AccueilACTUALITESFaits divers / JusticeManifestation Bayer-Monsanto à Villefranche-sur-Saône : une militante écope de 300 € d'amende

Manifestation Bayer-Monsanto à Villefranche-sur-Saône : une militante écope de 300 € d'amende

Une militante écologiste a été jugée le 17 mai au palais de justice de Villefranche-sur-Saône. En cause, sa présence à la manifestation du 5 mars devant Bayer-Monsanto, lors de laquelle le grillage du site avait été dégradé.
Manifestation Bayer-Monsanto à Villefranche-sur-Saône : une militante écope de 300 € d'amende
Zoé Besle

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Une femme d’une trentaine d’années comparaissait mardi 17 mai au palais de justice de Villefranche-sur-Saône, pour des actes de dégradation commis le 5 mars 2022, lors de la manifestation “Bye, Bye, Bayer, Bayer, Monsanto”. C.R, citoyenne Suisse, était venue samedi 5 mars, manifester contre les firmes multinationales Bayer et Monsanto. Elle qui explique avoir travaillé en Afrique de l’Ouest, sur le sujet de la sécurité alimentaire, est depuis très engagée contre la firme américaine. “J'ai vu des personnes malades, brûlées à cause du glyphosate. J’ai vu des producteurs dépendants des semences Monsanto” s’indigne la militante écologiste devant les magistrats.

C.R se sentait donc légitime de venir manifester à proximité de l’un des sites de la société Bayer (NDLR : Bayer appartient au groupe Monsanto). Durant ce mouvement écologiste, des débordements ont eu lieu : casse de matériel, privé et public, tags...

La militante suisse, s’est faite arrêter, la chaussure prise dans un grillage de sécurité de l’usine Bayer. Ce dernier venait d’être détérioré par plusieurs manifestants. Interpellée sur les lieux de l’incident, C.R se défend d’avoir dégradé le matériel “j’ai été pris dans un mouvement de foule qui s'est rué sur le grillage. J'ai senti qu’il bougeait fortement. Il y a du bruit, des gaz des CRS, je ne me rappelle pas de ce qu'il s’est passé”.
À la suite de cela, la militante est interpellée par les forces de l’ordre et passe 48 h en garde à vue. Un autre motif d’accusation est retenu durant son passage en GAV. C.R, n’a pas souhaité se soumettre à son signalement par la police ainsi qu’aux relevés de son ADN. “ Je trouve cela injustifiable qu'on me fiche, j'estime que j’avais le droit d'être là où j'étais” déclare t’elle à la barre.

Le parquet rappelle que la société Bayer a subi 17 000 € de préjudice sur cette manifestation, la procureure de la République précise d’ailleurs “ici ce n'est pas la manif qui est réprimée, ce n'est pas les tags, ce n'est pas non plus les propos, c'est la dégradation des biens d'autrui”. Pour cela, le parquet demande une amende de 1000 € à l’encontre de C.R.

Maître Bou Martinez, avocate de la défense, plaide la relaxe pour sa cliente estimant “qu'elle n'a pas atteint à la vie d'autrui, elle connaît la problématique de l'écologie et a donc fait ça en connaissance de cause. Dans la mesure où monsanto a déjà été attaqué plusieurs fois en justice, je pense qu’elle avait le droit d’être là pour manifester”. L’accusée explique également avoir reçu de nombreux coups de la part des forces de l’ordre durant son interpellation. Des coups qui selon elle étaient "injustifiables''.

Après délibéré, le tribunal estime que C.R n’est pas coupable au sujet des accusations de dégradation du grillage de l’usine Bayer. Néanmoins, pour ne pas avoir donné son signalement et pour ne pas s’être soumis à la prise d’ADN, la militante écope d’une amende de 300 €.

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