AccueilSPORTSFCVBFootball/National : sur le chemin du derby FCVB-Bourg avec… Nicolas Roux

Football/National : sur le chemin du derby FCVB-Bourg avec… Nicolas Roux

Avant le derby de vendredi prochain à Armand-Chouffet, focus sur l'histoire d'une rivalité qui dure, du Beaujolais à l'Ain. Et après le Burgien Boris Berraud, c'est Nicolas Roux, ancien milieu défensif du FCVB qui poursuit le récit d'une rivalité jamais éteinte.
Football/National : sur le chemin du derby FCVB-Bourg avec… Nicolas Roux
Archives FRANCK CHAPOLARD - Nicolas Roux, avant le huis-clos des journées de National, assistait régulièrement aux rencontres du FCVB à Armand-Chouffet.

SPORTSFCVB Publié le ,

La mémoire ne lui joue pas encore des tours. Entre 1999 et 2001, Nicolas Roux a été ce milieu de terrain qui cavalait pour deux en prenant le dessus sur tout le monde, souvent sur des adversaires autrement plus athlétiques, parce qu'il avait ce petit truc en plus : courir et voir juste. Alors lorsqu'il retrouvait le meilleur des Bressans sur sa route, le numéro 10 Boris Berraud, c'était souvent épique. On apprenait à tous les numéros 6 de France à suivre le 10 d'en face. Petits ou grands, personne ne cherchait un 3-5-2 à analyser, l'attaquant jouait en pointe et c'était bien suffisant. On allait au stade aussi pour savourer ces duels-là. On restait longtemps à la buvette. A Peronnas, l'ancien stade de Bourg, ou à Chouffet, ça débordait de vilains mots le long de la main-courante ou de noms d'oiseaux en tribune, de grosses prises de tête ou de bec sur le terrain. C'était il y a un peu plus de vingt ans. Et quand Nicolas Roux ouvre à nouveau ce chapitre-là, il dit ce qu'a toujours été un derby, entre Villefranche et Bourg, de l'attente à l'après-match : un rendez-vous à part, que l'on se racontera plus tard, à l'heure où il ne restera plus que ça à partager, des souvenirs.

Nicolas Roux, si l'on vous demande quel est le derby qui vous a le plus marqué, vous citeriez lequel ?

"Celui joué en janvier 1998, en 32es-de-finale de la coupe de France. On avait perdu 4-2 après prolongations. Quel match ! Il y avait énormément de monde à Peronnas. On avait terminé le match à dix. Latta (défenseur du FCVB), avait mis un sacré tacle sur Arredi au bout de 20 minutes. Tout le reste du match, on s'était bien battus. En face, Bourg, c'était la grosse artillerie. Si nous étions passés, derrière on pouvait rêver, défier un club de Ligue 1. Et finalement, c'était eux qui avaient fait un beau parcours (NDRL : Bourg avait perdu en quarts-de-finale face à l'OL, 1-0). On avait perdu plus qu'un match, l'occasion de vivre une belle aventure en coupe."

Les Bressans disent souvent que le vrai derby de leur saison se situe à Villefranche. Et les Caladois disent presque tous souvent la même chose. Qu'est-ce qui nourrit, selon vous, cette préférence-là ?

"Dans la région lyonnaise, il y a tellement de clubs que quand on allait dans l'Ain, c'était une traversée au goût particulier. Boris Berraud disait que la rivalité existait déjà en DH. Nous, quand nous jouions contre eux en N2, et c'est souvent arrivé, on attendait "vraiment" ce match. C'était ancré en nous. Je me souviens qu'un jour le président Barbier (NDRL: ancien président du FCVB), n'avait pas voulu que l'on traverse la Saône pour la collation. On mangeait un morceau dans un restaurant près de chez nous avant de faire les 50 bornes jusqu'à Bourg. C'était ça la rivalité. Et puis chez nous, il y avait des joueurs comme Chabert ou Boulon qui venaient de l'Ain, ça ajoutait du piment à tout ça !"

"On voulait s'expliquer sur le terrain !"

Qu'est-ce qui définit ces deux villes ?

"Ce sont deux villes assez semblables. Ce ne sont pas de grosses agglomérations. L'ambiance restait assez champêtre. Il y avait, lors du derby beaucoup de monde à Peronnas mais les Bressans venaient aussi en nombre à Chouffet. On savait les accueillir. Et puis Villefranche et Bourg ont toujours été des villes sportives. Eux avaient le rugby, le basket et le foot, nous avions aussi le hand, le foot et le rugby qui évoluaient à un haut niveau. Le sport a toujours bien définit ces deux villes."

Ce derby représentait quoi à vos yeux quand vous étiez joueur ?

"Pour être motivés, on l'était tout le temps ! Il y avait une rivalité qui pouvait être cordiale avec certains (Boris Berraud) mais avec d'autres, c'était une autre histoire… Les Arredi ou Collet, c'étaient de sacrés caractères ! On voulait s'expliquer sur le terrain ! (rire). Ils ne lâchaient jamais rien. Chez nous, on avait aussi de bons clients, je pense à Jean-Michel Picollet, Latta ou Boulon, c'était le genre de match qu'ils appréciaient, "

Boris Berraud disait que vous lui réserviez un traitement particulier. C'était si dur de jouer face à un tel numéro 10 ?

"C'était leur maître à jouer et on avait comme objectif de limiter son influence. Je l'appréciais beaucoup parce que c'était quelqu'un de respectueux mais s'il fallait mettre le pied, je n'hésitais pas… Aujourd'hui, avec du recul, ce qui me réjouis c'est de voir l'évolution de ces deux clubs, dans le bon sens."

Quel était le joueur majeur de ce derby ?

"Je citerais Berraud et Collet. Ils étaient presque tout le temps décisifs. Et Arredi aussi, mais pour ses chambrages !"

"Vendredi, l'avantage sera clairement du côté d'Alain Pochat"

Hervé Della Maggiore, l'entraîneur de Villefranche, est un ancien bressan. Il va se retrouver face à Alain Pochat, un ancien du FCVB. Qu'est-ce que ça peut donner ?

"L'avantage sera clairement du côté d'Alain Pochat. Il connait tellement bien les deux clubs, aujourd'hui. Mais pour l'intérêt du derby, l'arrêt du championnat de N2 et la question de nombre de descentes peut jouer sur l'issue de match. C'est dommage. Hervé Della Maggiore aura envie de gagner contre son ancien club, ça se comprend. Et Pochat voudra peut-être faire un joli pied de nez à son club en l'emportant."

Un pronostic ?

"Je vois une victoire de Villefranche, 1-0. Ils restent quand même sur une bonne dynamique."

Ils viennent de s'incliner au Mans (2-0)…

"Cela ne peut pas effacer leur belle série de huit journées sans perdre. Je suis fan de leur milieu à trois (Sergio-Blanc-Taufflieb). C'est le foot que j'aime. Il n'y a rien à faire, je vois Villefranche gagner. Mon cœur est caladois !"

Le huis-clos pour ce derby, qu'est-ce que ça vous évoque ?

"C'est dommage de manquer toutes ces rencontres. Fin novembre, ne pas pouvoir voir notre match du vendredi soir, boire des coups avec les copains (NDRL : les anciens joueurs du FCVB, Latta, Picollet, Thevenet), c'était difficile. Mais là, on se dit que la saison prochaine tout repartira. On retrouvera ce plaisir parce que un derby Villefranche-Bourg, c'est aussi des histoires qui se vivent à la buvette !"

Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse.

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?