AccueilACTUALITESTerritoiresNatura 2000 : quel avenir pour les deux zones situées dans le Beaujolais ?

Natura 2000 : quel avenir pour les deux zones situées dans le Beaujolais ?

Natura 2000 n’aura plus de subventions de la Région, suite à la décision par l’exécutif régional de couper celles dont il était destinataire. Une décision qui inquiète certains élus du territoire.
En 2021, 44 tritons alpestres ont été observés dans quatre mares de la zone Natura 2000 prairies humides et forêts alluviales du Val de Saône Aval.
©DR - En 2021, 44 tritons alpestres ont été observés dans quatre mares de la zone Natura 2000 prairies humides et forêts alluviales du Val de Saône Aval.

ACTUALITESTerritoires Publié le , Julien Thibert, Simon Alves, Zoé Besle

La décision de ne plus subventionner les zones Natura 2000 de la Région, même si elle date de mars dernier, a fait l’actualité au cœur de l’été marqué par la canicule et une sécheresse qui durent. Plus précisément, l’exécutif régional piloté par Laurent Wauquiez a choisi d’allouer entièrement le montant des crédits Feader (493,6 M€), destinés globalement au monde rural au secteur spécifique de l’agriculture.

La Région avance deux raisons. La première est financière, avec la diminution de ces fonds européens de 20 % sur la période de programmation 2023-2027 et la deuxième plus politique ; Laurent Wauquiez aurait sous-entendu, dans un échange qu’ont pu se procurer nos confrères Reporterre, que ces subventions pouvaient nourrir l’action écologiste sur le terrain.

La lecture politique peut être poursuivie lorsqu’on sait que les communautés des chasseurs et des agriculteurs sont les premiers opposants à ces zones naturelles protégées ; et représentent un vivier électoral non négligeable.

Mises en place en 1992, les zones Natura 2000 répondent à une politique européenne de conservation de la nature (faune et flore) pour in fine, enrayer l’érosion de la biodiversité. En Auvergne-Rhône-Alpes, le réseau Natura 2000 couvre 13,3 % du territoire régional (938 450 ha), compte 260 sites et représente environ 150 emplois à temps plein.

Dominique Despras : "Je trouve ça dommageable"

Le Beaujolais ne compte que deux sites classés Natura 2000. Et parmi ceux-là, on compte les mines de Vallossières, dans les monts du Beaujolais à Claveisolles.

Réparti sur deux hectares, ce complexe de galeries abandonné depuis 50 ans abrite régulièrement en hiver onze espèces de chauve-souris, dont six sont d'intérêt communautaire, et de manière générale dix-sept espèces. "Ces mammifères utilisent ce site pour hiberner pendant la saison froide, mais aussi comme gîte nocturne en toute saison et plus particulièrement en période de transit", précise le formulaire standard de données de Natura 2000. Il s'agit tout simplement du plus important site d'hibernation du Rhône.

Le site avait été classé en 2001 avec comme objectif son maintien au calme pour ne pas déranger les animaux, mais également préserver et restaurer l'accès des galeries aux chauve-souris, sans oublier la sensibilisation pour les scolaires.

Face à l'abandon de la Région, le maire de Claveisolles, Dominique Despras, se dit "inquiet". Selon lui, sans financements, la commune ne pourra pas abonder pour entretenir le site, ce qui représente une dizaine de milliers d'euros à l'année.

Mais par-delà les mines, l'édile, qui a également été président de la chambre d'agriculture entre fin 2021 et mi 2022, craint pour "d'autres programmes importants" qui seront impactés. "Quand ça a été annoncé, ça a été validé par tous les présidents des chambres d'agriculture. J'étais le seul à ne pas être d'accord. Ces zones peuvent aussi permettre de s'adapter au changement climatique et d'aller chercher des financements. Je trouve ça dommageable", reproche-t-il. Il regrette notamment que cette mesure favorise les "grands céréaliers" au détriment du "petit producteur de chèvres".

Pour la CCSB, "Il faut absolument trouver un moyen de préserver les zones Natura 2000"

Au sein de la communauté de commune Saône Beaujolais, l'annonce de la suspension des subventions des zones Natura 2000 par le président de la Région suscite de l'inquiétude "C'est une question très politique, j'espère que la région va réviser une partie de son jugement, témoigne Frédéric Pronchéry, vice-président au développement durable et à la piscine. Le financement est assuré par l'état pour 2023, le système n'est donc pas encore perturbé".

Pour l'élu, " Il n'y aucun problème avec le fait que des sommes aillent aux agriculteurs, mais les zones Natura 2000 sont classées pour leur intérêt exceptionnel et plutôt rarissime, avec une biodiversité qui est en voie de disparition. Il faut absolument trouver un moyen de les préserver". Dans la zone prairies humides et forêts alluviales du Val de Saône Aval, on retrouve notamment plusieurs espèces d'amphibiens. Un inventaire réalisé en 2021 pour comparer leur population entre cette année et 2017 actait ainsi la présence de tritons alpestres, palmés, de grenouilles agiles et de crapauds communs dans plusieurs mares de la zone.

©DR L'Île de Montmerle, à Monterle-sur-Saône, fait partie de la zone Natura 2000 du Val de Saône aval.

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