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Polluées, les terres du ruisseau d'Alix et ses rives seront retirées

Le Département du Rhône devra dépenser entre 1 et 1,2 millions d’euros pour dépolluer le ruisseau d’Alix tout en évacuant les terres de remblais et les faire traiter, soit 4 200 t.
La pollution a touché les terres du ruisseau d'Alix depuis les années 1980, dégradant leur qualité au fil des ans;
© Martine BLANCHON - La pollution a touché les terres du ruisseau d'Alix depuis les années 1980, dégradant leur qualité au fil des ans;

BEAUJOLAISPierres dorées Publié le ,

Le village d’Alix est traversé par la route départementale (RD) 76 et le ruisseau d’Alix. Dans les années 1980, les services de l’État, pour répondre au flux routier qui va en augmentant, souhaitent élargir la route au niveau de l’entrée Nord de la commune, à l’intersection de la R76 avec la route des Bruyères. Il crée aussi un chemin piétonnier. Des remblais provenant des mines du village voisin de Chessy sont utilisés.

Au fil du temps, certains habitants observent un changement au niveau de la flore et de la faune sur les rives du ruisseau qui longent la route. "La végétation poussait moins bien, sa couleur était modifiée... ", explique Annie Umhauer, une habitante de la commune qui a été élue au conseil municipal de 1983 à 2008 et adjointe au maire de 1995 à 2008. "

Ces modifications de l’environnement étaient observées, elles intriguaient, on en parlait. Mais pas plus que ça", rapporte le maire actuel, Pascal Lebrun, arrivé à Alix en 2006, élu au conseil municipal en 2008 et maire depuis 2014 donc.

Alertés, les services de l’État avaient fait le choix de bâcher ces remblais chargés de métaux. Cuivre, cadmium et zinc se dissolvaient et s’écoulaient dans l’eau du ruisseau lors de pluies et/ou d’orages. Annie Umhauer, habitante d'Alix depuis 1974 et propriétaire du restaurant renommé Le Vieux Moulin, s’inquiétait, peut-être plus que d’autres, et déclare avoir lancé de nombreuses alertes.

Son ex-établissement, qu’elle a difficilement vendu en 2021, est situé non loin du cours d’eau et elle observait, particulièrement à partir de 2016, une évolution surprenante de la situation. Elle déclare avoir interpelé le syndicat mixte de la basse Vallée d’Azergues (SMBVA).

Des analyses de l’eau et des sédiments ont alors été réalisées et les taux de métaux trouvés dépassaient les taux de référence. "J’étais concernée personnellement. Mon mari souffre d’un cancer du rein. Cela peut-il être imputable à cette eau qu’il a beaucoup utilisée ? Rien n’est impossible", dit-elle. À ses dires, ses alertes n’ont pas été entendues à temps.

Pascal Lebrun, interpelé sur le sujet, nous confirme que la situation, à l’époque, avait engendré des réactions. "Mais on ne se posait pas les mêmes questions qu’aujourd’hui sur le sujet. Tout le monde savait sans en prendre la mesure. Durant de nombreuses années, la sensibilisation de la population à l’environnement n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui", assure le maire. Pourtant, Annie Umhauer lui son laxisme et son manque de réactivité.

En 2021, Pascal Lebrun, par ailleurs vice-président à la communauté de communes Beaujolais Pierres Dorées (CCBPD), délégué au Pôle Environnement et Habitat, prend un arrêté réduisant l’utilisation des eaux de surface du ruisseau et de l’étang et réglementant la pâture des animaux, entre autres.
Une réunion publique a notamment eu lieu le 5 juillet 2021 pour expliquer la situation et la restriction des usages.

"Un chantier dans les meilleurs délais"

Aujourd’hui, le maire qui "ne veut pas polémiquer" sur le ce sujet, se déclare satisfait de la prise en charge de cette situation par le Département, cette pollution provenant d’un problème de voirie, compétence de ce dernier. Annie Umhauer est justement satisfaite de voir que "ses interventions ont enfin servi et qu’elles ont fait bouger".

Un chantier considérable qui se déroulera " dans les meilleurs délais", assure Martine Publié, conseillère départementale du canton du Bois d’Oingt dont dépend Alix. Les investigations, nécessaires au traitement efficace de ce problème environnemental, dans les meilleurs délais, ont été lancées. Diverses solutions ont été étudiées dont celle de remettre une bâche.

Mais c’est la solution, considérée comme la plus fiable, de retirer toutes les terres souillées, soit environ 4 200 t, qui est retenue. "L’ampleur du chantier impose de poursuivre les études engagées pour mieux cerner l’origine du problème. De nouvelles analyses sont en cours et des résultats attendus prochainement. Nous espérons une réelle avancée en 2023", enchaîne-t-elle.

"À l'automne, des travaux devraient être notifiés et des restrictions de circulation mises en place" précisent les services du Département. Des travaux qui pourraient avoisiner le million d’euros et même plus, pour retirer donc les remblais, mais aussi les traiter pour les décontaminer, sans parler du transport...

"On est responsable de la qualité de l’eau sur le bassin versant de l’Azergues. Je ne peux pas laisser polluer, réagit également Christian Gallet, maire de Lozanne et président du SMBVA. Quant à mettre la main au porte-monnaie, nous le ferons à la hauteur de nos moyens". L’aval du ruisseau, en direction de Chatillon, sera aussi à suivre, même si les concentrations sont bien différentes que celles dans le village d’Alix.

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