AccueilSPORTSFCVBMaxime Jasse : "J'aurais bien aimé rejouer à Armand-Chouffet…"

Maxime Jasse : "J'aurais bien aimé rejouer à Armand-Chouffet…"

Aujourd'hui apaisé et toujours ambitieux en Saône-et-Loire, en National 3, l'ancien capitaine du FCVB, qui retrouvera les Caladois en amical ce vendredi à Mâcon, retrace le fil de son attachement à Villefranche, un club ancré en lui.
Maxime Jasse, ici en coupe de France, vit sa seconde saison à Mâcon, sans perdre le plaisir de jouer une montée, avec la N2 en ligne de mire.
DR - Maxime Jasse, ici en coupe de France, vit sa seconde saison à Mâcon, sans perdre le plaisir de jouer une montée, avec la N2 en ligne de mire.

SPORTSFCVB Publié le , RALPH NEPLAZ

Un mercredi vécu comme tous papa qui suit son môme sur les terrains de la région. Maxime Jasse a un œil sur le match de son fils et l'oreille penchée sur sa décennie de présence au FC Villefranche, ce passé qui revient à la surface à chaque fois qu'il s'apprête à affronter les Caladois. Cette fois-ci, ce sera ce vendredi à 16h dans ce stade Pierre Guérin qui est devenu sans seconde maison qui ne lui fera pas oublier celle d'Armand-Chouffet, cependant. Pourquoi de telles retrouvailles ? Le National et la N3 faisant relâche ce week-end, le FCVB du coach Della Maggiore, sur la route du maintien, a besoin de garder une certaine dynamique après sa belle victoire face au Red Star (3-1) tandis que l'UFM de l'entraîneur Romain Paturel a la montée en N2 à aller chercher, en bout de ligne. Pour les uns comme pour les autres, des missions ardues. Avec Maxime Jasse comme témoin de ces parcours-là. Entretien.

Vous allez rejouer contre Villefranche, votre ancien club, ce vendredi à Mâcon en amical. Qu'est-ce que ce match vous procure comme sentiment ?

"J'ai fait le deuil ! (rires). Plus sérieusement, ça ne me fait rien de particulier, rien de spécial. Par contre, j'aurais bien aimé rejouer à Armand-Chouffet. Cet été, lors de notre premier amical contre le FCVB, c'était déjà à Mâcon."

Vous suivez encore leurs matches en National ?

"Pas tous. Mais je les suis via Max Blanc, un ami."

Le National, cette saison, enverra six clubs en N2. Ce n'est pas exactement le championnat que vous avez connu avec le FCVB…

"Tu sais, avant c'était déjà assez compliqué ! Mais là, avec six descentes tu sens que ça ne se livre pas beaucoup, que c'est étriqué. Le vivre c'est vraiment différent. Mais de l'extérieur, tu as vraiment l'impression que c'est un autre championnat par rapport aux autres saisons."

"Je reste attaché à Villefranche"

Villefranche reste sur deux barrages successifs d'accession à la Ligue 2. Quel poids cela peut-il avoir sur la dynamique actuel du club ?

"Pour avoir vécu les premiers barrages contre Niort en 2021, repartir sur d'autres matche de ce type, je pense que ça donne confiance. Finir deux fois troisième du National, ce n'est pas rien. Après, que tu termines 3ème ou 10ème, l'important c'est d'avoir un effectif solide pour jouer la saison suivante. Et aujourd'hui, je les trouve moins armés. Je ne vois pas ça comme quelque-chose de négatif d'avoir loupé la montée en Ligue 2, deux fois de suite. Tu peux garder ton ossature de base. Maintenant, pour les matches que j'ai vus, je trouve qu'ils manquent de poids devant."

La quête d'un bon attaquant, en National, cela a toujours été un sujet épineux…

"Mine de rien, jusqu'ici, tu avais toujours un attaquant qui mettait une petite dizaine de buts quand même à Villefranche comme Robinet. Là, Ba est déjà à six buts et il va surement atteindre la barre des dix réalisations. Mais il a besoin de monde autour de lui, c'est évident. Ils n'ont pas été épargnés par les pépins physiques, devant. Que ce soit Gromat, M'Buyi et ceux qui n'ont pas joué ou presque (Ngom, Guezoui). Le temps passe et je constate que c'est toujours les mêmes soucis."

Face au Red Star (3-1), offensivement, le pari de la jeunesse avec Gromat et Manseri, dans les couloirs a donné un nouvel élan à l'équipe de Della Maggiore. Cela peut-il s'inscrire dans la durée, selon vous ?

"Quand tu fais jouer les jeunes, ce qui est positif, c'est qu'ils ont tout à prouver. La certitude qu'ils vont tout arracher est réelle même si tactiquement ils ont moins d'expérience. Mais au moins, avec eux, tu es sûr qu'il y aura du mouvement. Les Gromat et Manseri, si physiquement ils n'ont plus de pépins, ça peut faire de très bons compléments à Ba, devant. De toutes façons, comme le club ne veut pas recruter dans ce secteur, ils n'ont pas trop le choix."

Ont-ils les armes pour se maintenir ?

