Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations locales et régionales pour le département du Rhône

Lord Esperanza en majesté du Festival des Nouvelles voix

le - - Côté spectacles

Lord Esperanza en majesté du Festival des Nouvelles voix
R.N - Lord Esperanza porté par ses jeunes fans. Une des images d'une dernière nuit des Nouvelles voix à nouveau démente.

Sur la Grande scène des Nouvelles Voix 2019, la jeune figure d'un rap français exaltant, a offert un show intense au public caladois et confirmé les louanges qui escortent son premier album "Drapeau Blanc".

Un live traversé par une énergie inaltérable. La nuit dernière, le théâtre de Villefranche et ses Nouvelles voix ont de nouveau donné à vivre l'éclosion d'une – probable – future étoile de la scène rap française. Lord Esperanza y était attendu. Et dans la foulée du show du stéphanois ZED Yun Pavarotti, il a "bouffé" la scène beaujolais et pris le temps, ensuite, d'évoquer son présent si faste au bout d'une tournée de trois ans, bientôt terminée par un passage au Bataclan, en décembre. Une conversation comme une invitation à suivre son destin, sa plume, surtout, incisive.

Lord Esperanza, comment finit-on trois années d'une tournée aussi dense ?

"Je la finis avec beaucoup d'émotion, beaucoup d'amour auprès des gens et tellement de contacts, de selfies (rire) !"

Justement, comment vivez-vous toute cette attraction autour de vous, cette proximité avec le public comme ce soir à Villefranche ?

"La plupart, je les considère comme des proches. Je ne fais pas vraiment la dissociation. Au quotidien, ce n'est pas gênant. Je ne suis pas assez connu pour que ça devienne un problème. Pour l'instant je me sens juste chanceux, sans avoir l'impression que ce tumulte autour de moi soit trop agressif. J'essaie d'avoir une image authentique et assez proche de ce que je suis."

Vous avez ressenti quelle atmosphère à Villefranche ?

"J'ai adoré ce moment. Des gens sont venus de Lyon pour cette date. C'est important de créer ce lien. Ce n'est pas la première fois que je viens dans ce genre de lieu, ça change vraiment. Être sur scène demeure fondamental."

"Je ne suis qu'au début…"

Le Bataclan, le 20 décembre où vous allez fermer votre année de concert est une date symbolique. On y pense déjà par rapport à tous ceux qui vont ont précédés sur cette scène ?

"C'est fou et à la fois tristement célèbre. C'est beau d'aller fêter ce lieu malgré ce qui s'est passé là-bas. Cela représente une fierté absolue de pouvoir remplir une salle aussi mythique, d'y inscrire mon petit nom."

Depuis vos premiers projets et votre tournée, avez-vous conscience du temps qui s'égrène?

"Paradoxalement, je n'ai pas l'impression que les choses vont vite. Je travaille depuis longtemps de manière acharnée. Je trouve que je ne suis qu'au début. Si j'étais déjà à Bercy, je te dirais que ça vite mais le chemin est encore très long !"

Écrire, pour vous, c'est quoi : une souffrance ou une libération ?

"Plutôt les deux. Quand j'écris je me libère par la souffrance. C'est là où tout est parti, écrire. La musique vient du texte, c'est là où j'ai commencé. De fil en aiguille j'ai voulu donner aux gens un peu plus de mon histoire et sur ce que je pensais du monde."

L'histoire du hip-hop est assez récente. Est-ce important de la transmettre aux jeunes générations qui vous suivent ?

"Dans mon premier album et les autres EP, il y a le reflet de ce que je pense du monde qui parfois peut-être nihiliste, enfin, je dirais plutôt réaliste. Mais je me sens encore proche de cette école-là, cette histoire-là du hip-hop. J'ai grandi avec "Temps mort" de Booba, Ali (Lunatic), IAM et beaucoup d'autres comme Le Rat Luciano, Oxmo…Après il y a eu la Sexion d'Assaut et la génération des Kickers. Puis tous les rappeurs blancs qui sont arrivés après : Orelsan, Lomepal, tous ces mecs-là ont aussi beaucoup compté pour moi."

"La poésie est omniprésente"

Votre collaboration avec le rappeur bruxellois Scylla, le titre Sakura où apparaît aussi le pianiste Sofiane Pamart, a marqué les esprits. Avez-vous d'autres orientations de ce genre en tête à l'avenir ?

"Avoir réussi à travailler avec un mec comme lui, c'est aussi une grande fierté pour moi. je l'écoutais quand j'avais 12 piges et aujourd'hui je suis en feat avec lui, c'est fou ! Pour le coup, ça, je ne m'en rends pas bien compte."

Scylla parle de poésie persistante dans le hip-hop. Vous la voyez où la poésie dans le rap d'aujourd'hui ?

"Dans le Rythm and Poetry. Tout est indiqué dans le nom. La poésie est omniprésente. Elle est dans la beauté, l'inspiration, dans ce moment où l'on parle, dans les gens qui ont tout donné ce soir, dans cette conversation d'un père et sa fille. La poésie nous relie."

Elle reste une arme aujourd'hui ?

"Il faut mettre des fleurs dans les fusils pour en faire des armes et des mots dans les grenades. Les mots sont tout. Il y a des jeunes qui me disent, "grâce à tes mots je ne me suicide pas", ça te mets une claque ! Il faut continuer à écrire, à donner et transmettre".

Ralph Neplaz

Correspondant local de presse




Ralph NEPLAZ
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Patriote Beaujolais Journal d'annonces légales et d'informations locales et régionales pour le département du Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer