AccueilACTUALITESTerritoiresFusion avec Lyon : pourquoi la CCI du Beaujolais n'en veut pas !

Fusion avec Lyon : pourquoi la CCI du Beaujolais n'en veut pas !

Noël Comte pèse ses mots.

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Une constante. Mais le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) du Beaujolais n'a pas l'habitude de les mâcher. Alors quand on vient lui demander ce qu'il pense de la "CCI métropolitaine" (NDLR : Les CCI de Lyon, Saint-Etienne et Roanne ont officiellement voté leur union la semaine dernière), mais aussi pourquoi celle du Beaujolais ne rejoint pas le mouvement, la réponse est à la fois construite et cinglante. "Un roitelet qui veut devenir un roi, un roi qui veut devenir un empereur, c'est le mal humain…", philosophe M. Comte. "Et quand on trouve d'autres déshérités, malades, paupérisés, la rencontre aboutit à ce genre de choses. Il existe des CCI présidées par des retraités qui n'ont peut-être plus le ressort nécessaire, et qui pensent qu'ils seront mieux à l'abri de la CCI de Lyon. Mais pour faire quoi ensemble ? On n'en sait rien", attaque le président de la CCIB.
"Je ne suis pas contre la création d'un organe sans mur, sans structure, sans frais de fonctionnement. Un espace de coopération à géométrie et géographie variable où faire converger des projets pour le rayonnement de Lyon région, alors là oui !", nuance-t-il.
Des entreprises du monde du design réunies derrière Saint-Etienne, Bourg-en-Bresse en chef de file sur un projet collectif en lien avec l'agriculture, voilà des exemples de coopérations possibles. Sans toucher aux missions régaliennes de chaque CCI, ni à la proximité. "Nous existons d'abord pour aider à la création d'entreprise, à l'apprentissage, à la transmission. Nous sommes en premier lieu utiles aux TPE pour les aider à devenir des PME, aux PME pour passer au stade supérieur. Et pour cela il faut être proche du tissu local", estime le numéro un de la CCIB, indiquant qu'il était rare de voir un élu de la CCI de Lyon assister à une réunion concernant le secteur de Tarare.
Dans l'affaire de la "CCI métropolitaine", Noël Comte est à la recherche d'éléments qui pourraient clarifier le paysage bien flou. Il a eu rendez-vous à au moins deux reprises avec le préfet Carenco depuis la rentrée de septembre. "Il ne peut pas me dire dans quelle direction va aller la CCI de Lyon en cas d'absorption de toutes les chambres autour", déclare simplement M. Comte.

"Je suis au service, pas aux ordres"

Il semble en fait qu'il n'existe pas de réelle stratégie économique au niveau de la région urbaine. "L'agglomération de Villefranche ne s'est pas positionnée. Qu'elle entre ou pas dans le pôle métropolitain, cela aura des incidences en la matière. D'autant plus qu'il existe une aberration?: il n'y a pas de continuité territoriale entre ces intercommunalités. Que fait-on des zones entre les deux ? J'ai écrit le 6 novembre une lettre officielle au président de l'agglo de Villefranche Beaujolais, avec copie au député-maire, pour évoquer ces sujets. A ce jour (NDLR?: lundi 1er décembre), je n'ai pas de réponse", ajoute Noël Comte, qui assure bénéficier du soutien de l'ensemble des élus de la CCIB. "J'ai réuni les élus la semaine dernière. Le message collectif est limpide : travailler avec Lyon, Bourg-en-Bresse ou d'autres CCI sur des projets clairs, c'est oui?; aller faire les pantins dans des assemblées générales où le droit de parole sera à zéro, c'est non", résume-t-il. A la CCI du Beaujolais, on semble bien décidé à se battre pour l'indépendance. Seul un décret peut d'ailleurs permettre de dissoudre une CCI.
"Certains présidents de CCI vivent de rentes, avec chauffeur, cocarde et voiture. A la CCI du Beaujolais, les élus sont tous des chefs d'entreprises actifs, ce qui n'est le cas ni à Saint-Etienne ni à Roanne. C'est du bénévolat. Moi je suis au service, pas aux ordres", assène Noël Comte en forme de conclusion lapidaire.

Julien Verchère

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