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Football/National 2 : Dominique Giuly, le chant du départ

Figure majeure de Chasselay depuis quatre décennies, Dominique Giuly ne sera plus, la saison prochaine, de l'aventure d'un club qu'il a vu grandir. Une page se tourne, à Monts-d'Or-Anse.
Football/National 2 : Dominique Giuly, le chant du départ
Franck CHAPOLARD

SPORTSFootball Publié le ,

Dans cette période où même les clubs de foot se cherchent des repères pour penser aux jours d'après, ceux qui choisissent de changer leur futur horizon marquent forcément les esprits. A Chasselay, Dominique Giuly aura tout connu au bout de 41 ans de présence dans ce stade qui porte le nom de son fils, l'ancien international français Ludovic Giuly. Il aura accompagné la vie du club chasselois au fil des différentes dénominations (ASCMO, BMO, MDA Foot), en étant jamais loin du terrain et proche des joueurs qui ont porté MDA au niveau national.

Mais les arrivées au club, cette saison, de l'entraîneur Cris et du directeur sportif Anthony Réveillère, ont modifié les orientations sportives du club présidé par Jocelyn Fontanel. De quoi donner, à Dominique Giuly, l'envie de changer d'air, en rejoignant son ami Mohamed Tria, président de Lyon-Duchère club dont il intégrera la cellule de recrutement.

Une page se tourne à MDA. Des souvenirs, il en restera, forcément comme l'a très justement souligné le capitaine Sébastien Faure : "Dumé, c'était quelqu'un d'important ici. Quand j'étais au centre de formation de l'OL on disait toujours avant de venir jouer à Chasselay que l'on se rendait chez Giuly…Ce n'est pas pour rien que le stade porte le nom de son fils." Et avant de dire adieu, on a demandé à l'intéressé de fouiller dans la malle à souvenirs de ses années chasseloises pour y dénicher les hommes et les instants qui ont compté. Sans regrets.

Le clap de fin

"J'ai vécu la dernière saison de N2 à MDA dans l'ombre mais comme on dit souvent, nul n'est prophète en son pays… Humainement, je ne partageais plus les orientations du club. Je pars à La Duchère où je vais intégrer la cellule de recrutement. Je ne demande pas de reconnaissance car je n'ai jamais voulu prendre la place d'un coach. J'espère sincèrement que MDA parviendra à monter en National la saison prochaine. Je leur souhaite bonne chance. Je quitte un club que j'ai dans le cœur, je ne dis pas que tout est fini…J'y reviendrais peut-être un jour, on ne sait jamais."

La saison lumineuse

"Des saisons qui ont compté, je pourrais en citer deux. D'abord celle de nos débuts à Chasselay en 1983 (défaite 0-1 au 7ème tour de la coupe de France). Un souvenir extraordinaire. Et puis il y a la saison de la montée en CFA2 en 2006. C'était tellement difficile de sortir de l'Honneur de Ligue à l'époque ! On l'avait accompli avec un pote sur le banc, le coach Jean-François Charbonnier. Je pourrais citer aussi la saison où nous sommes allés en 16e de finale face à Monaco, en 2014 mais ce serait prétentieux, mon fils Ludo était revenu au club."

Le joueur

"Beaucoup se sont révélés à Chasselay comme l'international tunisien Anice Badri ou le strasbourgeois Benjamin Corgnet. De loin, le nom qui me revient, c'est celui de Tarek Bouabdellah, notre meneur de jeu qui faisait partie de l'équipe de 2006 qui nous a porté en CFA2. C'était un artiste, le joueur qui nous manquait. Un milieu fabuleux. Il nous a fait rentrer dans une autre dimension. Nous n'avons jamais connu de relégation depuis."

L'entraîneur

"J'en citerais deux. Kamel Boudjellaba et mon ami Noël Tosi. Je suis resté très proches de ces entraîneurs parce que nous partageons d'autres valeurs que celles liées au football. En dehors de Chasselay, j'ai eu la chance de connaître Didier Deschamps lorsqu'il débutait avec Monaco (2004). Humainement, c'est quelqu'un d'unique. Sans avoir une grosse équipe, il a quand même réussi à atteindre une finale de Ligue des Champions. J'ai aussi apprécié la personnalité d'un Rijkaard au Barça. Il accordait une grande confiance à ses joueurs. Pour lui, l'important c'était le match du samedi. La semaine, Ronaldinho pouvait sécher un entraînement et être là le jour du match. Avec lui, Ludo pouvait lever le pied à l'entraînement mais être décisif en match. Il était très proches des joueurs."

Le dirigeant

"Incontestablement, je pense à notre président Gérard Leroy. C'était un animal dans le bon sens du terme. Beaucoup de gens me demandaient ce que je pouvais bien faire à ses côtés. Ils ne le connaissaient pas vraiment. En apparence, c'était une grande gueule mais derrière cette image, c'était un grand sentimental. Il restera LE grand président qui a fait grandir ce club. "

Ralph Neplaz

Correspondant local de presse

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