AccueilACTUALITESJournal d'une confinée / Jour 48 : "Ces rituels du dimanche qui nous manquent"

Journal d'une confinée / Jour 48 : "Ces rituels du dimanche qui nous manquent"

Chaque jour jusqu'à la fin du confinement, une habitante du Beaujolais nous raconte cette expérience dans la quatrième dimension. Habitudes, libertés et jour préféré. Épisode 48.
Journal d'une confinée / Jour 48 :

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Jour 48

Je crois que c'est Benjamin Franklin qui a dit, un jour où il ne faisait pas voler un cerf-volant sous l'orage, qu'un peuple qui sacrifie sa liberté au nom de la sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre et finit par perdre les deux. Ok, il y a neuf chances sur dix qu'il ne l'ait pas dit comme ça et la citation est probablement sortie de son contexte mais il n'empêche qu'aujourd'hui elle a résonné de façon particulière dans ma tête.

Ça a commencé quand on m'a demandé si j'avais passé un bon dimanche. Je n'avais pas percuté quel jour on était, mais je me suis souvenue que cet hiver j'avais presque réussi à mettre en place un rituel du dimanche.

Quand l'occasion se présentait, on faisait un apéro familial ou amical à l'étage du marché couvert puis dans l'après-midi, j'envoyais "17 h, bière, Liberty's" à une copine qui me répondait par l'affirmative dans la minute. (c'est peut-être le nom du pub plus que la citation qui résonne dans ma tête, en fait)

AVANT-DERNIER DIMANCHE ?

A l'heure prévue, nous nous retrouvions avec ou sans conjoint, avec ou sans enfants autour d'une bière ou d'un chocolat chaud selon la météo et l'humeur. Franchement, les fins de week-end ça peut être morose, mais dans ces conditions, c'était presque devenu mon jour préféré.

Aujourd'hui, c'était (théoriquement) notre avant-dernier dimanche de confinement et je veux vraiment croire que le prochain, ce sera la fin de l'épreuve.

Je veux croire que dans un futur proche, J., les enfants et moi monterons en riant et en soufflant les marches du marché couvert avec nos paniers chargés des provisions de la semaine. Je veux croire que nous y rejoindrons nos parents pour boire qui un petit blanc, qui un canon de rosé, qui un jus de pomme, en mangeant avec les doigts le pâté en croûte tout juste tranché par un charcutier de la galerie au rez-de-chaussée.

RETROUVER MON RITUEL

Je trépigne à l'idée de hâter le pas à nouveau pour rejoindre mes amis au "Promenoir", comme on dit chez les Caladois, parce qu'il est déjà 17 h 02. D'entendre la musique qui filtre à travers la porte du pub. De retenir notre commande et de jouer des coudes entre les clients pour imposer mon mètre soixante et atteindre le comptoir.

Je veux croire qu'avant l'hiver prochain, j'aurai la liberté de consolider mon rituel du dimanche, sans masque mais évidemment en se lavant mieux les mains.

Parce que la vie, c'est maintenant, c'est pas demain et parce que plus les jours passent et plus je sens que moi aussije deviens un punk de soixante-dix ans.

A.


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