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Football National/Thomas Robinet : "Ce sera un vrai rapport de force"

Suspendu face au FCVB ce vendredi, le meilleur buteur d'une équipe de Châteauroux reboostée par son nouveau duo d'entraîneurs Chabert-Mokeddem, décrit les attentes liées à ce rendez-vous, le dernier de l'année.
Football National/Thomas Robinet : "Ce sera un vrai rapport de force"
© La Berrichonne Châteauroux - Huit buts à son actif, l'ancien attaquant Caladois, aujourd'hui Castelroussin, est actuellement deuxième meilleur buteur du National.

SPORTSFCVB Publié le , RALPH NEPLAZ

Un papa comblé. Joint un mercredi après l'entraînement, Thomas Robinet, deuxième meilleur buteur du National – huit réalisations – derrière la doublette Durbant-El Khoumisti (10 buts chacun) gère tranquillement sa fille de neuf mois et son petit gars de trois ans, oubliant, un instant, la frustration de sa prochaine suspension contre Villefranche, après sa (rude) exclusion lundi soir à Annecy (0-0) où Châteauroux a ramené un point qui lui permet de rester en embuscade dans ce top 5 serré. De lui, on a gardé en mémoire son unique saison en Calade, tronquée par le Covid au bout de 22 matches et neuf buts dans son panier (2019-2020). Et depuis, il est allé poser sa générosité de buteur à Laval, puis à Châteauroux cette saison, avec l'ambition de retrouver la Ligue 2, l'échelon connu à Sochaux, son club formateur. Une parenthèse ouverte sereinement. Comme souvent avec lui.

On va croire que le destin vous en veut avec cette suspension à venir contre Villefranche, votre ancien club que vous n'aviez pas pu affronter lorsque vous étiez à Laval l'an passé au match aller (0-0)…

"C'est un truc de fou ! Suis dégoûté. Sans parler du match contre Villefranche, ce n'est jamais plaisant d'être suspendu, de rater des matches à ce moment de l'année."

Après le nul ramené d'Annecy (0-0), votre coach (Mathieu Chabert) a souligné un certain pragmatisme dans le jeu. C'était ça l'idée principale dans ce déplacement risqué ?

"L'idée c'était de gagner là-bas. On joue pour ça, quel que soit le match. On est tombés sur un adversaire qui s'est créé des occasions sans non plus être trop dangereux. La plus belle occasion, elle était de notre côté. Après le carton rouge que je prends (75e), l'objectif était de garder ce point."

Au bout de 15 journées, quel regard portez-vous sur votre première partie de saison ? Êtes-vous en retard sur votre plan de marche ?

"On est un peu en retard sur nos ambitions de départ mais ce championnat est très long. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter pour le moment."

"J'ai quitté Laval sur une très bonne note!"

Vous avez quitté Laval sur quelle note, cet été ?

"Je suis parti de Laval sur une très bonne note. Je m'entendais très bien avec tout le monde. J'en garde un très beau souvenir, ma fille est née là-bas, ça ne peut que me marquer. J'ai fait une belle saison (12 buts, 32 matches), meilleure que celle d'avant à Villefranche. Collectivement, on a eu du mal même si nous avions, sur le papier, une belle équipe. On a fini à une place qui n'aurait pas dû être la nôtre mais qui l'a été (12ème). Jusqu'à la fin on a cru aux barrages mais au bout, c'est Villefranche qui a arraché la place. Nous n'étions peut-être pas des prétendants mais jusqu'à cinq ou quatre journées de la fin, tout le monde aurait pu viser cette place de barragiste."

Pour beaucoup de gens, c'était une surprise de voir Villefranche à cette place. En voyant leur remontée au classement assez spectaculaire, vous étiez de ceux qui croyaient en eux ?

