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Football/National 2/Un dimanche avec… Edouard Chabas

Avant de reprendre le fil d'une saison jusqu'ici prometteuse en N2, rencontre avec le directeur sportif du Goal FC, Edouard Chabas, avec en ligne de mire un destin plus grand, espéré au printemps prochain.
Football/National 2/Un dimanche avec… Edouard Chabas
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SPORTSFootball Publié le , RALPH NEPLAZ

Il faut du temps pour mener à bout un projet, une ambition. Les années de Covid ont sans cesse plombé les dernières saisons du Goal FC, qui a vu, ses voisins de palier en N2, grimper en National (Annecy, Martigues, Le Puy…), à tour de rôle, laissant les Chasselois à cet étage, en habitués qui, un jour ou l'autre, auront l'envie de déménager pour voir ce qui se passe plus haut. Cette saison, le Goal FC leader d'une poule du centre-ouest jusqu'ici inconnue, à la trêve, a encore son destin dans les pieds à l'aube d'une seconde partie de championnat où tout sera plus compliqué comme la perte de son déclencheur des bonnes passes, Enzo Reale (déchirure), l'a démontré en amical vendredi face au FCVB (3-1). Sur ces perspectives-là, le directeur sportif du Goal FC, Edouard Chabas, a ouvert quelques parenthèses ce dimanche, avec une certaine prudence. Parce que le plus dur reste à venir, dès la réception des Herbiers samedi prochain, un dauphin ambitieux.

Cet été, quand on revient sur le changement de coach et le remplacement de Jamal Alioui, sur quoi votre choix d'engager Fabien Pujo s'opère-t-il ?

"Sur une réflexion poussée et devenue assez vite évidente pour nous. Fabien Pujo, c'est plutôt un coach qui est dans un projet de jeu de possession. Les notions d'attaques placées, de sorties de balle de derrière, il maîtrise ça très bien. C'est dans la continuité de ce que faisait Jamal (Alioui). Il est arrivé en étant honnête et a avoué avoir pris du plaisir à regarder nos matches de la saison passée. C'est aussi pour cela que le Goal FC l'a choisi, parce qu'il est adepte d'un football où l'on ne subit pas les choses. Quand le championnat a démarré, sa force a été de dire qu'avec 16 ou 17 nouveaux joueurs et une campagne de matches compliqués où l'on prenait des buts, sans en marquer beaucoup, en étant fragiles, il fallait revenir à des choses basiques : d'abord prendre des points sachant que les affinités sur le terrain émergeraient progressivement. Au bout de sept journées, on a commencé à voir les séquences de jeu qui étaient présentes l'an passé. Il faut toujours du temps pour travailler, la sérénité vient ensuite."

A la trêve, vous avez 5 points d'avance sur le second – Les Herbiers – en ayant basé votre début de saison sur l'efficacité sans avoir toujours brillé dans le jeu. A moyen terme, ça peut tenir la route contrairement à la saison dernière ?

"Très rapidement, le coach (Fabien Pujo) a dit à tout le monde, en haussant le ton, qu'il ne fallait plus parler de l'année dernière. Ok, tout le monde, louait notre fond de jeu, mais il faut faire le deuil de ça et repartir avec un effectif qui aura besoin de temps pour se construire une identité de jeu. Fabien Pujo a su dire que les choses se mettraient en place progressivement et que peu à peu on sera capables de lier l'efficacité et la manière. Aujourd'hui, ça se tient."

"Loïc Dufau, Enzo Reale, Lucas Camelo, Florian Raspentino : ces gars savent ce que c'est que d'être en position de chasseurs ou de chassés "

En quoi l'échec de la saison passée a-t-il changé le club ?

