AccueilACTUALITESFaits divers / JusticeMeurtre de Mohamed Abdelhadi : "Le gouvernement s'est condamné lui-même avant d'être condamné"

Meurtre de Mohamed Abdelhadi : "Le gouvernement s'est condamné lui-même avant d'être condamné"

L'affaire du meurtre de Mohamed Abdelhadi a pris un nouveau tournant jeudi 6 octobre. L'État a reconnu devant la Cour européenne des droits de l'homme sa violation de la convention. Une avancée qui devrait permettre de ressaisir la Cour de cassation.
Pour Rachida Abdelhadi, soeur de Mohamed, "C'est un petit pas victorieux après six années de combats face à la justice".
©Facebook À la mémoire de Abdelhadi - Pour Rachida Abdelhadi, soeur de Mohamed, "C'est un petit pas victorieux après six années de combats face à la justice".

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"C'est un aveu assez rare de la part de l'État, a déclaré la sœur de la victime, Rachida Abdelhadi. Le gouvernement s'est condamné lui-même avant d'être condamné".

Jeudi 6 octobre, le verdict est tombé. Près de 21 ans après la disparition de Mohamed Abdelhadi en décembre 2001, la France a reconnu début octobre devant la Cour européenne des droits de l'homme sa violation de l'article 2.6 de la convention. Cela signifie que l'État assume avoir violé l'exigence de la célérité de l'enquête.

"C'est un petit pas victorieux après six années de combats face à la justice", glisse Rachida Abdelhadi. Reconnaissant sa faute, fait rarissime pour un gouvernement et afin de clore définitivement le dossier, l'État a proposé une indemnisation financière de 36 000 € à la famille. Une compensation que les proches de la victime ont refusée.

Pour rappel, les deux assassins avaient avoué quinze ans plus tard, en 2016, le meurtre du jeune homme de 26 ans. L'enquête judiciaire, menée en 2008, avait été égarée. La famille de la victime avait alors saisi la Cour de cassation pour retirer le maintien de la prescription et juger les assassins. Une demande rejetée en 2019 par la justice.

Aujourd'hui qu'en est-il ?

Grâce à la reconnaissance de l'État de cette violation de la Convention européenne des droits de l'homme, la famille va pouvoir demander une commission de réexamen. Celle-ci pourrait permettre de saisir à nouveau la Cour de cassation, afin de réitérer la demande de levée de la prescription des faits. Un chemin encore long pour la famille, qui souhaite cependant aller jusqu'au bout.

"Je suis usée, épuisée par tous ces rouages judiciaires. Mon destin a basculé en 2001, on nous a fait croire pendant quinze ans qu'il était encore en vie. On a déjà attendu 21 ans pour qu'un premier pas arrive. On est prêt à attendre autant de temps pour bénéficier d'un vrai procès, martèle la sœur de Mohamed Abdelhadi. Je ne peux pas dire qu'on tournera la page de cette histoire. Cependant, je ne peux concevoir le fait de continuer ma vie sans que la justice qu'il mérite lui soit rendue", s'attriste-t-elle.

Des paroles fortes que la famille souhaite faire entendre à la justice française. Les deux meurtriers présumés sont actuellement en totale liberté. Une situation que Rachida Abdelhadi déplore : "Ils se baladent dans la nature, ils n'ont aucun contrôlent judiciaire, c'est à glacer le sang. Ces meurtriers doivent être jugés".

Dans ce combat judiciaire qui n'en finit pas d'être tortueux, la famille espère également que cette affaire permettra de faire évoluer la justice en matière de prescription. "C'est un procès pour la société. Si les meurtriers de mon frère ne sont pas condamnés cela veut dire que tous les criminels peuvent bénéficier et abuser du droit de prescription" explique la sœur de Mohamed Abdelhadi.

Selon Me Patrice Spinosi, la commission de réexamen de la Cour de cassation devrait se tenir dans les prochains mois.

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