"Bien-sûr ! Surtout dans un tel championnat aussi serré. L'expérience est importante. Et entre les Sergio, Nirlo, Taufflieb, Bouet, Flegeau, Renaut Blanc, le vestiaire a de la bouteille. Ils ont les capacités pour se maintenir, je le pense sincèrement. Mais dans le temps, ce sera compliqué parce qu'entre ce que tu ressens ou perçois en février, il y a toujours des différences par rapport à août ou au printemps prochain. Tout va tellement vite. Il suffit d'enchaîner trois victoires et tu te retrouves à quatre ou cinq points du premier relégable et cela peut te permettre de jouer plus relâché et ce sont les autres qui auront, ensuite, la peur au ventre. C'est impossible de trop savoir comment ces situations-là vont se débloquer."

Vous êtes quelques-uns à avoir quitté le club depuis la montée en National en 2018. Quel regard portez-vous sur le FCVB, à distance ?

"Je le regarde avec bienveillance, d'abord ! J'y suis attaché et je leur souhaite le plus grand bien par rapport à tout ce que j'y ai vécu. Mais je trouve qu'il stagne dans la méthode de recrutements et de gestion de l'effectif. Encore une fois, c'est un regard de l'extérieur, ce qui est toujours plus facile quand tu n'es plus dedans. Malgré tout, quand je vois certains coups que d'autres clubs arrivent à faire et que Villefranche, avec ces deux barrages successifs qui peuvent servir de belle vitrine, loupe ces belles occasions, ces opportunités, je me dis qu'en terminant deux fois 3ème en National, il y a quand même moyen d'attirer des joueurs."

"La montée en N2 avec Mâcon ? Ce n'est pas encore fini"

C'est l'amour pour ce club qui vous fait dire ça…

"Je veux le meilleur pour ce club, peu importe ce qui est arrivé. C'est normal d'avoir cette envie-là. Il y a toujours mieux à faire, partout. "

Et aujourd'hui que vous êtes à Mâcon, c'est quel genre de fonctionnement qui domine ?

"(Il coupe sur le ton de l'humour), ici, c'est la Bourgogne ! (rires). Cela ressemble à ce que j'ai connu à Villefranche, il y a dix ans quand je suis revenu. J'espère que ça va prendre la même tournure, réussir à monter au plus haut niveau. L'objectif c'est la N2 la saison prochaine ou l'année suivante. Le club se structure petit à petit au niveau du public, des partenaires, ça prend forme. Et puis il y a un facteur non négligeable, le fait qu'il y ait du monde qui connaissent vraiment le foot. C'est qui peut nous permettre d'aller plus vite dans ce sens-là."

A quoi ressemble la présidence du club avec Alain Griezmann ?

"Il est très présent et très franc auprès de ses joueurs et de son staff. Il dit les choses, droit dans les yeux et c'est très agréable. Quand t'es nul il le dit. Quand t'es bon, aussi. Par contre, il laisse le champ libre au staff. Aujourd'hui, le coach de Mâcon, Romain Paturel, fait son équipe. C'est lui qui recrute. Le président parle de foot très ouvertement mais c'est toujours Romain qui est décisionnaire. C'est plutôt bien. Chacun est à sa place".

Vous êtes de plus en plus entouré par d'autres anciens du FCVB à Mâcon…

"Daniel Gbaguidi (au FCVB de 2015 à 2017) a arrêté mais il était au début du projet à Mâcon.. Quand j'ai quitté Villefranche, l'opportunité de venir ici s'est présentée, je connaissais Romain Paturel. Et là, devant on n'avait pas assez de profondeur et on cherchait un attaquant. Yann Bénédick (au FCVB de 2016 à 2020) a signé. On cherche des soldats et Yann a cette mentalité. Et si ça se trouve, il y en aura d'autres la saison prochaine ! (rires)…"

Vous êtes à sept longueurs du leader dans votre poule de N3, Pontarlier. La montée ne va pas être simple à accrocher ?

"Ce ne sera pas simple, en effet. Mais si tu te souviens bien, en 2018 quand on est montés en National avec Villefranche, on avait huit points de retard à 7 journées de la fin sur Andrézieux et Annecy ! On est montés quand même ! Ce n'est pas fini. On joue Pontarlier dans deux semaines. Si on gagne là-bas, on revient à quatre points et tout sera, à nouveau, possible."

"Je sens que je suis proche de la fin"

Vous rencontrez quel style de jeu en Bourgogne en N3 ?

"Des équipes assez regroupées et physiques. Mine de rien, on est le club le plus médiatisé de la poule, grâce ou à cause de notre président. Cela nous apporte beaucoup de choses positives mais, inversement, tout le monde a envie de se taper l'équipe de Griezmann. On essaie de varier notre système de jeu, de trouver des solutions mais rien n'est facile dans cette poule."

Le plaisir est où à 35 ans ?

"Sur le terrain, après l'échauffement et c'est tout ! (rires). J'avoue qu'aller aux entraînements devient de plus en plus dur. J'ai toujours cette envie de ne jamais rien lâcher quand je joue, de ne pas être content quand je perds un duel ou prends un but, d'être critique envers moi-même. Quand tu commences à perdre un duel et que derrière ça ne te touche plus c'est qu'il est temps d'arrêter ! Malgré tout, je sens que je suis proche de la fin".

Le dernier match, vous le voyez venir ?

"Je suis en réflexion. Aujourd'hui, j'ai plus de chances d'arrêter que de continuer mais ce n'est pas encore arrêté, ça dépendra des opportunités que j'aurais. On verra bien."

Propos recueillis par Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse

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