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Football/Un dimanche avec… Rémi Sergio et Antoine Philippon

Partenaires au FCVB en 2018-2019, le milieu Sergio et le gardien Philippon, reviennent sur leurs liens autour du foot, leurs parcours respectifs, dans la bonne humeur, à rebours de l'ambiance morose du moment.
Football/Un dimanche avec… Rémi Sergio et Antoine Philippon
FRANCK CHAPOLARD - Antoine Philippon (en haut) la saison passée dans le couloir du stade Giuly et Rémi Sergio (en bas) dans le couloir du stade Armand-Chouffet cette saison.

SPORTSFootball Publié le , RALPH NEPLAZ

Ils n'auront partagé qu'une seule saison commune, à Villefranche, en 2018-2019, pour se lier d'amitié. Depuis, si l'un est resté en Calade – le milieu Rémi Sergio –, son compère, – le gardien Antoine Philippon –, est parti rejoindre le projet du GOAL FC en N2 avec l'envie de revenir le plus tôt possible en National. Deux CV qui disent des parcours aux contraintes acceptées. Sergio avant de découvrir le Beaujolais à l'été 2018 aura grandi à l'OM, en jeunes, sillonné le pays (Marseille Consolat, Endoume, Aurillac, Martigues, Nîmes), découvert la Belgique (Sporting Charleroi en Jupiler Pro League) pour apprécier, aujourd'hui à 34 ans, un présent dans ce club, le FCVB, à la croisée des chemins, entre désir légitime de voir peut-être si plus haut, en Ligue 2, place il y a, et volonté de prolonger la vie de footballeur pour quelques saisons encore. Antoine Philippon, à 32 ans, est lui aussi à un carrefour de sa trajectoire, expériences à Moulins, Troyes, CA Bastia, Villefranche (2014-2019) enregistrées. Il sort de deux saisons non terminées en N2 liées aux conditions sanitaires du moment, avec à chaque fois, pour le GOAL FC, la sensation d'avoir loupé le train du National pour si peu. Cette saison sera-t-il la bonne pour les deux ? Les mois à venir le diront. En attendant, ils se sont retrouvés autour d'une conversation du dimanche sur le jeu, la rigolade, le vestiaire et tout le reste…

Que diriez-vous de la saison actuelle, chacun de votre côté ?

Antoine Philippon : "Les deux dernières années n'ont pas simples à vivre. Elles n'étaient pas pleines. Quand tu te rapproches de la fin, ne plus jouer c'est délicat. Surtout qu'on était bien partis lors deux dernières saisons. Aujourd'hui, on a la chance de jouer encore, donc on profite, sans savoir de quoi demain sera fait. Mais il y a de la continuité."

Rémi Sergio : "On confirme, de notre côté, ce que nous avons accompli l'an dernier en étant barragistes. Même en perdant quelques éléments, cet été, on est restés sur une bonne dynamique. Je rejoins Antoine sur la période actuelle : on ne sait jamais si l'on va pouvoir jouer le match suivant. Tu n'es jamais à l'abri d'avoir un cas de Covid dans ton équipe ou chez nos adversaires. Il faut pourtant faire abstraction de tout cela et se préparer comme si le match d'après aura bien lieu."

Rémi Sergio, quand le National a continué, l'an dernier, vous avez songé à ce que vivaient vos collègues de N2 à l'arrêt ?

R. Sergio : "Forcément. Antoine n'est pas un collègue mais un ami que j'apprécie énormément."

A. Philippon : (il coupe) "Tu me fais une déclaration d'amour ? (rire)."

R. Sergio : "Evidemment que je le soutiens dans des moments pareils. Toi tu sais que tu vas jouer et pas lui. Il aimerait être à ta place, tu y penses forcément."

A. Philippon : "C'est certain !"

R. Sergio : "Alors, il faut vraiment profiter de cette chance de pouvoir jouer par rapport à ceux qui ne peuvent pas. J'espère que cette année, vu leur bon départ en N2 (GOAL FC est leader de sa poule), ils iront au bout."

Antoine Philippon : "Avec le FCVB, l'aventure en coupe de France terminée contre le PSG, ça reste LE match d'une carrière pour nous !"

A. Philippon, quand vous avez vu le FCVB en barrages pour la montée en Ligue 2, vous les avez enviés un peu ?

A. Philippon : "Je les enviais surtout parce qu'ils pouvaient jouer, eux. J'ai passé ma demi-saison à regarder leurs matches. J'étais content pour Rémi. C'est dommage au final d'avoir loupé cette montée en Ligue 2. Ils sont passés pas loin."