"Je n'ai pas la certitude que l'on ne revivra pas ce qui s'est passé l'année dernière. Mais en termes de personnalités et de parcours, on a des joueurs qui ont déjà vécu le fait d'avoir cinq points d'avance ou de retard. Je pense à Loïc Dufau, Enzo Reale, Lucas Camelo, Florian Raspentino. Ces gars savent ce que c'est que d'être en position de chasseurs ou de chassés. Là où il faut être plus vigilant, c'est au niveau du club, de manière générale. Aujourd'hui on a connu qu'une défaite et une élimination en coupe de France, et sur ces faux-pas, j'attends de voir comment le club va maintenir une certaine sérénité quand on connaitra d'autres défaites. Et ça va arriver. Ce ne sera pas grave. On l'a dit depuis le début, l'échéance c'est fin mars pour le sprint final. Dans cette optique, avoir 10 ou 15 points d'avance, à la trêve, si c'était le cas, ne changerait rien, il faut rester assez serein."

Quand vous regardez derrière vous, quels sont les adversaires les plus dangereux au classement ?

"Sur la qualité de jeu, Saumur et Les Herbiers ont proposé un football très agréable. Il faut leur rendre hommage, on sent que ça travaille et qu'il y a des idées dans le jeu. Sur le vécu et la dimension d'un club, sa capacité à connaître tout ce qui peut se passer dans un sprint final, je garde Les Herbiers. Ils ont un historique en coupe et championnat qui reste au-dessus des autres. Je rajoute aussi Bergerac. Quand on est allé faire 2-2 chez eux, on a senti que c'était une équipe qui nous ressemblait dans la personnalité, le caractère et l'expérience. Sur ce match, j'avais retrouvé ce que l'on pouvait avoir l'an passé dans la poule sud, ces quatre ou cinq tauliers dans une équipe. Ils ont vécu quasiment la même chose que nous l'an passé en étant longtemps devant avant de se faire rattraper sur la fin. Ils ne seront pas loin cette saison. Angoulême, Andrézieux, niveau qualité d'effectif ne sont pas à négliger non plus dans la seconde partie de saison. Ils devraient récolter plus de points, en phase retour."

"On a réussi à conserver notre gardien (Antoine Philippon) et la qualité de ses matches depuis le début est assez parlante."

Si montée il n'y a pas en fin de saison, vivrez-vous cela comme un échec de plus pour le Goal FC ?

"Ce sera forcément une déception mais un échec je n'arriverais pas à le dire. A l'extérieur et à l'intérieur du club on m'a répété que l'on aurait du mal à se remettre de la saison passée pour avoir touché du doigt la montée en National. On m'avait prédit que ce serait difficile de remobiliser tout un groupe, à nouveau. Si on s'arrête à cet hiver, sur ce que nous avons accompli, oui ce serait un échec. Mais si on repart à cet été, pendant nos matches amicaux, finalement finir deuxième ou troisième, ce serait une belle saison malgré tout, parce qu'on a tout reconstruit. L'échec, je pense que c'est un mot un peu fort."

Parmi vos recrues, qu'est-ce qui vous réconforte le plus : le versant défensif ou l'aspect offensif ?

"C'est compliqué de juger les nouveaux, à mi-saison. Mais on a la meilleure défense de la poule et notre président, Jocelyn Fontanel, y attache une importance particulière en tant qu'ancien défenseur. On voulait vraiment reconstruire cette base-là pour que nos adversaires se disent que c'est difficile de nous mettre des buts. Notre charnière (Camelo-Touil) fait une bonne première partie de saison mais je rappellerais aussi qu'on a réussi à conserver notre gardien (Antoine Philippon) et la qualité de ses matches depuis le début est assez parlante. Il a de l'entrain, un enthousiasme constant. On a gardé notre latéral droit (Kouadio), un des meilleurs de la poule et ce n'était pas une mince affaire. Comme dans tous les recrutements, ce n'est pas du 100% réussite mais si on additionne ceux que l'on a réussi à garder aux nouveaux, le cocktail a bon goût."

Le rendement de certains nouveaux qui ont joué plus haut (Reale, Raspentino) est-elle une surprise pour vous ?

"Pas vraiment. Dès nos premières discussions, on sentait que ces gars, par rapport à notre projet et surtout leurs questionnements, ne viendraient pas pour rien car dans les moments chauds, au-delà du foot et de leurs qualités propres, intellectuellement, ces joueurs ont du vécu et ne sont absolument pas blasés. Ils aiment le foot ! Vraiment."

C'est-à-dire ?

