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Les gibus et hauts-de-forme locaux de Publivog

En addition aux cocardes et autres accessoires à destination des conscrits, Fabienne Gaudioz et son équipe se sont lancés dans la fabrication de chapeaux grâce à deux machines.
Les gibus et hauts-de-forme locaux de Publivog
©Zoé Besle - Fabienne Gaudioz a investi dans deux machines semi industrielles pour fabriquer gibus et hauts-de-forme de conscrits.

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De la détermination, ce n'est pas ce qui manque à Fabienne Gaudioz : il y a cinq ans, suite à "de multiples prises de bec", avec son fournisseur de chapeau, la gérante de Publivog, magasin d'articles de fête, prend une décision radicale : se lancer dans la fabrication de gibus de conscrits.

Dans ce magasin historique de Belleville -il existe depuis une quarantaine d'années - la fabrication des cocardes était déjà au menu lorsque Fabienne Gaudioz l'a acheté en 2011. Les chapeaux, eux, n'avaient jamais été fabriqués sur place : commence alors une véritable aventure pour acquérir machines et savoir-faire nécessaires à leur conception. "Ça a été une grosse décision, surtout qu'il n'y avait personne pour nous aider", se souvient Fabienne Gaudioz.

©Zoé Besle Après une première machine d'occassion, Fabienne Gaudioz a investi dans un appareil neuf venu d'Italie.

Pour pouvoir fabriquer ses gibus, elle contacte la mairie de Chazelles-sur-Lyon ainsi que le Musée du chapeau. En effet, la commune était renommée pour ses chapeaux en feutre de poil ; une industrie florissante entre la fin du XIXe siècle et le la première moitié du XXe.

La gérante de Publivog y trouve une première machine d'occasion, qu'il faut remettre en selle "Comme elle se trouvait dans une usine désaffectée, elle était hors service. J'ai trouvé une entreprise par le biais de connaissances qui a pu me la réparer", explique-t-elle. S'en suit la quête des moules – un part taille de chapeau – avec un premier investissement dans des moules 10 ans, suivi des tailles 55 57 et 59. En 2021, une nouvelle machine, achetée neuve en Italie, vient compléter l'attirail de fabrication de la boutique, qui produit aussi des chapeaux pour bébés.

Une activité qui prend de l'ampleur

"Tout a commencé quand j'ai été contacté en 2021 pour faire les chapeaux des Compagnons du Beaujolais : ils avaient besoin de plusieurs tailles spécifiques et les moules coûtent assez cher (NDLR : 500 € neuf la pièce) mais ils les avaient déjà et me les ont fournis : après acquisition de la matière première, on a pu les réaliser".

Pour les hauts-de-forme de Villefranche, Fabienne Gaudioz a fait réaliser cinq nouveaux moules dans les tailles 56, 57, 58, 59 et 60 et vient de commander un moule taille 55. Côté matières premières, gibus sont réalisés en feutrine et les hauts-de-forme en feutre de laine, qui proviennent respectivement d'Espagne et d'Italie. Le textile et mouillé puis mis en forme sur les machines : une opération à faire à deux, puisqu'il est nécessaire de tirer la feutrine durant le moulage du chapeau.

©Zoé Besle Mises bout à bout, les différentes étapes de confection prennent environ 30 minutes pour la réalisation d'un seul chapeau.

Un apprêt est ensuite appliqué pour durcir les couvre-chefs, avant l'ajout d'une doublure et de plusieurs coutures intérieures et extérieures de finition ; une couturière basée à Belleville se charge en partie de cette dernière étape en addition à l'équipe de Publivog. La réalisation de toutes ces étapes mises bout à bout prend environ 30 minutes pour un chapeau.

Des gestes simples mais techniques, auxquels Fabienne Gaudioz s'est formé sur le tas "Internet m'a été très utile ; nos machines sont semi-industrielles, puisqu'elles chauffent la matière, alors que beaucoup de modistes travaillent avec des moules en bois". Le coup de main est désormais pris, et la boutique s'active à fabriquer les chapeaux des conscrits 2022 et 2023.

La boutique est régulièrement contactée par des municipalités et autres bureaux d'interclasses : il faut dire que ces chapeaux de fabrication beaujolaise, vendus 69 € pièce, ont de quoi séduire. Cocardes, sifflets et boucles d'oreille de classes créées avec une imprimante 3D viennent compléter les articles proposés pour les conscrits.

En matière de couvre-chefs, Publivog continue d'innover : cette semaine, Fabienne Gaudioz a réalisé un prototype de chapeau fantaisie avec de la feutrine de couleur "Une fois qu'on a mis le doigt dans l'engrenage, on a envie de tout essayer", conclut malicieusement la gérante.

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