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Pascal Ronzière : "Être porteur de nouvelles ambitions pour l'Agglo"

le - - VILLEFRANCHE

Pascal Ronzière : "Être porteur de nouvelles ambitions pour l'Agglo"
Photo : Charlotte Robert

La prochaine réunion du conseil communautaire de la Communauté d'agglomération Villefranche Beaujolais Saône (CAVBS) aura lieu jeudi 25 mars. L'occasion de revenir sur les orientations du plan de mandat définies par son président qui prévoit, pour les réaliser, de débloquer un budget d'investissement de 135 M€.

Jeudi 25 février lors du conseil communautaire, vous avez présenté votre stratégie pour l'Agglo. Quelles en sont les grandes lignes ?

Il s'agit d'être porteur de nouvelles ambitions pour la communauté d'agglomération. Nous souhaitons continuer de nous développer tout en maîtrisant ce développement, avec la volonté de rehausser notre niveau d'exigence environnementale, de qualité architecturale, d'intégration des projets et de protection de nos ressources. Pour cela nous proposons d'augmenter notre capacité d'investissement à 135 M€ : 80 M€ dédiés aux budgets eau et assainissement, comprenant notamment la requalification de la station d'épuration de Villefranche, et 55 M€ pour le budget principal, une augmentation de 40 % de la capacité d'investissement. Il s'agit d'un choix volontariste, qui ne remet nullement en cause les grands équilibres financiers. Il faut reconnaître que l'on a une collectivité qui a été bien gérée (NDLR : par son prédécesseur Daniel Faurite). La situation financière est parfaitement saine, ce qui nous permet aujourd'hui de franchir un nouveau cap.

Le territoire résiste donc bien à la crise sanitaire ?

Plutôt bien par rapport à d'autres. Bien sûr, il faut prendre les choses avec prudence : des gens sont en difficulté, des professions rencontrent des problématiques majeures… Cependant, la diversité de notre tissu industriel et artisanal permet de grandement limiter les impacts de la crise. On sait qu'il va y avoir des effets décalés, que 2021 et 2022 vont être des années un peu compliquées. Mais notre épargne va remonter à partir de 2023. Et ces impacts sur les deux ans qui viennent, on peut les compenser.

Concrètement, quels sont vos projets ?

Il s'agit de consolider notre tissu industriel, artisanal, commerçant, agricole et viticole pour s'affirmer comme un territoire d'équilibres, accueil des habitants mais aussi des activités économiques. C'est pourquoi nous avons décidé d'étendre Créacité, notre pépinière d'entreprise située à Villefranche, et d'implanter une école de production autour de la mécanique qui pourrait ouvrir dès la rentrée. Nous allons aussi créer notre parc d'activités de l'Île Porte, à Arnas, que nous souhaiterions faire évoluer vers un écoparc, et engager la requalification, par phases, du secteur de la gare. Nous envisageons aussi la construction d'un équipement pour la petite enfance dans le nord du territoire, la poursuite de la rénovation urbaine du quartier Belleroche, à Villefranche, l'extension du cimetière paysager… Sans oublier la requalification des Grands moulins Seigle, à Gleizé, pour accueillir des artisans, mais aussi des acteurs de la vie culturelle. En parallèle, il s'agira de définir notre schéma directeur de transition énergétique et de montrer l'exemple en engageant la rénovation des locaux de la Chambre de commerce, que l'on a acquis pour le futur siège de la CAVBS.

Quels sont, selon vous, les principaux atouts de l'Agglo ?

Notre richesse, c'est avant tout celle de son territoire, organisé autour d'une ville centre, qui rassemble plus de la moitié de la population, mais aussi d'un réseau de communes rurales qui constitue tout autant son identité. On est sur un territoire qui vit, qui est dynamique. Et puis nous avons la Saône, trait d'union autour duquel il est possible d'innover. Pourquoi ne pas expérimenter des déplacements par navette fluviale, en lien avec le Sytral (NDLR : Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l'agglomération lyonnaise) ? Mettre en place des déchetteries flottantes, permettant d'évacuer les déchets directement par le fleuve ? Des réflexions sont menées sur ces sujets. L'idée, c'est d'avoir une vision transverse entre les activités économiques, les mobilités, les aménagements urbains…

"La co-construction est essentielle : on confronte les points de vue, on s'enrichit mutuellement et on avance ensemble"

Comment se passent vos relations avec les dix-huit communes de l'Agglo ?

