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Périco Légasse : "Le beaujolais nouveau, un instant bacchique exceptionnel"

Ce dimanche, le célèbre journaliste gastronomique sera présent au salon Des Livres en Beaujolais, à Arnas. L'occasion pour ce fondu de beaujolais de réitérer son engagement pour la région et le fruit de sa vigne.
Périco Légasse : "Le beaujolais nouveau, un instant bacchique exceptionnel"
Jean-Jacques DUVAL

BEAUJOLAISA la une Publié le ,

Pourquoi cet attachement si fort au Beaujolais ?

C'est une très belle région, dans laquelle on produit un vin emblématique dont la fierté se cultive dans le partage et la convivialité. Ce que j'aime par-dessus tout dans le beaujolais, c'est son côté populaire. C'est un vin de plaisir, que tout le monde peut apprécier. C'est le vin de l'initiation à la culture française, et le seul que l'on peut boire "à seau" en se donnant du bonheur. Je me rappelle encore ma toute première gorgée : une cuvée Louis Tête de 1976, un bonheur qui m'a traversé le corps. Si j'avais bu autre chose, est-ce que cela aurait déclenché en moi cette passion du vin ? Cette question me taraude encore…

Un mot plus spécifique sur le beaujolais nouveau ?

C'est un événement majeur, un instant fondamental dans la vie d'un amateur. Pour moi, le vin n'est jamais aussi vrai que quand il sort du pressoir. Boire le jus de la vigne avec toute sa fraîcheur constitue à mes yeux un instant bacchique exceptionnel… et que je reproduis chaque fois que je le peux en venant trinquer et célébrer ! Comme cette année, au salon Des Livres en Beaujolais.

Salon dont vous êtes le parrain cette année. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

Mes attaches au Beaujolais me poussent à m'associer à des tas d'événements culturels, parmi lesquels le salon du livre, où je me rends régulièrement. Pour moi, c'est une occasion supplémentaire de parler de ce patrimoine merveilleux et de continuer à le défendre.

Je me bats pour que ce vin conserve son âme, sa spécificité.

Y a-t-il encore trop d'idées reçues sur le beaujolais ?

Certainement. J'ai connu l'époque de la gloire du beaujolais ; quand j'avais 15 ou 16 ans, le "nouveau" battait son plein. Puis, j'ai assisté à la dégradation de son image, l'anathème a été très violent. En tant que journaliste du vin, amoureux de tous les terroirs et tous les territoires, je trouvais inadmissible de traîner cette région dans la boue. C'est pourquoi nous avons notamment décidé, avec Bernard Pivot, de fonder le Comité de défense du beaujolais.

Parmi vos combats, le souhait de réintroduire le beaujolais sur les tables lyonnaises. L'objet du débat que vous animerez avec Jean-François Mesplède, ancien directeur du Guide Michelin, samedi 20 novembre…

Rien ne vaut un vin qui soit en accord avec un produit du même terroir. Or, à l'époque, beaucoup de restaurateurs ne voulaient plus entendre parler du beaujolais, y compris même d'un morgon ou d'un juliénas. Le vin devait selon eux avoir de la structure, de la mâche, de la longueur… Mais le gamay n'est pas fait pour ça ! Moi, je me bats pour que ce cépage conserve son âme, sa spécificité. D'autant que, boire partout le même vin d'une année sur l'autre, cela s'appelle de l'uniformisation. Les bouteilles de la région reviennent tout doucement à Lyon, mais ça n'est pas suffisant aujourd'hui. Il faut réévangéliser le pays avec le beaujolais, un instant de culture française unique qui mérite d'être préservé et partagé.

Le plus important ? Que le vin corresponde à ce qui est indiqué sur l'étiquette

Quel est le rôle, selon vous, de la culture biologique pour l'image du beaujolais ?

Il est évident que le respect de l'agriculture biologique participe à cette notion d'authenticité. Pour autant, comme toute belle idée, cette démarche peut être récupérée par certains qui en font quelque chose de dogmatique. Je suis pour ma part convaincu qu'il faut faire les choses comme il faut. Que le vin soit juste et qu'il corresponde à ce qui est indiqué sur l'étiquette. Le bio c'est bien, à condition que la démarche soit maîtrisée, avec bon sens et raison. Autrement dit, il faut trouver le juste équilibre. Le bio est une trop belle cause pour qu'on prenne le risque de la gâcher.

Dimanche 21 novembre, vous présenterez certains de vos ouvrages au public : "A table citoyens !", "Du panier à l'assiette"… Qu'en est-il de votre prochain livre*, attendu pour le printemps ?

Dans cet ouvrage, illustré des photos de Jean-Jacques Duval, j'ai choisi de fusionner les concepts de terroir et de territoire. J'explique que le beaujolais ne serait rien sans le Beaujolais, et inversement. Ce livre est aussi le fruit des rencontres que j'ai pu faire tout au long de ces 30 dernières années : restaurateurs, agriculteurs, artisans de bouche, de la vigne, de la pierre… Sa sortie a été retardée à cause du Covid, mais j'ai bon espoir qu'il soit présenté au printemps 2022, possiblement à l'occasion de Bienvenue en Beaujonomie.

Propos recueillis par Charlotte Robert

* "Le Beaujolais de Périco Légasse" aux Editions du Poutan

Deux rendez-vous avec Périco Légasse

Samedi 20 novembre : débat sur le thème "Lyon, le beaujolais, la gastronomie" en compagnie de Jean-François Mesplède. A 20 heures en salle des mariages de la mairie d'Arnas.

Dimanche 21 novembre : salon Des Livres en Beaujolais, de 10 h à 18 h à la salle Renoir. Plusieurs temps forts avec, à 11 h 20, la fresque réalisée par Lucie Albon ; à 11 h 40, le Prix des bibliothécaires du Beaujolais ; à 12 h, l'apéritif musical ; et de 14 h à 16 h, les rencontres avec les auteurs.

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