AccueilACTUALITESPolitiqueLaurent Wauquiez : "La sécurité, prioritaire pour la qualité de vie dans notre territoire"

Laurent Wauquiez : "La sécurité, prioritaire pour la qualité de vie dans notre territoire"

Donné favori dans les sondages, Laurent Wauquiez ne dévie pas du cap qu'il s'est fixé lors de sa précédente mandature : relocaliser les entreprises et les emplois, développer l'hydrogène et soutenir la viticulture. Les questions de sécurité planent toutefois sur cette seconde campagne, le président sortant ayant choisi de renforcer encore ce domaine d'action.
Laurent Wauquiez :
Photo : Charles Pietri

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Vous avez choisi d'officialiser votre candidature à Tarare, de présenter la liste du Rhône à Juliénas… Pourquoi cibler ces zones rurales, plutôt que la Métropole de Lyon ?

Le Beaujolais, l'Ouest rhodanien sont des territoires que j'aime. Des zones où la qualité de vie est réelle, les gens sont attachés au travail, les communes sont à taille humaine. Lors de ce mandat, je me suis beaucoup engagé pour que la Région revienne fortement sur ce territoire du Beaujolais, qui avait été abandonné. Pour moi, c'est l'incarnation de notre région. Je me suis beaucoup battu pour que l'on défende la ruralité, aussi ces déplacements représentaient-ils pour moi un symbole fort.

En mars dernier, vous annonciez une enveloppe supplémentaire de 700 000 € pour le Plan Beaujolais en 2021, visant à soutenir le développement du vignoble. Comment expliquez-vous cet attachement particulier pour la viticulture ?

Le beaujolais est connu dans le monde entier, c'est notre image de marque. Avec Christophe Guilloteau (NDLR : président du Département du Rhône), nous avons beaucoup investi sur le vignoble pour permettre le développement de l'œnotourisme, de la commercialisation, d'un matériel plus respectueux de l'environnement… Et, alors que le secteur viticole traversait une crise il y a quelques années, un nouveau dynamisme est en train de s'installer. Le Beaujolais représente nos terroirs, nos traditions. En le défendant, on crée des emplois : il y a longtemps que le nombre de jeunes viticulteurs s'installant sur le territoire n'a pas été aussi élevé. Cela prouve qu'il ne faut jamais baisser les bras.

Comment soutenir le secteur au regard notamment du réchauffement climatique, qui engendre épisodes de sécheresse et de gel à répétition ?

On travaille pour mettre en place des réseaux d'irrigation, à l'installation de fusées paragrêle, au développement d'équipements de protection des vignes toujours plus performants… On cherche aussi à faire évoluer la taille. Pour l'agriculture en général, on a décidé de consacrer 50 M€ pour préparer l'adaptation au changement climatique.


"La première façon de défendre l'environnement, c'est de donner la priorité aux produits de notre agriculture"


Vous prônez la préférence régionale depuis votre installation à la Région. Cet argument guide-t-il toujours votre politique économique, tant pour l'agriculture que l'industrie ?

J'ai beaucoup plaidé en faveur de la préférence régionale, tant sur la question des marchés publics devant revenir à nos entreprises locales qu'en mettant les produits de nos agriculteurs dans nos cantines. La première façon de défendre l'environnement, c'est de donner la priorité aux produits de notre agriculture, et je précise que 100 % des viandes consommées dans les cantines proviennent des exploitations d'Auvergne-Rhône-Alpes. La crise du Covid a par ailleurs renforcé mon sentiment d'une trop grande dépendance à la Chine. Je souhaite que l'on relocalise nos activités économiques et nos emplois en région et que l'on réindustrialise in fine notre territoire. Nous travaillons par exemple avec le groupe Chamatex, présent dans l'Ouest lyonnais, pour la fabrication d'une chaussure de running fabriquée localement. Nous comptons investir 1 Md€ sur le prochain mandat pour relocaliser notre production. Les industriels sont prêts, mais il faut que nous les aidions à dépasser certains barrages, notamment normatifs et administratifs.