"En toute honnêteté, c'était quand même assez incroyable. Je ne vais pas mentir, quand je voyais d'où ils partaient (relégables à mi-parcours), je me disais qu'ils allaient craquer, à quatre ou cinq journées de la fin. Le Mans, Orléans, le Red Star étaient des équipes un peu plus armées pour monter. Au final, ils n'ont pas craqué. Même dans les barrages, ça s'est joué à dix minutes près. C'est dommage. Leur montée en Ligue 2 aurait fait un bien fou au club et à la région. Cela a dû être difficile pour eux de passer à autre-chose ensuite. Mais aujourd'hui, ils le font pas trop mal…"

Le choix, cet été, de rejoindre Châteauroux se base sur quoi : le challenge sportif ? L'aspect financier ? Qu'est-ce qui fait la différence ?

"La différence s'est faite sur le projet sportif. Quand Michel Denisot, Patrick Trotignon et Marco Simone t'appellent, ce n'est pas rien. Le club a fait beaucoup d'efforts pour que je vienne, ça touche. C'est un projet énorme. Les joueurs qui ont été recrutés ensuite (Mexique, Youssouf, Fortuné…) sont des références à ce niveau, en plus de Nolan Roux qui est arrivé après. Tout cela a renforcé mon choix pour Châteauroux, sans hésitations."

Avec un tel vestiaire, comment la mayonnaise peut-elle prendre ?

"Il y a vraiment une superbe ambiance même si nous sommes assez nombreux. Il y a des mecs qui ont côtoyé le haut niveau et connaissent un peu la recette pour faire vivre un groupe, ça aide."

"Mathieu Chabert et Karim Mokeddem sont très complémentaires"

En début de saison, on suivait, à distance, le feuilleton lié au maintien, sans cesse discuté, de l'entraîneur Marco Simone sur le banc qui a finalement été démis de ses fonctions début octobre. C'est aussi ça la vie des clubs ambitieux en National ?

"Cela a pu être surprenant. Mais nous, joueurs, on ne sait pas tout ce qui se passe, ça montrait aussi que le club avait beaucoup d'ambition, ce qui transpire à travers cette décision. C'est à nous de donner le maximum, après, sur le terrain. "

Les arrivées sur le banc des entraîneurs Mathieu Chabert et Karim Mokeddem, ont changé quoi ?

"Ils ont gardé la volonté de bien jouer au ballon, nous ont apporté peut-être plus de pragmatisme et un état d'esprit plus conquérant, ce qui est indispensable dans ce championnat."

Comment se répartissent-ils les rôles ?

"Ils sont très complémentaires. Karim participe aussi aux entraînements. Ce sont deux "gros" caractères qui s'entendent très bien."

Voir un entraîneur comme Karim Mokeddem, très apprécié des joueurs, sans fonctions pendant des mois, ça vous évoque quoi ?

"Je le connaissais de la région lyonnaise. C'est un meneur d'homme. Le voir sans club, c'était surprenant. Il a profité de cette période sans club pour apprendre encore. Cela devait être compliqué à vivre, ça devait le démanger de retrouver le terrain. Aujourd'hui, je suis vraiment heureux pour lui, c'est un bon mec qui connaît très bien le football. A Châteauroux il fait partie intégrante d'un beau projet. Atteindre nos objectifs sera bénéfique pour tout le monde."

Vous jouez à trois axiaux derrière. Cette assise défensive, en quoi apporte-t-elle plus de garanties dans le jeu ?

"Je trouve qu'avec nos pistons, en plus de la qualité de nos milieux, on a plus de poids offensivement devant avec deux attaquants pour créer le danger et faire mal à nos adversaires."

"Je garde un super souvenir de mon passage à Villefranche"

Face à Villefranche, vendredi, sur quoi un tel duel peut-il se jouer ?

"Ce sera un vrai rapport de forces. Si on nous avait dit qu'on affronterait le premier juste avant la trêve, on aurait tous signé. C'est un beau challenge avant les vacances pour valoriser le match nul ramené d'Annecy, lundi (0-0)."

Comment percevez-vous votre futur adversaire caladois ?