Vous vous êtes connus à Villefranche. La plupart du temps, c'est difficile d'être amis dans un vestiaire parce que vous êtes surtout des collègues de travail… Qu'est-ce qui a favorisé votre amitié ?

R. Sergio : "Il en avait marre de prendre sa rouste au tennis-ballon, je crois ! (rire)."

A. Philippon : "Alors là, t'as pas le droit ! (rire)."

R. Sergio : "Après chaque entraînement il commençait à en avoir marre de perdre alors il m'a demandé d'être mon collègue pour que je le laisse gagner…(rire)"

A. Philippon : "Plus sérieusement, avec Rémi on parle le même football. On vit notre métier-passion à 100%. Même en dehors du foot, quand on va manger, on va faire attention pour être performants à l'entraînement et en match. On aime le jeu. Bon, lui aime plutôt Payet et moi pas du tout ! (rire). "

R. Sergio : "Notre amitié s'est faite naturellement. On aime le foot de la même manière. C'est difficile à expliquer…(il cherche ses mots)."

A. Philippon : "On aime bien se chambrer sur les mêmes choses."

Quel est le souvenir commun le plus fort que vous avez vécu à Villefranche ?

R. Sergio : "C'est l'aventure vécue en coupe de France (défaite en 8e de finale contre le PSG, 0-0 à la fin du temps réglementaire, 0-3 ap, le 6 février 2019). Antoine avait sorti les gants de velours ! Je crois qu'il doit se repasser le match tous les jours ! (rire). Il avait été énorme."

A. Philippon :(il coupe) "Si c'était aujourd'hui, on finirait aux pénaltys ! C'était LE match d'une carrière, un parcours de dingue cette saison-là !"

R. Sergio : "C'est le moment le plus fort qu'on a connu ensemble. Mais je n'oublierai pas son côté tricheur au Uno ! Avec lui, les cartes volaient ! (rire)"

A. Philippon :(il nie…) "Au Uno, j'étais pas le pire ! Il y avait de vrais tricheurs dans l'équipe, les Mambu, Belkorchia..."

Vos coéquipiers, vos entraîneurs disent souvent la même chose : vous êtes extrêmement sérieux en dehors du terrain. Il n'y a pas un moment où vous vous dites que c'est un peu trop, que ça reste du foot et qu'il faut profiter un peu ?

A. Philippon : "Non. Il faut toujours garder une certaine rigueur si tu veux durer, envers soi-même, savoir ce que tu manges, savoir comment tu dors même si je ne comprends pas que Sergio puisse faire des siestes de 4 heures ! (rire)."

R. Sergio : "C'est propre à chacun. Avoir un cadre, ça me permet de rester concentré sur le match suivant, les entraînements. C'est ce qui me fait du bien. Parfois j'aimerais être plus relâché par rapport à ça mais quand j'essaie, je vois que ça ne marche pas. Après, je reviens à l'essentiel. Pour moi, c'est un mode de vie d'être sérieux. Le corps c'est notre outil de travail."

A. Philippon : "C'est là où l'on se sent le mieux."

Vous avez conscience que pour la nouvelle génération, le foot ça reste souvent ce qui se passe sur le terrain ?

A. Philippon : "Comme dit Rémi, c'est propre à chacun. En étant passé par le monde pro, j'ai appris de ça. J'ai vu que ceux qui étaient souvent blessés, à côté ils faisaient peu attention. Je me suis dit que si je voulais durer un peu dans le foot, je devais mettre toutes les chances de mon côté."

R. Sergio :(Il coupe) "Il est pro Antoine ! (rire). Mais pour être franc, les jeunes d'aujourd'hui font plus attention que nous à leur âge. Avec les réseaux sociaux ils voient ce qui peut les aider dans l'approche du métier. C'est différent."

Les expériences connues plus haut et ailleurs, ça sert pour avancer aujourd'hui ?

A. Philippon : "Tu prends tout ce que tu peux prendre. Tu as connu pleins de joueurs, des entraîneurs différents. Tu te sers de l'expérience de chacun pour grandir."

R. Sergio : "Tu essaies de ne pas reproduire les erreurs du passé, en étant moins impulsifs. Tu peux aussi te servir de ce qui t'as permis de connaître le niveau supérieur. C'est difficile de changer mais il est toujours possible d'évoluer à tout âge, même après la trentaine."

