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Football/Un dimanche avec… Jamal Alioui

Avant la venue de Nancy lundi soir à Armand-Chouffet, l'ancien coach du Goal FC, désormais dans la peau d'adjoint de l'entraîneur nancéen Albert Cartier, évoque son nouveau quotidien de numéro 2 sur un banc, une étape de plus dans son parcours.
Sur les terrains d'entraînement de Nancy, l'ancien coach chasselois découvre la vie d'un club professionnel, sans guère de répit...
Facebook AS Nancy - Sur les terrains d'entraînement de Nancy, l'ancien coach chasselois découvre la vie d'un club professionnel, sans guère de répit...

SPORTSFootball Publié le , Patriote REDACTION

D'ordinaire, quand le calendrier du National paraît, on coche les dates d'un possible derby, pour évoquer la trajectoire des anciens joueurs passés par le Beaujolais, histoire de renouer le lien d'un passé forcément marquant. Et une fois n'est pas coutume, cette fois-ci c'est un entraîneur, Jamal Alioui, qui, dès cet été, et l'annonce de son arrivée en Loraine à Nancy, avait attiré l'œil des suiveurs d'un championnat qui ne fait jamais de cadeau aux relégués de Ligue 2. Un club pas comme les autres, dont l'expérience du National est une nouveauté que tous ses nombreux supporters espèrent la plus éphémère possible. Et c'est dans cette actualité-là qu'est désormais plongé l'ancien international marocain, dont le fief rhodanien et l'attachement qui s'y colle demeurent une réalité plus lointaine et qu'il aimera retrouver le temps d'une journée de National où le mot défaite est proscrit, dans les deux camps.

Comment s'est déroulé le fil de votre arrivée à Nancy dans un rôle d'adjoint d'Albert Cartier après une première expérience sur le banc d'une N2 au Goal FC l'an passé ?

"Avec Albert Cartier, on se connait depuis très longtemps et mon passage à Metz (saison 2005-2006) comme joueur. J'étais en discussions avec plusieurs clubs pour être numéro 1. Et quand le projet de Nancy, club qui descend de Ligue 2, est arrivé, je me suis dit pourquoi pas tenter l'aventure dans un rôle d'adjoint, une expérience que je voulais connaître dans mon parcours."

Devenir adjoint quand vous veniez de vivre une saison comme numéro 1 en N2 au Goal FC, cela n'a pas été un choix difficile à prendre ?

"Je pars du principe qu'il y a toujours des étapes à franchir. J'ai entraîné en jeunes (U17), en N3 et en N2, l'an passé, avec un super parcours où nous avons été longtemps leader, sans monter au bout. Là, devenir adjoint en N1, c'est pour moi une progression constante dans le but de retrouver, plus tard, un poste de numéro 1. Avoir une exigence supplémentaire, c'est toujours faire preuve d'envie d'apprendre."

Le rôle d'adjoint nécessite souvent la capacité d'être plus en retrait. Quand on a votre tempérament, est-ce une vraie épreuve à surmonter ?

"Il faut savoir s'adapter dans ce métier. Chacun a sa perception du foot et quand tu es numéro 2, tu dois t'adapter à la volonté du coach principal, mais cela ne t'empêche pas de donner ton point de vue."

"Thomas Robinet est un garçon qui tire tout le monde vers le haut. Avoir un tel compétiteur dans un groupe, c'est un plus véritable"


La part de frustration dans ce rôle, vous la gérez comment ?

"En tant que numéro 1, j'étais proche des joueurs. C'est encore le cas cette saison. Je suis un peu le relais entre le coach et le groupe. Et je le vis bien."

Cela vous met en première ligne dans les séances. Récemment, on a parlé d'un clash entre vous et l'attaquant Victor Glaentzlin qui ne sera pas déplacement à Villefranche avec Nancy. Ces tensions ça fait partie du job aussi ?

"J'ai une très bonne relation avec Victor ! Il avait besoin de temps de jeu et c'est pour cette raison qu'il sera avec la réserve. Il n'y a pas eu d'altercation ni de clash comme j'ai pu le lire, seulement des divergences dans la façon de penser et ça fait partie du foot. J'en sais quelque-chose. Je n'ai pas toujours été tendre avec mes entraîneurs quand j'étais joueur. Il faut savoir dire les choses. Les joueurs ont du tempérament, tant mieux !"

Quel regard portez-vous sur le début de saison de Nancy en National ?

