pas aujourd'hui de pouvoir contraindre certains détenus. On veut des sanctions plus fermes. Et des structures capables d'accueillir des détenus radicalisés, avec des moyens conséquents. A Villefranche, on en accueille alors qu'on n'a pas ce qu'il faut pour."

Le représentant de l'Ufap estime qu'il manque "au moins une vingtaine de surveillants pour travailler dans des conditions correctes ici" (NDLR : ils sont actuellement 90 environ). "Et surtout il faut d'autres façons de travailler avec les détenus radicalisés et dangereux. Aujourd'hui on ne les a pas", indique le représentant du SPS.

Peu avant 8h du matin, la police est intervenue pour déloger les derniers surveillants qui bloquaient toujours l'entrée.

A Paris, des représentants syndicaux sont actuellement reçus par la ministre de la Justice Nicole Belloubet afin de demander plus de moyens et une revalorisation salariale. "Si on n'est pas écoutés, le mouvement continuera."

T.F.

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