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Municipales à Villefranche : une journée de vote sous le signe du coronavirus

En Calade, les bureaux de vote ont ouvert dans une ambiance un brin surréaliste. Récit de ce début de journée électorale pas comme les autres.
Municipales à Villefranche : une journée de vote sous le signe du coronavirus

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8 h 10, place du Promenoir à Villefranche. Le bureau de vote installé dans le gymnase de l'école Jean-Monnet vient d'ouvrir ses portes. Sitôt la grille de l'établissement franchie, un assesseur accueille les votants. "Merci d'aller vous lavez les mains avant d'entrer", intime-t-il. Un cheminement a été tracé afin de répondre aux impératifs sanitaires.

A l'intérieur, une dizaine de personnes patientent avant de pouvoir accomplir leur devoir civique, respectant les marquages au sol matérialisant le mètre d'écart nécessaire entre chaque individu.

CHACUN SON STYLO

Chacun évite de toucher avec les mains le rideau de l'isoloir, présente sa carte d'identité de loin, glisse le bulletin dans l'urne avant de signer, le plus souvent avec son propre stylo à encre noire. Reste encore à se laver les mains avec du gel hydroalcoolique mis à disposition avant de sortir.

En Calade, certains assesseurs ont fait faux bond. "L'un d'eux se trouve actuellement bloqué au Maroc, sans solution pour rentrer dans l'Hexagone. Un deuxième, âgé de 80 ans, a préféré décliner au dernier moment par précaution face au coronavirus", explique une élue en charge du bureau de l'école Jean-Monnet.

Mais il demeure assez de volontaires pour que le vote se déroule dans de bonnes conditions. "Pas de souci, pour les municipales, on trouve toujours plus de monde que pour les Européennes", sourit-elle, incitant une personne âgée à passer avant les autres, comme le rend possible cette drôle de situation. "Non merci, au moins ça me permet de voir des gens, même pas longtemps", répond la vieille dame.

LA MENACE DE L'ABSTENTION

En ce dimanche ensoleillé, c'est aussi une épidémie d'abstention qui risque d'apparaître. "Sortez le moins possible de chez vous", "Vous pouvez voter sans crainte", les derniers messages du gouvernement font figure d'injonctions paradoxales.

Et face à la pandémie et sa dramatisation grandissante, les enjeux locaux paraissent tout à coup bien secondaires. A Villefranche, la campagne avait déjà été aussi courte que terne. Le résultat ne sera-t-il pas le reflet d'une situation faussée, tronquée ?

Et la question ressurgit dans toutes les conversations, dans la rue comme sous les cintres d'un marché couvert encore largement fréquenté ce matin : fallait-il vraiment maintenir le premier tour des élections municipales ?

Julien VERCHÈRE

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