"Il ne faut pas oublier que 95% de l'effectif a été changé. Il a fallu reconstruire une cohésion de groupe et cela nécessite du temps."

L'arrivée de Thomas Robinet, un vrai buteur habitué du National, a changé quoi dans votre jeu ?

"Il connaît parfaitement le National. C'est un top joueur. On ne le présente plus. Il est passé par Villefranche, tout le monde le sait. Avoir un tel compétiteur dans un groupe, c'est un plus véritable. Humainement c'est un bon gars. Tout entraîneur aime avoir ce genre de joueur qui assimile vite les choses et qui reste ouvert à la discussion, à l'écoute. On est vraiment dans l'échange avec lui. Albert Cartier qui l'avait lancé à Sochaux, voulait vraiment l'avoir dans son effectif. C'est un garçon qui tire tout le monde vers le haut."

"J'ai vraiment apprécié de travailler avec le président du Goal FC, Jocelyn Fontanel. Je n'oublierai pas mon passage là-bas."

Vous découvrez le fonctionnement d'un club professionnel, de l'intérieur. Qu'est-ce qui vous a le plus marqué ?

"Les heures passées dans un bureau. J'arrive le matin à 8h et je repars le soir souvent après 18h. Le travail du détail est constant. C'est une fonction vraiment enrichissante. J'ai beaucoup de missions, il faut sans cesse trouver la bonne manière de faire, c'est stimulant, en permanence."

Dans une saison de National avec autant de descentes (six), comprenez-vous que certains entraîneurs privilégient l'efficacité au détriment de la qualité de jeu parce qu'il y a l'urgence de prendre des points ?

"Il faut vraiment mettre l'accent sur l'efficacité, c'est vrai. Moi qui découvre le National, au-delà de cette urgence de prendre des points, je constate surtout qu'il y a un vrai fossé entre la N1 et la N2. Dans toutes les dimensions du jeu : tactique, athlétique, maturité dans le jeu, expérience."

En quoi votre passage sur un banc de N2, au Goal FC, vous sert-il aujourd'hui ?

"J'y ai puisé beaucoup de choses. J'ai vraiment apprécié de travailler avec le président du Goal FC, Jocelyn Fontanel. Je n'oublierai pas mon passage là-bas. On avait pratiqué l'un des meilleurs football de N2, l'an passé. J'ai une grande reconnaissance envers Jocelyn et Anthony Réveillère (ex-directeur sportif du club)."

"Avec Chasselay, c'était une fin de carrière où j'avais encore envie de jouer. En termes d'émotion, j'y ai vécu de belles choses, surtout en coupe de France…"

Quand l'entraîneur actuel du Goal FC reconnait que vous aviez certainement la meilleure équipe de N2, l'an passé en termes de qualité de jeu, est-ce quelque chose de gratifiant pour vous ?

"Evidemment. Mais lui aussi fait du bon boulot avec un staff qui était déjà en place l'an passé, dans la continuité de ce que nous avions fait : cette volonté de jouer alors que l'effectif a été renouvelé. Il a apporté sa touche personnelle. Il a réussi à faire monter Toulon en National. C'est un coach qui a du vécu et à qui je souhaite le meilleur."

Leur début de saison ressemble un peu au vôtre la saison dernière…

"Ils ont vraiment bien fait de changer de poule. Et ça peut jouer à la fin, contrairement à nous…"

Avoir été joueur à Chasselay, est-ce que finalement cela ne vous a pas desservi quand vous êtes passés sur le banc ?

"Dans quel sens ?"

Peut-être que l'exigence envers ceux qui ont connu le club était supérieure ?

"Mais pour moi l'exigence fait partie du foot. Elle est même incontournable."

"Nancy viendra à Villefranche avec le plus grand des respects"

Vous avez fermé votre carrière de joueur à Chasselay (2016). Il en reste quoi comme images ?

"C'était une fin de carrière où j'avais encore envie de jouer. Quand il n'y plus ça, j'ai arrêté. Mais je ne voulais pas partir sur l'image d'un gars qui était cramé. En termes d'émotion, j'y ai vécu de belles choses surtout cette belle aventure en coupe de France (16e de finale, en janvier 2014 contre Monaco, défaite 3-0). C'était un esprit familial qui a beaucoup changé, depuis."