Les rapports sont bien sûr étroits avec Villefranche. Je suis adjoint au maire Thomas Ravier et nous avons une stratégie cohérente et coordonnée. Mais il n'y a pas que Villefranche qui définit la stratégie de l'Agglo. Certains maires de communes rurales ont des responsabilités majeures. Par exemple, le maire de Saint-Cyr-le-Chatoux, 103 habitants, est le vice-président en charge de l'eau et de l'assainissement, notre premier budget. Plutôt qu'un catalogue de projets, j'ai souhaité que l'on définisse vraiment des orientations stratégiques, en dépassant les logiques communales mais en tenant compte aussi des besoins de chacun. D'où l'importance de la co-construction : on confronte les points de vue, on s'enrichit mutuellement et on avance ensemble.

La co-construction, c'est le "style" Ronzière ?

Absolument. Une de mes grandes satisfactions, c'est d'avoir réussi à créer un collectif, à instaurer une ambiance de travail respectueuse qui dépasse les problématiques "urbain/rural". Il faut dire que nous avons eu un renouvellement important, avec neuf nouveaux maires sur dix-huit, ce qui a favorisé cette démarche. De mon côté, j'essaie d'amener de nouvelles méthodes de travail, avec mon expérience de l'entreprise, puisque cela fait plus de vingt ans que je travaille dans l'industrie de la santé. J'ai toujours essayé de concilier un engagement professionnel et politique. Bien sûr, il ne s'agit pas de calquer ce que l'on fait dans une entreprise dans une collectivité territoriale, mais on peut s'inspirer de méthodes entrepreneuriales pour les mettre en œuvre dans la collectivité. On n'est pas dans un fonctionnement vertical, mais bien dans un collectif.

Qui concerne aussi les communautés de communes voisines ?

Bien sûr. Je suis aussi président du Syndicat mixte du Beaujolais, qui réunit les quatre intercommunalités du Beaujolais, ce qui facilite les choses. On a la volonté de travailler ensemble, notamment avec nos deux territoires voisins, Communauté de communes Saône Beaujolais et Communauté de communes Beaujolais Pierres dorées. Mobilité, tourisme, viticulture… ces sujets peuvent faire l'objet de coopérations renforcées. Notre souhait, c'est aussi d'aller du côté de Trévoux : les problèmes ne s'arrêtent pas aux frontières administratives.

"Nous n'avons pas vocation à devenir une zone résidentielle de la métropole de Lyon"

Vous êtes aussi les voisins de la Métropole de Lyon. Quels sont vos rapports avec elle ?

On nous présente souvent la métropolisation comme quelque chose d'inéluctable, mais nous n'avons pas vocation à devenir une zone résidentielle de la métropole. Tout en accueillant de nouveaux habitants, on continue de développer des activités économiques pour garder un équilibre, c'est tout l'axe stratégique. Cela ne signifie pas pour autant que nous sommes en guerre avec la métropole de Lyon. Je pense qu'il faut que l'on réinvente nos relations avec elle, sa proximité peut être un atout. Je siège au Sytral, dont Bruno Bernard est président. Nous sommes amenés à travailler ensemble sur les problématiques de transport et de mobilité. Pour l'instant, il n'y a pas de traduction concrète, mais cela fait partie des choses que l'on pourra étudier.

Vous vous êtes présenté trois fois aux élections municipales de Villefranche (2001, 2008 et 2014), avant d'accéder finalement à la présidence de l'Agglo en 2020. Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Les échecs, c'est toujours formateur. Cela ne m'a pas découragé. Je me suis présenté, car j'avais un certain nombre de désaccords sur la façon dont devait se développer ce territoire. Le fait d'avoir été dans l'opposition m'a amené à beaucoup travailler sur les dossiers, c'est extrêmement formateur. Il ne faut jamais abandonner le combat, à partir du moment où l'on pense que ce que l'on défend est juste, et c'est ce que j'ai fait pendant toutes ces années.

Pascal Ronzière en quelques dates

1972 Naissance à Belley, dans l'Ain

1998 Elu conseiller régional

1999 Début de sa carrière dans l'industrie de la santé

2001 Première candidature aux élections municipales de Villefranche

2020 Elu président de la Communauté d'agglomération Villefranche Beaujolais Saône




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