"C'est une histoire de vécu. J'écoutais, à la reprise, une histoire du coach (Fabien Pujo) qui parlait des mecs qu'il avait connus lors de son passage à Lormont en Gironde (2006-2012) où ils étaient montés de R1 à N3… Quand ils se sont retrouvés pendant les fêtes, entre eux, c'était comme s'ils s'étaient quittés il y a trois jours. Naturellement, tout revenait à la surface : le fameux match où t'es pas bon mais tu vas gagner à la 93ème, le match où t'es mené 2-0 mais tu vas gagner 3-2, bref tous les tournants et les détails d'une saison inoubliable qui peuvent unir un groupe… Pour en revenir à aujourd'hui, je vois que sur ces six premiers mois, j'ai l'impression que le staff et les joueurs ont envie de vivre un truc pareil, ensemble. Même si parfois ce n'est pas toujours séduisant, savoir souffrir ensemble pour avoir un scénario de match positif, ils ont envie d'être ensemble. C'est plutôt une bonne chose parce quand il faut se taper six heures de bus, il vaut mieux avoir ramené un résultat pour bien vivre le truc ! Et pour ça, je dis bravo au staff. Dès le premier jour, sans avoir touché le ballon, quand ils sont partis en montagne, en stage, des leaders se sont dégagés. C'est ce qui est le plus dur sur un recrutement, trouver des bons joueurs mais surtout des gars qui comprennent le contexte du club et les objectifs de cette année-là, précisément. C'est un puzzle que l'on a essayé d'assembler et pour l'instant, même si ça reste fragile, la question de savoir si l'on repartira comme on a terminé est réelle. La réception des Herbiers sera primordiale."

"Sur la relation coach-joueur, je retrouve des choses similaires, entre Alain Pochat et Fabien Pujo, cette confiance réciproque qui s'installe."

Vous étiez en charge du recrutement à Villefranche la saison de la montée de N2 au National (2017-2018). Avez-vous remarqué quelques similitudes entre les deux effectifs, celui de Pochat cette saison-là et celui de Pujo aujourd'hui ?

"Sur la relation coach-joueur, je retrouve des choses similaires, cette confiance réciproque qui s'installe. Je revois certaines causeries d'Alain (Pochat), cette capacité à dicter le scénario d'un match sur ce qui va se passer, la patience à avoir... Je le retrouve complètement chez Fabien Pujo, aujourd'hui. Je ne sais pas si ça vient du caractère du sud-ouest… Mais ça s'imprime vraiment chez les joueurs ! Ensuite, il y a des points incomparables. Quand on monte avec le FCVB, on avait un peu plus de maîtrise dans le jeu. Par contre, là où je note quelques similitudes c'est que tous les petits détails qui penchent en ta faveur sur la connaissance de l'adversaire, avec Villefranche, on avait ça avec nous en seconde partie de saison. La différence aussi, c'est qu'avec Alain (Pochat) on avait perdu trois quatre matches à l'aller et là, qu'un seul avec le Goal FC."

Et vous n'étiez pas en tête à la trêve avec le FCVB…

"On avait du retard sur Andrézieux et Annecy. Mais dans la capacité à transmettre une certaine grinta, je retrouve ça avec Fabien Pujo, cette saison."

Alain Pochat avait également rappelé la nécessité d'être là au printemps quand tout se jouerait… Comment un coach peut faire adhérer un groupe sur des détails qui risquent d'émerger à la fin, sur la durée ?

"Le fait d'avoir des joueurs qui sont passés par ce type de scénario compte énormément. Ceux qui n'ont pas connu ça ont des potes qui ont ça comme expérience, en mémoire. Je prends l'exemple de notre capitaine Loïc Dufau. On avait joué contre son équipe (Le Puy) l'an passé en amical, on les avait battus avec une impression de rouleau-compresseur chez nous. Ils semblaient dans le doute. En fermant les yeux, quand tu te réveilles cinq mois plus tard, nous nous sommes écroulés, eux sont passés devant Bergerac en tête de leur poule pour arracher la montée en National. Tu te dis que tout va très vite en N2. Il est là le vécu de ces gars-là..."

Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse.

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