Cette saison, en National, vous êtes dans un championnat avec énormément de relégations au bout. Est-ce que ça change la nature profonde des staffs en place, quand vous voyez ce que vivent des entraîneurs comme Alain Pochat à Bourg ou Hervé Della Maggiore à Villefranche, cette obligation permanente de résultats pour sortir de la zone rouge ?

"De toutes façons, quand tu perds un match, la pression est toujours présente, derrière. Que ce soit Pochat ou Della Maggiore, ils ont largement prouvé leurs compétences avant cette saison. Ils savent ce qu'est de gérer la pression."

Même Cris, en difficultés au Mans ?

"Je partage beaucoup avec Cris. Mais on parle d'exigence tout le temps, c'est une partie du métier. Tu gagnes un match, t'es le meilleur et dans le cas contraire, t'es le plus nul. Cette perception des choses, de l'extérieur, est malheureuse mais que peut-on y faire ?"

"Hervé (Della Maggiore) a prouvé, en frôlant la montée en Ligue 2 deux saisons d'affilée avec Villefranche, qu'il était un bon coach"


Lundi, vous affrontez Villefranche, à Chouffet, une équipe en quête de sûretés défensives pour sortir de la zone rouge. En quoi Nancy peut-il tirer profit de cette situation ?

"Nancy viendra à Villefranche avec le plus grand des respects parce que le FCVB a quand même été barragiste lors des deux dernières saisons. Ils ont connu un creux dans ces saisons-là qui a toujours été comblé. Pour bien connaître ce club, c'est une équipe qui a toujours su se reprendre sur une saison, en finissant bien. Ils ont des garçons (Nirlo, Sergio, Renaut, Flegeau…) avec tellement d'expérience ! Ils ont un projet de jeu et ne vont pas se poser des questions."

Justement, quand on est en quête de points, est-ce que la solution passe forcément par le jeu ?

"Je le pense. Jouer ça ouvrira toujours des brèches. Tu veux faire quoi d'autres, sinon ?"

Devenir plus attentiste, être davantage dans la transition, jouer plus verticalement, laisser le ballon à l'adversaire…

"Oui mais est-ce que Villefranche a les joueurs pour ça ? Hervé (Della Maggiore) a beaucoup d'expérience mais il sait surtout s'adapter aux joueurs qu'il a dans son effectif. Il y a des matches où ils pouvaient l'emporter cette saison. C'est une équipe avec du caractère. Et ce ne sont pas les seuls à avoir mal débuté. C'est un championnat très long. Ceux qui sont devant aujourd'hui, je ne suis pas sûr qu'ils le seront encore à la fin. Je sais de quoi je parle… Il faut laisser s'installer la sérénité, permettre à tout coach de bien travailler. Et Hervé (Della Maggiore) a prouvé, en frôlant la montée en Ligue 2 deux saisons d'affilée, qu'il était un bon coach. A Villefranche, ils ont un président (Philippe Terrier), assez réfléchi qui laisse du temps à ses entraîneurs. C'est une des forces du club."

"Nancy est un club qui continue d'attirer entre 7000 ou 8000 personnes à chaque match à domicile. Il y a un vrai engouement derrière l'équipe"

Vous venez de faire sortir de la coupe de France par une R1 à Reipertswiller (3-2). Cet échec a été vécu comment à Nancy ?

"Cela ne fait jamais plaisir ! Malheureusement pour nous, ça fait partie de la beauté de la coupe de France. C'est une remise en question pour nous. On s'est réfugiés dans le travail toute la semaine pour venir faire un résultat positif à Villefranche, lundi soir."

Concarneau qui empile les victoires commencent à s'échapper en tête du championnat et les écarts commencent à se poser. Avez-vous la sensation d'un basculement actuel de la saison ?

"Concarneau se détache comme l'an passé mais il faut se garder d'avoir des conclusions hâtives dans ce championnat. Je me souviens, en N2, que la saison dernière on avait 10 points d'avance avec le Goal FC, en tête de notre poule… On a vu ce qui est arrivé à la fin avec Martigues qui comptait 14 points de retard à la trêve et qui a fait un sans-faute en seconde partie de saison. Tout est toujours possible."

A Nancy, l'exigence d'une remontée en Ligue 2 est-elle perceptible ?

"Oui car ils n'ont jamais été relégués en National. C'est un club qui continue d'attirer entre 7000 ou 8000 personnes à chaque match à domicile. Il y a un vrai engouement derrière l'équipe, les supporters n'ont pas abandonné le club malgré la descente. Et c'est plutôt bon signe quand on y est."

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