Quel est le coach qui vous a le plus marqué ?

A. Philippon : "Jean-Marc Furlan à Troyes, lors de mes premières années pros. Il était fou ce coach ! Il adore le foot. Il était déjà futuriste, tous ses entraînements c'était que du ballon. Aujourd'hui beaucoup d'équipes veulent jouer de cette façon mais il y a dix ans, ce n'était pas le cas. Tout était pointilleux. J'ai vécu deux ans de pur bonheur avec Furlan."

R. Sergio : "Pour moi, ça reste Éric Chelle le coach que j'ai connu à Marseille Consolat (2016-2017). Il débutait et nous a fait jouer d'une manière incroyable. C'était un coach très fédérateur. Il nous demandait tellement de rigueur avec ou sans ballon que chacun savait ce qu'il avait à faire. On jouait en losange, une tactique qui nécessite d'être bien impliqués quand on veut bien l'utiliser. On a loupé la montée en Ligue 2 pour un point. Je me suis régalé cette année-là."

Rémi Sergio : "Dans le foot, il n'y a pas de place acquise"

La concurrence, c'est le moteur pour se remettre en question dans un groupe ?

A. Philippon : "Elle fait toujours avancer. Personne n'est assuré de jouer tout le temps. Je fais mon auto-critique après chaque entraînement."

R. Sergio : "Il n'y a pas de place acquise. C'est ça la vérité. Il faut prouver au quotidien et en match que l'on mérite sa place. Revoir ses matches, c'est important, même à notre niveau pour souligner ce qui n'a pas été. C'est facile de voir ce qui a bien été, l'inverse est plus utile, je pense. C'est ce qui permet de progresser."

A. Philippon :(il s'apprête à chambrer Sergio qui a manqué un pénalty à Châteauroux, en décembre avec le FCVB (0-0)…) "Je prends toujours l'exemple de celui qui loupe un pénalty... (rire)"

R. Sergio : "C'est ça, oui ! Commence pas avec ça ! (rire)."

L'après-foot, on commence à y penser ?

R. Sergio : "Je ne peux pas le dire, même si je commence à y songer."

A. Philippon : "On verra dans quelques temps, selon les opportunités. Mais là, on veut encore prendre du plaisir pendant quelques années."

Quand ça s'arrêtera, vous aurez l'impression d'avoir été des privilégiés ?

A. Philippon : "Certainement. Le fait d'avoir vécu de sa passion, ça reste magnifique."

R. Sergio : "Evidemment. C'est un peu bateau de dire ça mais se lever pour aller jouer au foot, ce n'est même pas un métier, ça reste un jeu ! On arrive à vivre de ça, sans contraintes de temps."

Rémi Sergio, votre gardien et coéquipier au FCVB, Jean-Christophe Bouet disait, il y a peu, que ce privilège, il a quand même fallu aller le chercher et que c'était une chance que chaque joueur ambitieux pouvait saisir. C'est aussi votre avis ?

R. Sergio : "Il y a pleins de facteurs qui entrent en compte. Ce sont des choix de vie, souvent. Ce n'est pas forcément un manque de qualité."

A. Philippon : "Le poids de la famille compte aussi. Certains préfèrent vivre dans un environnement qu'ils connaissent que de bouger aux quatre coins de la France. C'est un choix. Je viens du monde amateur sans avoir connu de centre de formation, ça reste exceptionnel de passer de rien à la possibilité de vivre du foot."

Si le FCVB ne monte pas en Ligue 2 et que le GOAL FC grimpe en National, vous vous retrouverez peut-être la saison prochaine. Ce sera avec plaisir ?

R. Sergio : "Ah ça oui! Antoine aura plaisir à prendre un coup-franc pleine lucarne ! Je vais bien lui fêter son retour en National ! Il va vite comprendre ! Il va croire que je vais lui mettre côté mur et je la placerai côté gardien ! (rire)."

A. Philippon : "Le jour où Rémi Sergio mettra un coup-franc, je ne serai plus en Calade ! Déjà qu'il tire les pénaltys au-dessus ! (rire)."

R. Sergio : "Prépare-toi bien, je te le redis !"

A. Philippon : "J'aimerais vraiment un jour rejouer avec lui avant la fin de ma carrière dans un club du sud…"

R. Sergio : "Pas moi ! Tu n'es pas fait pour le soleil mon pote ! (rire)"

Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse

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