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Paysage du Beaujolais : quel avenir, quels projets ?

Le CAUE* du Rhône a réuni récemment des acteurs du monde viticole, associatif et des élus pour débattre de cette question. En effet, lorsque l'on parcourt le Beaujolais on peut observer une mutation des paysages due à l'arrachage des vignes qui a commencé il y a une petite dizaine d'années avec un boom cinq ans après.

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Le CAUE* du Rhône a réuni récemment des acteurs du monde viticole, associatif et des élus pour débattre de cette question.
En effet, lorsque l'on parcourt le Beaujolais on peut observer une mutation des paysages due à l'arrachage des vignes qui a commencé il y a une petite dizaine d'années avec un boom cinq ans après.
La prime à l'arrachage subventionnée par le Conseil général a renforcé cette mutation que certains professionnels du monde viticole ont qualifié de "plan social". Le paysage du Beaujolais aujourd'hui se complexifie, en proie à deux facteurs contradictoires : d'un côté la profession encourage à la diversification des productions et propose un plan pour restructurer le vignoble et d'un autre côté des viticulteurs sont contraints à l'arrachage. Ce qui entraîne l'apparition d'autres cultures que l'on peut voir se profiler dans différentes communes (luzerne par exemple) ou encore la multiplication de terrain en friches.
Ces problèmes de déprise et d'enfrichement posent la question des futures pratiques "paysages" et de futures pratiques culturales.
Le CAUE du Rhône fait remarquer que les paysages du Beaujolais sont aujourd'hui porteurs d'enjeux multiples : écologiques, économiques (valorisation de l'image de marque du territoire et de ses produits), sociaux (cadre de vie, identité locale), culturels et patrimoniaux (fêtes et traditions, identité architecturale). "Tous ces enjeux, auxquels s'ajoute une demande sociétale croissante en termes d'accès à une nature préservée et à des produits de qualité, sont le support de projets collectifs qui placent les vignerons du Beaujolais au cœur du développement durable de leur territoire", analyse le CAUE.
Il y a là un enjeu pour demain, à savoir maintenir des activités liées à la production viticole et parfois agricole lorsque c'est possible.
Le paysage : un bien collectif
C'est pourquoi le CAUE a organisé récemment une journée d'échanges, de conférences et de débats sur le devenir du paysage viticole, en partenariat avec l'Union des Vignerons du Beaujolais et le concours des mairies de Cogny, Denicé et Le Perréon. Vignerons, responsables des institutions publiques, porteurs de projets et professionnels de l'aménagement, responsables associatifs, habitants ont débattu sur le sujet en apportant leurs expériences et leurs questionnements.
Carine Herblin, ingénieur à l'Institut du vin français, spécialiste des paysages viticoles, experte auprès du Ministère de l'agriculture et invitée de cette journée d'échanges, a insisté sur le fait "qu'il faut gérer et guider les évolutions de paysage. La viticulture est concernée surtout qu'ici en Beaujolais l'image est forte et possède une identité reconnue". Elle a fait remarquer que le paysage est considéré comme un bien collectif et il faut à ce titre gérer les conditions d'accès.
"Les enjeux sont économiques et génèrent de l'attractivité œnotouristique, ils sont aussi environnementaux", a-t-elle ajouté. La loi cadre sur la biodiversité qui doit être promulguée cette année a en effet un volet "paysage".
Des actions pour valoriser les paysages
Par ailleurs, plusieurs études paysagères ont été conduites en Beaujolais via l'UVB et l'élaboration du SCOT Beaujolais s'est accompagnée de la rédaction d'une charte paysagère. Le travail se décompose en deux étapes : la réalisation d'un diagnostic paysager viticole et la proposition d'aménagements et de solutions techniques et financières facilement réalisables visant la valorisation, la gestion et la préservation des paysages viticoles afin de favoriser un développement économique harmonieux et équilibré du territoire. Plusieurs axes viennent d'être déterminés comme le paysage de la parcelle, des routes, des caves et domaines et l'identité rurale et viticole du paysage.
La démarche amorcée par le Syndicat mixte du Beaujolais qui étudie la possibilité d'obtenir la labellisation Géoparc décernée par l'UNESCO sera également un atout et une reconnaissance pour la qualité des paysages.
De nombreuses initiatives émergent en Beaujolais pour tenter de remplacer les parcelles arrachées, sauf dans la zone des crus encore épargnée, mais force est de constater qu'il n'y a pas de cultures dominantes et les alternatives naissantes sont pour le moment à titre expérimental.

* CAUE : Conseils d'architecture d'urbanisme et de l'environnement.

Laurence Chopart

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