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Les éleveurs bovins inquiets par l'entrée en vigueur du Ceta

La filière craint une concurrence qui la mettrait en danger.
Les éleveurs bovins inquiets par l'entrée en vigueur du Ceta
Jacqueline FABRE - Pascal Riche et son taureau Juriste, couronné l'an dernier au Salon de l'agriculture.

ACTUALITES Publié le ,

L'entrée en vigueur provisoire depuis le 21 septembre dernier de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, le Ceta*, inquiète les éleveurs.

Pascal Riche, éleveur de bovins à Lucenay, nous livre ses réflexions sur l'éventuelle importation de viande bovine en provenance du Canada.

"Ça peut être catastrophique pour la filière. Les prix vont obligatoirement baisser alors que ça fait des années qu'on essaie de trouver des solutions pour les faire monter, notamment avec la vente directe, de proximité", souligne l'éleveur.

Quid des normes sanitaires ?

En France, depuis 20 ans, la traçabilité est irréprochable pour la viande, et pour Pascal Riche l'un des gros soucis de cette viande d'importation est qu'elle n'est pas produite comme on leur impose de le faire en France, notamment avec l'interdiction des hormones, en limitant les traitements antibiotiques, en respectant le bien-être animal.

"Les antibiotiques, nous en utilisons uniquement si nous y sommes obligés, pour sauver une bête. Chez eux ils sont utilisés régulièrement en prévention. Même chose pour les hormones, chez nous c'est strictement interdit… Là-bas non !", s'indigne l'éleveur.

L'équilibre avec l'Europe remis en cause

Actuellement, la grande distribution ne vend plus de viande d'importation, sauf certains morceaux bien spéciaux (viande de Kobé par exemple), grâce notamment à la pression exercée par la profession et une grosse demande des consommateurs qui voulaient de la viande française. "Aujourd'hui, avec l'Allemagne et l'Italie on exporte certains morceaux et on en importe d'autres. En Europe, on est arrivés à un équilibre, alors si on importe les volumes prévus du Canada c'est la catastrophe ! Nous sommes capables de produire la viande dont on a besoin en Europe…", indique l'éleveur.

Pour l'instant, pas d'information sur l'importation de viande canadienne : "S'il en est rentré, ça doit être de petites quantités et ils doivent pas trop s'en vanter. S'il y en avait ça aurait déjà bougé sur le terrain et à mon avis il y aurait eu des actions pour aller la sortir des rayons, car j'ai bien peur que ça ne soit pas accepté par les éleveurs aujourd'hui !", conclut Pascal Riche.

Jacqueline FABRE

* Ceta : Comprehensive trade and economic agreement.

RETROUVEZ NOTRE DOSSIER COMPLET DANS NOTRE ÉDITION DU JEUDI 26 OCTOBRE 2017.

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