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Mariage pour tous : les maires du Beaujolais sont divisés

Le projet de loi sur le mariage pour tous est un débat qui aura duré et déchaîné parfois outre mesure les passions.

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Il aura également déclenché des rassemblements jusque devant la mairie de Villefranche la semaine dernière.
Aujourd'hui, le débat est arrivé à terme puisque la loi sur le mariage pour tous a été définitivement adoptée mardi par les députés. Cependant, le Conseil constitutionnel saisi par la Droite devra se prononcer d'ici le 24 mai pour donner ou pas son feu vert aux premières unions qui devraient avoir lieu dès le mois de juin.
Si une majorité de Français sont favorables (53 %) au mariage homosexuel, les maires sont divisés sur la question. Certains se sont rassemblés au sein d'un collectif "Maires pour l'enfance" et se sont mobilisés pour obtenir le retrait de la loi et l'organisation d'états généraux sur la famille. Certains iront même jusqu'à refuser de célébrer des mariages homos.
En Beaujolais, la position des maires diverge. Pour Bernard Fialaire, maire radical de Belleville, célébrer des mariages de personnes du même sexe ne lui pose aucun problème. La réponse à notre question a été directe, claire et déterminée. "Je respecterai la loi, je n'ai aucun problème pour l'appliquer. Cela fait partie de mes principes républicains." Après avoir longuement réfléchi, le maire de Belleville dit approuver le texte. Quant aux votes des députés du Parti Radical il s'est effectué "selon leur conscience personnelle" indique Bernard Fialaire. Le maire de Belleville juge cependant désolant la façon dont le débat s'est déroulé. Pour lui il existait d'autres moyens pour qu'il se passe de manière apaisée.
Bernard Perrut, député UMP de la 9e circonscription, a voté contre le texte et il fait partie des parlementaires qui ont saisi le Conseil constitutionnel. "Si la loi est votée, elle sera appliquée comme toutes les lois de la République par les élus de Villefranche", fait-il savoir dans une déclaration juste avant le vote de mardi. Pour le député-maire, "les conséquences de la loi sont grandes pour l'enfant, la filiation et l'adoption. La PMA pour les couples de femmes et la GPA et les mères porteuses pour les couples d'hommes constitueront des évolutions inacceptables pour beaucoup de Français attachés aux valeurs de la famille. Les mots "père et mère" vont disparaître au profit des "parents" 1 et 2. Pour le gouvernement, ce n'est pas la différence des sexes qui importe mais la perception que chacun se fait de son identité, lui permettant de déterminer librement son orientation sexuelle". Bernard Perrut ne partage pas cette vision mais respecte les choix de vie et les sentiments de chacun et condamne l'homophobie.
Pour Daniel Pomeret, maire d'Anse, "les incidences juridiques n'ont pas été assez étudiées. Que se passera-t-il pour les enfants en cas de séparation par exemple ?" observe-t-il. Mais il célébrera sans hésitation les mariages homosexuels "J'appliquerai la loi", dit-il.

Laurence Chopart


* Les Français sont toujours majoritairement favorables 53 % au mariage homosexuel mais sont désormais de plus en plus opposés à l'adoption par des couples homosexuels (56 %), selon un sondage CSA pour BFMTV publié début avril.

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