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La crise laitière s'invite en Beaujolais

Le congrès de la fédération nationale des producteurs de lait se déroule jusqu'à ce soir à Saint-Didier-sur-Beaujeu.
La crise laitière s'invite en Beaujolais
Christine GESSE - les représentants de la FDSEA du Rhône avec Nicolas Deal, exploitant, et Thierry Roquefeuil, président de la FNPL.

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C’est dans un lieu emblématique des vins du Beaujolais, les anciens établissements Tête (négociant installé aux Dépôts, d’où partaient les convois de vin pour Paris), que la fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) tient son 72e congrès ces 16 et 17 mars.

Et c’est dans une ferme emblématique des difficultés de la profession que ses responsables avaient choisi d’introduire le débat. La ferme du GAEC de la Collonge, à Poule-les-Echarmeaux, élève 50 vaches laitières dont le lait est collecté par SODIAAL, et des vaches allaitantes dont les veaux partent en Italie. Le lait, payé mi-2014 0,35 euros par litre, l’est aujourd’hui à 0,30.

"ON PRIE POUR QUE CETTE ANNEE SOIT NORMALE"

Une sacrée baisse, inquiétante pour les deux associés, qui s’en sortent à peu près parce qu’ils avaient des stocks de fourrage et n’ont pas eu à l’acheter, mais s’inquiètent pour l’avenir. "On prie pour que cette année soit normale, et permette de récolter de quoi nourrir nos bêtes", explique Jean-Philippe Poncet, l’un des deux associés.

Nicolas Déal, l’autre associé, s’inquiète de l’augmentation des charges. "On doit supporter l’obligation nouvelle de vacciner les mères des broutards que l’on fait partir pour l’Italie, coût du vétérinaire mais aussi de leur séjour prolongé jusqu’au rappel de vaccination. On doit mettre aux normes notre stabulation, on doit renouveler notre matériel, faucheuse, tracteur, avec des prix multipliés par deux pour la faucheuse. On se pose la question d’arrêter maintenant avant d’être trop endettés."

"PAS LE DROIT D'ETRE RESIGNE"

Inquiétude que pondère Dominique Despras, tout nouveau conseiller régional, maire de Claveisolles et éleveur, lui aussi, de vaches laitières depuis 20 ans. "On n’a pas le droit d’être résigné, on a eu d’autres crises de ce type. Ce qu’il faut, c’est trouver de nouvelles manières de valoriser le travail, imaginer un nouveau schéma logistique pour développer les circuits courts dans les établissements scolaires ou les hôpitaux, par exemple."

Pour Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, il faut travailler sur le marché français d’abord. "C’est une utopie pour l’instant de penser à la régulation volontaire des volumes sur le marché européen, certains pays n’y sont pas prêts."

Pour lui, c’est une charte laitière, signée entre les producteurs et les distributeurs, qui pourra limiter la volatilité des prix du marché national, en fixant un prix d’équilibre. Trois enseignes de grande distribution l’ont déjà signée, "et les choses commencent à prendre".

Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, est ce jeudi à Saint-Didier-sur-Beaujeu pour la clôture de ce congrès. Il a rencontré ce matin des producteurs avant de prononcer un discours à la tribune.

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