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Nuits de Fourvière : The Shoes, la déflagration

le - - Côté spectacles

Nuits de Fourvière : The Shoes, la déflagration
The Shoes sur la grande scène à Fourvière.

Objet musical non identifié sur la scène du théâtre antique lyonnais.

Plutôt que d'essayer de prendre The Shoes par le bon pied, autant accepter d'emblée de trébucher avec le duo Rémois, magnifique lundi soir dans le théâtre antique de Fourvière.

Touche-à-tout, inventif, délicieusement contemporain et pourquoi pas subversif, The Shoes repousse sur la grande scène les limites au-delà d'une électro-pop bien cadrée, dans la foulée du superbe et tortueux album "Chemicals".

Mélangez un travail de vidéo et de graphisme souvent génialissime, de méchantes basses et de frissonnantes envolées, secouez et laissez le tout exploser. D'un tribute à The Cure (le mythique "A forest") à la voix chaude et samplée de Rihanna, un foisonnement et une esthétique made in The Shoes.

POULET GEANT, POULET MECHANT ?

Jusqu'à ce poulet de deux mètres (un faux, on vous rassure) qui fait irruption sur scène. La bestiole danse sur des riffs agressifs tandis qu'une vidéo dénonce avec force et subtilité les souffrances animales.

The Shoes fait aussi passer des messages et des images. Et sans surprise, met tout le monde d'accord (et debout) sur le frénétique Time to Dance. En une heure tout rond, pari gagné pour une des programmations indés parmi les plus attendues des Nuits de Fourvière version 2016.

RONE ENVOIE DU SON

A peine le temps de se remettre et voilà que Rone, de son vrai nom Erwan Castex, prend à son tour possession d'un théâtre antique à la mesure de son talent.

Un trio de cordes, des machines distillant vagues planantes entrecoupées de basses dansantes, la recette fonctionne. Le public se trémousse dans la fosse comme dans les gradins. Pas mal pour un lundi soir.

Jusqu'à un dernier morceau où les regards se posent sur l'artiste à l'œuvre derrière ses machines. Fluidité et maîtrise pour ce maître du son dont le nom circule un peu partout sur la planète, aux Etats-Unis notamment.

Le genre de bidouilleur né à qui ses parents devaient sans cesse répéter de sortir de sa chambre. Il a bien fait d'y rester. La nuit lui va si bien.

Julien VERCHERE




Julien VERCHERE
Journaliste

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