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Gens du voyage : étape à Saint-Jean-d'Ardières

A 300 mètres de la départementale vers Saint-Jean-d'Ardières, on aperçoit l'aire d'accueil des gens du voyage gérée par la Communauté de communes Beaujolais Val-de-Saône.

VAL DE SAONERégion de Belleville Publié le ,

Un panneau à l'entrée indique le nombre d'emplacements (treize), les horaires d'accueil et les tarifs.
Il n'y a pas de barrière, les gens du voyage ne l'auraient pas supporté. Huit familles vivent actuellement ici. Avec Xavier Pousset de l'association ARTAG (voir ci-contre), nous sommes accueillis par un gitan de 48 ans qui vient spontanément vers nous et demande ce que l'on vient faire. On explique. "Oui mais les gens ne vont pas comprendre, vous savez, on est souvent rejetés", témoigne Jean. Il parle fort, mais est heureux quelque part de nous recevoir. Peu de gens viennent les voir, nous dira plus tard Xavier Pousset. "Ils se sont sentis souvent exclus, alors ils se méfient."
L'accueil est convivial, sans manière. La discussion s'établit simplement. Jean et sa famille (cinq enfants) sont là pour six ou sept jours. Juste avant, il était au rassemblement des gens du voyage à Lyon. Ses parents ont toujours voyagé. "C'était mieux avant, dit-il, ici avec le béton on a l'impression d'être parqués, avant on pouvait faire des poules à la broche ! Mais je sais, on ne peut pas revenir en arrière, ajoute-t-il d'un ton amer. Je reconnais que l'aire est propre mais… (il ne termine pas sa phrase). Nous sommes moins libres qu'avant. Vous savez notre vie c'est le voyage, on a ça dans le sang." Jean vit de petits boulots.

"Une façon de vivre qui va s'estomper avec les nouvelles générations"

Sur cette aire d'accueil, les familles peuvent rester six mois par an, une période assez longue pour créer des liens avec les autres familles. Jean parle en terme de bonne entente entre tous. "Il y a des tsiganes, des manouches, des gitans." Tous sont habitués à la vie communautaire. "Une façon de vivre qui va s'estomper avec les nouvelles générations", observe-t-il.
Ses enfants suivent des cours par correspondance. Où ira la famille après ? "Là où le vent nous pousse et dans un endroit où l'on pourra trouver un petit boulot", confie-t-il.
Plus loin, un père de famille trie de la ferraille. Il dira éprouver des difficultés pour dénicher un petit boulot. Il tient à ce que sa fille Priscilla suive des études. Aussi est-elle inscrite au CNED. La famille est là depuis trois mois. Elle va partir prochainement. Elle n'aspire pas particulièrement à une autre vie. Seul le travail leur pose problème. Le père est déterminé, il pense arriver à trouver un job.
Déterminée, Rose l'est aussi. Mais pas pour les mêmes raisons. Elle voudrait trouver un habitat stable. "L'hiver c'est trop dur" dit-elle. Mère de cinq enfants scolarisés, Rose et son mari sont installés sur l'aire d'accueil par intermittence depuis cinq ans. Lui fait également des petits boulots (rempaillage, ferraille). Ses grands-parents faisaient partie des gens du voyage et l'ambiance semble plutôt bonne sur l'aire d'accueil. "Ce sont tous des frères et sœurs, pas de raison que l'on ne s'entende pas", dit-elle.
La vie communautaire et la solidarité constituent le socle des gens du voyage qui recherchent de plus en plus le contact. Mais aujourd'hui tous n'ont pas la même vision quant à l'avenir.

Laurence Chopart

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