Quelle est votre approche de l'écologie et du développement durable ?

Tous les partis politiques doivent faire de l'écologie. Les approches sont forcément différentes, mais on ne doit pas tomber dans l'idéologie ou parfois même dans le sectarisme développé par l'extrême gauche ou Europe Ecologie Les Verts. Ce que je veux, c'est une approche pragmatique, avec des propositions concrètes. La question de l'écologie et de l'environnement, on l'a dit, c'est la consommation d'une agriculture locale, favorisant les circuits courts et limitant de fait les déplacements. Mon ambition est aussi de ne plus enfouir les déchets à l'horizon 2030. Je souhaite également favoriser le transport à hydrogène, précisément pour les cars, afin de démontrer que ce mode de transport peut être moderne lui aussi. A l'instar du bus à haut niveau de service reliant Lyon Part-Dieu à Trévoux, d'un budget de près de 120 M€, qui permettra aux usagers de gagner chaque jour 15 à 20 minutes de temps de trajet. Le gros projet du mandat pour le Val de Saône.


"Je n'oppose pas le train à la route, on a besoin des deux"


Justement, en matière de mobilité, quels sont les axes que vous souhaitez renforcer ?

La fracture territoriale entre les espaces ruraux et urbains est réelle. Aussi notre priorité reste le développement de nos trains autour des grandes métropoles, pour une meilleure fluidité. D'où ce projet d'Etoile ferroviaire lyonnaise, qui vise à permettre aux usagers, depuis Villefranche notamment, d'avoir un train tous les quart d'heures aux heures de pointe. Pour y arriver, il fallait d'abord que l'on gère la Part-Dieu. Si on a choisi d'entreprendre ces lourds travaux et financer une nouvelle voie, c'est justement pour permettre davantage de capacité et amener plus de trains en direction, entre autres, du Beaujolais. Pour autant, je n'oppose pas le train à la route. On a besoin des deux. Nous travaillons notamment sur le contournement de L'Arbresle, à l'amélioration des routes et au développement des voies vertes, qui peuvent à la fois servir au tourisme et aux déplacements quotidiens.

Vous avez choisi de faire de la sécurité l'argument majeur de votre campagne, alors qu'elle ne constitue pas une compétence directe de la Région. Pourquoi ?

Mon seul repère, c'est ce qui est important pour les gens. Si la sécurité l'est, on doit s'en occuper et agir. Quand je suis arrivé, il n'y avait pas de budget dédié. On a choisi d'en faire un domaine d'action, et on a montré que c'était possible, puisqu'on a réussi à dégager 160 M€. Demain, on veut monter à 320 M€. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, pour la qualité de vie dans notre territoire, c'est la priorité. Je constate une grande préoccupation de la part des habitants face à la multiplication d'actes d'incivilités et de violences. Je pense à l'agression récente de policiers à Rive-de-Gier, à celle des pompiers à Villefranche… Il faut que l'on puisse défendre nos forces de l'ordre et, pour ce faire, nous avons tout un programme : augmentation de 50 % des effectifs de police ferroviaire, renforcement de la vidéoprotection, création d'une brigade régionale de sécurité pour les lycées et leurs abords... Je souhaite aussi que l'on équipe notre région de ce bouclier de protection qu'est la reconnaissance faciale dans les gares, permettant de détecter les terroristes les plus dangereux et pouvoir agir avant qu'il y ait un drame. Et puis, il s'agit aussi de remettre un peu de bon sens et d'équilibre, en supprimant l'accès aux aides de la Région quand les gens ne respectent pas les règles de notre pays.

En tant que président, quelle est votre première exigence ?

J'aime que la Région soit tenue avec un cap clair que tout le monde peut comprendre. Notre première exigence, c'est que l'argent soit bien géré et qu'il n'y ait pas de gaspillage. Notre Région a été classée comme la mieux gérée de France, et c'est une fierté car cela nous donne les moyens de préparer l'avenir et d'investir. Et on sait ce que l'on défend.

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