"C'est un groupe qui se connaît bien avec des anciens expérimentés. On n'entend pas beaucoup parler d'eux mais depuis le début de saison, ils sont là. Ils viennent de passer premiers en faisant leur petit bonhomme de chemin. J'espère qu'on pourra les contrarier et grapiller des places pour pouvoir, plus tard, les dépasser."

Vous avez vécu une saison écourtée à Villefranche par le Covid en 2019-2020. Il en reste quoi ?

"La saison avait été écourtée mais j'ai l'impression d'être resté très longtemps là-bas. C'est un de mes meilleurs passages dans un club. Au niveau des infrastructures, on ne va pas le cacher, ce n'est vraiment pas le top niveau. Mais il y a une qualité du travail qui comble cela. Quand j'y étais, avec Alain Pochat comme entraîneur, je le sentais vraiment. Villefranche est vrai club familial, beaucoup disent qu'ils le sont mais là-bas c'était vrai. Humainement, cela joue beaucoup. J'en garde un très bon souvenir."

Vous aviez dans cette équipe des joueurs qui ont connu de belles trajectoires ensuite : Blanc et Agounon à Bourg, Dadoune à QRM…

"C'est asse vrai. Brandon (Agounon) a fait un beau début de saison à Bourg, Max (Blanc), tout le monde le connaît. Mais beaucoup sont restés à Villefranche quand même. C'est pour ça que le club tourne si bien d'ailleurs."

Il vous charrie un peu votre ancien coach Alain Pochat de temps en temps ?

"On rigole bien quand on se retrouve. Il a relancé ma carrière quand je suis arrivé à Villefranche. Je n'étais pas au mieux en sortant de Sochaux. Il m'a remis à mon poste et donné de la confiance. Je lui dois beaucoup. Il reste une personne à part dans ma carrière."

Quelle lecture avez-vous de la hiérarchie du moment en National ?

"Ce sera serré jusqu'au bout. La régularité dans la seconde partie de saison sera importante, mais là je ne vous apprends rien."

"Déçu de ne pas pouvoir jouer contre mon ancienne équipe"

Les objectifs personnels pour vous, c'est finir en haut du classement des buteurs ?

"Je veux inscrire le plus de buts possibles, à tous les matches ! C'est pour ça que je suis vraiment déçu de ne pas pouvoir jouer vendredi. C'est très frustrant, surtout contre mon ancienne équipe. J'essaie de pas trop m'occuper des buteurs de nos rivaux."

Justement, le but de Dabasse contre Créteil (1-0) vendredi dernier, vous l'avez vu ?

"Ah oui ! Je l'ai bien vu ! Il est magnifique. Mais toute l'action est belle : la contre-attaque à 3000 à l'heure, la passe, la reprise ! Tout y était. En plus ça vient d'un bon joueur (Dabasse). Je regarde un peu ce qu'il fait, dans le jeu il participe, il a un bon pied, son but ne m'étonne pas."

Il a la même générosité…

"Peut-être. Il est un peu dans le même registre que moi."

Vous vous retrouvez un peu dans le jeu…

"Un peu, oui. Mais vendredi, lui va jouer, pas moi !"

La complémentarité avec Nolan Roux, ça ressemble à quoi à Châteauroux ?

"A chaque fois que l'on me pose cette question, je dis la même chose : c'est facile de jouer avec des joueurs intelligents. Il l'est. C'est très gratifiant pour moi. Suis content de jouer à ses côtés. J'apprends beaucoup avec lui. Dans le championnat peu ont la chance de jouer avec un joueur aussi expérimenté. J'en profite."

Des joueurs de ce calibre en National, à aucun moment vous les sentez frustrés d'être là ?

"A aucun moment. Il se donne à fond. Il a la dalle pour marquer, toujours. C'est beau. C'est le football qui prime avant tout, à n'importe quel âge, quelles que soient les compétitions jouées (coupe d'Europe). Chapeau !"

Propos recueillis par Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse

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